Climategate : c’est la science qu’on assassine : Le Rédacteur en chef d\'Industrie & Technologies Ridha Loukil prend la parole vous présente son regard sur la technologie d\'hier, d\'aujourd\'hui et de demain.

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Climategate : c’est la science qu’on assassine

Analyse | Mots clés:

Global WarmingLe réchauffement climatique occupe à nouveau le devant de la scène. Non pour ses présages apocalyptiques cette fois mais pour avoir -selon ses détracteurs- travesti la réalité des chiffres et des faits au profit de sa cause. Je ne trancherais pas ici ce débat ni ne prendrais parti pour l’un ou l’autre camp. Je constate simplement que cette controverse scientifique érode un peu plus la confiance qu’accorde l’opinion publique à la science et à ses porte-paroles.

Face aux analyses (pas toujours indépendantes des chercheurs-experts), la défiance est devenue l’une des valeurs de notre société. Chaque propos tenu, chaque avis rendu est jugé a priori suspect. A juste titre. Si l’on en revient au réchauffement climatique, il est bien difficile de savoir à quel scientifique se vouer… Doit-on porter plus de crédits à ce chercheur du MIT qui dit “oui la terre se réchauffe” ou à son confrère de la même université qui dit que le climat évolue comme il l’a toujours fait depuis des millions d’années.

Pour tous les non-spécialistes de la question –dont je me revendique-, ce réchauffement est de plus en plus mystérieux. Et, au final, faute de voix scientifiques crédibles ou d’efforts de pédagogie dignes de ce nom de la part des scientifiques, on nous demande de croire sur parole, d’avoir foi en l’une ou l’autre thèse.

Il est temps que les scientifiques et les ingénieurs se réveillent et qu’ils investissent à nouveau les débats (à fort contenu technologique) qui animent notre société que ce soit le réchauffement ou les nanotechnologies. Ils ne peuvent être abandonnés aux seuls lobbys, qu’ils soient écologiques ou industriels. En la matière, le devoir des chercheurs n’est pas seulement de produire des articles dans des revues à comité de lecture mais aussi de vulgariser auprès du grand public leur savoir. La chose n’est pas aisée peut-être, mais elle est impérieuse si nous voulons que la science poursuive sa marche en avant.


nov 09

La science mérite mieux que l’indifférence

Livre/entrevue | Mots clés:

les-grands-defis-scientifiques-du-xxie-siecle-b_536028vbPrès de 400 pages pour un livre coup de poing, on a déjà vu pamphlet plus svelte ! Mais, quand Claude Allègre se met derrière sa plume, l’ex-ministre au verbe généreux ne saurait être avare de son savoir… surtout lorsqu’il s’agit de parler de la science et de sa place dans la société. Car, au final, le dernier ouvrage du géochimiste de l’Institut du Globe de Paris ne parle que de cela. Sous couvert d”un exercice prospectif, il ne fait que tirer le signal d’alarme pour mettre en garde ses lecteurs sur les dangers et les risques de se détourner de la science, en la laissant faire son œuvre seule dans son coin. « L’ignorance de ses réalités provoquera des lendemains brutaux !, avertit celui qui fut membre du gouvernement Jospin. D’autant que les progrès de la science qui s’annoncent pour le XXIe siècle vont être d’une ampleur bien plus considérable que ceux du passé. La science va concerner la Terre, la Vie et l’Homme, le cerveau, la reproduction, la mort… » Bref, tous les besoins fondamentaux qui permettent à l’homme de vivre sur Terre.

Pour étayer son propos et démontrer le rôle que la Science a joué dans l’avènement de telle ou telle civilisation, Claude Allègre s’appuie sur les grandes épopées du siècle dernier. Le retard de l’Europe sur les Etats-Unis prend racine dans les années 1900, selon l’auteur, avec le peu de foi du Vieux continent dans une énergie pleine d’avenir : l’électricité. « A-t-on conscience que la puissance croissante de l’Amérique du XXe siècle et sa domination sur le monde prennent leurs racines dans le coup de génie d’un jeune émigré serbe, Nikolas Tesla, qui eut l’idée d’utiliser le courant alternatif pour transporter l’électricité sur de grandes distances, rendant disponible l’éclairage électrique à tout un chacun dans les grandes villes de la côte est ? », interroge l’auteur. Avouons-le, le fait nous avait échappé.

Convaincant lorsqu’il dresse une très rapide histoire des découvertes scientifiques (même s’il se trompe sur la paternité d’Internet, attribué au Cern plutôt qu’à la Darpa), Claude Allègre perd en force dès qu’il s’essaye à la prospective. Il le reconnaît lui-même : il n’est pas à l’aise dans cet exercice de prévisions que tout un chacun sait être erronée par essence. Mais sa vision sur le poids et la place que la science doit occuper dans la société demeure. « L’histoire des civilisations humaines est d’abord le résultat des progrès de la science et de la technique, affirme-t-il. Demain, l’homme pourra modifier la vie, peut-être aussi les phénomènes planétaires, le climat, le cycle de l’eau. Elle permettra à l’homme de pénétrer chaque jour un peu plus dans le domaine de Dieu. » Se désintéresser de questions aussi sensibles, c’est laisser le champ libre aux apprentis sorciers à l’éthique douteuse. Et ça, Allègre veut le combattre.