On connaît la Chine comme l’atelier du monde, l’endroit où se fabriquent les produits les plus banalisés, des microordinateurs aux téléphones, en passant par les appareils photos, les baladeurs, les fours microondes ou les jouets. Mais cette image est en train de voler en éclat. Grâce à une savante politique combinant recherche et développement internes, transferts de technologies en provenance des pays développés et reproduction locale des techniques occidentales, la Chine est en train d’avancer, petit à petit, vers l’indépendance technologique.
Le pays a déjà développé son propre format de DVD à haute définition (CH-DVD), son propre moteur de recherche Web (Baidu), son propre standard de téléphonie mobile 3G (TD-SCDMA) et bien d’autres technologies spécifiques. Pour le moment, ce développement vise davantage à échapper aux redevances et royalties des sociétés japonaises et occidentales, qu’à inonder le reste du monde avec des produits à technologie 100% chinoise. Il n’en reste pas moins qu’il annonce une nouvelle ère où il faudra compter avec la puissance technologique de la Chine.
Dans cette insatiable quête d’indépendance, un pas décisif vient d’être franchi avec le test du premier supercaculcalateur chinois, le KD-60. Ce monstre de calcul affiche une puissance de traitement d’un téraflops, soit 1000 milliards d’opérations en virgule flottante par seconde. Sa particularité ? Il est motorisé, non pas par des processeurs Intel ou AMD, deux sources américaines, mais par un processeur chinois, le Loongson 3A. Ce projet traduit la volonté de maîtriser le composant clé des équipements informatiques et électroniques. Ce que les Japonais n’ont jamais réussi à le faire avec leur projet TRON. Ni les Européens. L’avenir dira si les chinois auront plus de chance.
En électronique, en tout cas, la Chine est en train de constituer pièce par pièce le puzzle d’une maitrise technologique totale. Une pièce est en train de se mettre en place. Elle concerne les grands écrans plats. Aujourd’hui, TCL, Haier, Konka, Skyworks, Hicence et autre Xoceco dépendent, pour les écrans de télévision, du Japon, de la Corée du Sud et de Taïwan. Les projets d’usines en Chine en joint-venture avec Sharp, LG ou Samsung vont changer la donne et procurer aux Chinois la maîtrise d’un composant clé pour la conquête du marché de la télévision.
Une autre pièce reste à venir : celle des circuits intégrés. Quand cela arrivera, la Chine aura alors atteint la maîtrise technologique, à l’instar du Japon et de la Corée du Sud.



La France serait l’un des pays les plus flexibles en matière de tranfert de technologies. Nous serions ainsi dotés d’un avantage compétitif de très haut niveau. Ce n’est pas moi qui le dit mais le président brésilien Lula en parlant de l’offre faite par Dassault au Brésil pour l’achat de 36 rafales. L’Hexagone est en effet le seul pays en lice à proposer au dixième pays du monde de lui céder la quasi totalité de ses secrets de fabrication. Le tout en échange d’un contrat de 36 Rafales, dont 30 seraient assemblés au Brésil.




