La techno serait-elle une sorte de nouvelle religion animiste qui érigerait l’innovation au rang de divinité et les ingénieurs au rang de grands-prêtres ?
C’est en somme la question que nous pose Hervé Kempf, journaliste au journal Le Monde dans une tribune baptisée « La pensée magique ». Son propos n’est pas de fustiger la technologie en tant que telle, mais de souligner plutôt ce que nous, les hommes, y investissons.
Selon le journaliste, pour ne pas affronter la réalité en face, nous serions prêts à croire dans une technologie toute puissante, apte à sauver notre civilisation de tous les dangers qui la menace, tel le réchauffement climatique ou les déchets nucléaires. Cette « pensée magique » nous éviterait ainsi de trop penser aux conséquences de nos actes présents.
C’est un peu vite jugé. C’est surtout oublier que les ingénieurs –ce ne fut pas toujours vrai par le passé- ne développent plus des produits pour la beauté du geste, pour la prouesse technologique… mais pour répondre à des problèmes précis. Ils ont renoué en somme avec leurs premiers amours : résoudre des énigmes a priori insolubles grâce à leur créativité et leurs connaissances techniques.
A Industrie & Technologies, nous ne prêchons pas pour une inflation d’innovations, bien au contraire. Mais nous plaidons pour que l’on ne renie pas, sous prétexte d’aversion aux sciences, des pistes technologiques. Selon nous, la techno n’est pas ”la solution” (et ne doit pas être mise sur un piédestal), mais la solution (à des enjeux comme l’énergie ou le réchauffement climatique) passe en partie par le développement de nouvelles technos.
Thibaut de Jaegher







