Livre électronique : la France à l’heure des choix : Le Rédacteur en chef d\'Industrie & Technologies Ridha Loukil prend la parole vous présente son regard sur la technologie d\'hier, d\'aujourd\'hui et de demain.

Postes comportant le mot clé ‘tablette numérique’

avr 16

Livre électronique : la France à l’heure des choix

Edito | Mots clés:

La France doit bouger pour s’inscrire rapidement dans la révolution en cours du livre électronique. Le gouvernement, qui vient de recevoir le rapport de l’ex-ministre de la culture, Christine Albanel, le sait. Il est temps d’agir et de faire les bons choix pour favoriser l’émergence d’une offre de contenu. Aujourd’hui, le marché du livre électronique reste en anglais.  Selon le Centre national du livre, il n’y aurait que 60 000 livres numériques en français. Soit 0,1% du marché total de l’édition. Autant dire que c’est négligeable.

Après une longue période d’hésitation, les choses s’accélèrent. Google numérise à tout va. Amazon et Sony ont réveillé le marché avec des écosystèmes combinant lecteurs et offre de contenu. La gamme de lecteurs disponibles s’élargit avec des produits chez Samsung. Mais c’est l’arrivée de l’iPAD d’Apple qui est pressenti comme le vrai déclencheur. Avec cette tablette numérique, qui ne ressemble à aucune autre sur le marché, la firme de Steve Jobs, ambitionne de démocratiser la lecture de livre électronique, comme son téléphone iPhone a donné le vrai coup de départ de l’Internet mobile.

La France dispose d’industriels qui n’ont pas à rougir de leurs concurrents américains. La société Archos, connue pour ses baladeurs haut de gamme, commercialise déjà deux familles de tablettes numériques construites l’une sur Windows 7 (le système d’exploitation de Windows) et l’autre sur Android (le système d’exploitation à base de Linux de Google). On en parle beaucoup moins que l’iPAD, et c’est bien dommage. Car, de l’avis des connaisseurs, ces tablettes semblent tenir la route face à celle d’Apple.

Dans les lecteurs de livres numériques, Bookeen a joué un rôle précurseur. Son Cybook, imaginé au début des années 2000 par Jacques Attali, a été réinventé pour se mettre dans l’ère du temps avec un écran à encre électronique, un poids toujours plus léger et un prix plus doux.

Dans son rapport « Pour un livre numérique créateurs de valeurs », Chistine Labanel explore l’impact du livre électronique sur le livre en papier, la question du piratage et fait des propositions pour inciter les éditeurs à franchir le pas.

Pour consulter le rapport :

http://www.gouvernement.fr/sites/default/files/fichiers_joints/04.15_Rapport_de_Christine_ALBANEL_-Pour_un_livre_numerique__createur_de_valeurs-.pdf

Ridha Loukil


avr 02

iPad, innovant ou pas ?

Edito | Mots clés:

display_20100127L’innovation, ce n’est pas que de la technologie ! N’en déplaise aux techno-addict, les produits qui révolutionnent leur marché ne sont pas toujours ceux qui embarquent le plus de nouveautés techniques. Prenons l’iPad d’Apple. Peut-on dire qu’il est innovant alors qu’il n’utilise que des technos bien maîtrisées ? “Non, me répondront les puristes. C’est un artefact marketing. Un iPhone -ou plutôt un iTouch géant-, rien de plus.” Et ils n’auront pas vraiment tort… si l’on ne se concentre que sur le produit et ses composants. Mais regarder l’iPad seulement sous cet angle, c’est justement faire abstraction du cœur du sujet, de toute la partie innovante de l’iPad : l’ergonomie, l’écosystème, le business-modèle.

 

1. L’ergonomie : la science de l’usage. Elle est devenue la marque de fabrique d’Apple depuis ses débuts. La firme à la pomme ne possède aucun brevet sérieux sur des technologies pures et dures. La plupart de sa propriété industrielle est consacrée aux interfaces. But du jeu : que les technos soient vraiment utiles à l’utilisateur final. Pas seulement “good to have” mais “good to use”. Concrètement, elles ne sont utilisées que lorsqu’elles peuvent devenir totalement indolores. L’iPad profite à plein de cette science de l’usage mise au point la première fois pour l’iPhone. l’interface y est extrêmement intuitive, l’écran tactile demeure le plus performant du marché et l’accès aux fonctionnalités se fait de manière très facile. Question en forme de bémol : les applications proposées réussiront-elles à jouer à fond cette carte de l’ergonomie ?

 

2. L’écosystème : seul, l’iPad n’est rien. Imaginer un produit seul sans prendre en compte son environnement, c’est justement ce qu’Apple ne veut plus faire. Dès le départ, la firme à la pomme a pensé son produit dans un écosystème… et a suscité le développement d’un écosystème autour de son produit. Pas question de se lancer seul dans ce chantier dantesque. Elle s’appuie sur son réseau de fans -sérieusement étendus par le succès de l’iPhone- pour développer des applications spécifiques pour iPad. Penser que faire un copier-coller de celles développées pour l’iPhone suffira est une erreur. L’iPad lance un challenge à l’imagination comme le dit David Barroux des Echos. Les développeurs devront reconcevoir totalement les applis qu’ils proposent. 10 000 seraient d’ailleurs disponibles dès son lancement. Et une foule de créateurs de contenus -des journaux, des éditeurs de livres ou de jeux vidéo, des nouveaux entrants- se disent prêts à s’embarquer sur l’iPad. Ils n’y vont pas pour profiter du buzz marketing mais pour tirer profit du marché que créera cette tablette. Du moins l’espère-t-il en écoutant les prophéties de Morgan Stanley qui promet 6 millions d’iPad vendus dès cette année.

 

3. Le business-modèle : les petites applis font de gros revenus. Comment Apple gagne-t-il de l’argent et réussit-il à en faire gagner aux autres ? En revisitant complètement le business-modèle des marchés où ils tentent de pénétrer. Ce n’est plus seulement le produit -le hardware- qui crée la marge mais le service qui lui est associé. Avec l’iPod, Apple a ainsi expliqué que l’on pouvait vendre de la musique sur Internet. Et il a développé pour cela la plate-forme iTunes qui rend totalement indolore le fait d’acheter les morceaux qui nous plaisent. Avec l’iPhone, il a recyclé cette tactique en inventant les applis. Vendus quelques euros à des centaines de milliers voire des millions d’exemplaires, elles permettent de générer beaucoup de revenus. Le marché est estimé à 6,2 milliards de dollars cette année. Apple réussira-t-il à rééditer son exploit avec l’iPad ? On peut le penser notamment pour le monde de la presse. Pour la première fois, les éditeurs de journaux ont peut-être les moyens de remettre en cause le mythe de l’information gratuite… en vendant beaucoup d’applications à petit prix.