Comment faire face à la crise et à la concurrence des pays à bas coût de main d’œuvre, pour les industriels proposant des produits de base ? En y injectant davantage de technologie. Industriels et politiques, tous les participants à l’université d’été du Medef l’ont une nouvelle fois rappelé sur tous les tons : hors de l’innovation, point de salut. La multiplication des solutions destinées à rendre les objets les plus variés sensibles à leur environnement, connectés entre eux ou capables de fournir davantage d’informations à leurs utilisateurs apparaît donc comme une bonne nouvelle. Des transports urbains connectés aux équipements de suivi médical à domicile en passant par les véhicules automatiques, les compteurs d’électricité et d’eau intelligents et les machines outils bardées de capteurs pour affiner les procédés de fabrication, l’ajout d’un supplément de matière grise, sous forme de composants électroniques, dans des produits divers s’avère prometteur. Voici trois bonnes raisons de s’y intéresser de près.
- Casser la logique du plus bas prix
Combien seriez-vous prêt à débourser pour un simple sparadrap ? Sans doute pas une somme faramineuse, en tant que simple particulier, et peut-être encore moins en tant qu’acheteur pour une structure collective. Pour les industriels commercialisant des produits peu onéreux ou à faible valeur ajoutée, proposer des fonctionnalités innovantes est une façon de sortir par le haut de la spirale qui tend à tirer les prix à la baisse. A l’image d’Urgo, qui travaille à la mise au point de pansements agrémentés de capteurs pour analyser la plaie voire délivrer un principe actif.
- Diminuer les coûts
L’idée peut paraître contre intuitive et pourtant, ajouter de l’intelligence dans un produit peut en limiter le coût de fabrication. Le développement de briques logicielles permettant de déduire certaines informations sans capteur physique dans les lave-linge a par exemple permis de diminuer leur coût de production.
- S’inscrire dans une filière
L’Internet des objets n’est pas seulement un concept à la mode. C’est aussi une véritable opportunité industrielle. Rendre de simples machines capables de transmettre des informations permet d’imaginer des filières intégrées. Les réfrigérateurs capables de commander du lait lorsque les stocks sont épuisés ou les pèse personnes permettant de suivre et de gérer son poids via un smartphone ont beau apparaître comme de simples gadgets, ils dessinent une logique d’intégration d’objets du quotidien dans des filières de commercialisation de services associés. Une perspective prometteuse, tous secteurs industriel confondus.






L’innovation, ce n’est pas que de la technologie ! N’en déplaise aux techno-addict, les produits qui révolutionnent leur marché ne sont pas toujours ceux qui embarquent le plus de nouveautés techniques. Prenons l’iPad d’Apple. Peut-on dire qu’il est innovant alors qu’il n’utilise que des technos bien maîtrisées ? “Non, me répondront les puristes. C’est un artefact marketing. Un iPhone -ou plutôt un iTouch géant-, rien de plus.” Et ils n’auront pas vraiment tort… si l’on ne se concentre que sur le produit et ses composants. Mais regarder l’iPad seulement sous cet angle, c’est justement faire abstraction du cÅ“ur du sujet, de toute la partie innovante de l’iPad : l’ergonomie, l’écosystème, le business-modèle.




