Soleil noir pour le photovoltaïque allemand. Considérée comme une entreprise d’avenir dans un passé pas si lointain, Q-cells, numéro un du marché solaire outre-Rhin, un temps premier fabricant de panneaux dans le monde, a déposé le bilan la semaine dernière. Le nom de l’entreprise vient ainsi allonger la liste noire sur laquelle figurent depuis quelques mois plusieurs de ses concurrents, également en dépôt de bilan ou menacés de disparition. Paradoxe : ces difficultés touchent une industrie qui est en train de devenir compétitive.
Au-delà du seul secteur d’activités qui est le théâtre de cette débâcle, l’évènement est l’occasion de se remémorer quelques principes de bon sens. Première loi d’airain : ne pas mettre tous ses œufs dans le même panier. Miser sur des gisements industriels connexes – dans le cas du photovoltaïque, la transmission et la transformation de l’électricité, par exemple – est une stratégie gagnante. Le développement de technologies dédiées à l’énergie éolienne permet d’ailleurs à un autre acteur allemand du photovoltaïque, Juwi, d’être relativement préservé du marasme ambiant. Deuxième rappel : ne pas s’adosser excessivement aux aides publiques. La réduction progressive des subventions accordées, en Allemagne, aux producteurs d’énergie solaire est en effet largement responsable des difficultés actuelles des industriels, qui ont tardé à plancher sur la réduction de leurs coûts.
Dernier impératif : se rendre inimitable. Produits technologiques peu sophistiqués, les cellules photovoltaïques sont faciles à copier et subissent donc de plein fouet la concurrence des pays à bas coût. Pour faire la différence dans un marché qui se contracte, une seule solution : miser sur l’innovation rentable. Ces trois règles d’or peuvent apparaître comme de simples évidences…L’exemple de Q-cells prouve qu’il ne fait pas bon les oublier.







