La Chine sur la voie de l’indépendance technologique : Le Rédacteur en chef d\'Industrie & Technologies Ridha Loukil prend la parole vous présente son regard sur la technologie d\'hier, d\'aujourd\'hui et de demain.

Postes comportant le mot clé ‘Recherche’

mai 14

La Chine sur la voie de l’indépendance technologique

Edito | Mots clés:

On connaît la Chine comme l’atelier du monde, l’endroit où se fabriquent les produits les plus banalisés, des microordinateurs aux téléphones, en passant par les appareils photos, les baladeurs, les fours microondes ou les jouets. Mais cette image est en train de voler en éclat. Grâce à une savante politique combinant recherche et développement internes, transferts de technologies en provenance des pays développés et reproduction locale des techniques occidentales, la Chine est en train d’avancer, petit à petit, vers l’indépendance technologique.

Le pays a déjà développé son propre format de DVD à haute définition (CH-DVD), son propre moteur de recherche Web (Baidu), son propre standard de téléphonie mobile 3G (TD-SCDMA) et bien d’autres technologies spécifiques. Pour le moment, ce développement vise davantage à échapper aux redevances et royalties des sociétés japonaises et occidentales, qu’à inonder le reste du monde avec des produits à technologie 100% chinoise. Il n’en reste pas moins qu’il annonce une nouvelle ère où il faudra compter avec la puissance technologique de la Chine.

Dans cette insatiable quête d’indépendance, un pas décisif vient d’être franchi avec le test du premier supercaculcalateur chinois, le KD-60. Ce monstre de calcul affiche une puissance de traitement d’un téraflops, soit 1000 milliards d’opérations en virgule flottante par seconde. Sa particularité ? Il est motorisé, non pas par des processeurs Intel ou AMD, deux sources américaines, mais par un processeur chinois, le Loongson 3A. Ce projet traduit la volonté de maîtriser le composant clé des équipements informatiques et électroniques. Ce que les Japonais n’ont jamais réussi à le faire avec leur projet TRON. Ni les Européens. L’avenir dira si les chinois auront plus de chance.

En électronique, en tout cas, la Chine est en train de constituer pièce par pièce le puzzle d’une maitrise technologique totale. Une pièce est en train de se mettre en place. Elle concerne les grands écrans plats. Aujourd’hui, TCL, Haier, Konka, Skyworks, Hicence et autre Xoceco dépendent, pour les écrans de télévision, du Japon, de la Corée du Sud et de Taïwan. Les projets d’usines en Chine en joint-venture avec Sharp, LG ou Samsung vont changer la donne et procurer aux Chinois la maîtrise d’un composant clé pour la conquête du marché de la télévision.

Une autre pièce reste à venir : celle des circuits intégrés. Quand cela arrivera, la Chine aura alors atteint la maîtrise technologique, à l’instar du Japon et de la Corée du Sud.


mai 03

La recherche européenne se cherche encore!

Edito | Mots clés:

Les programmes européens de recherche collaborative existent depuis longtemps. On en est aujourd’hui au 7ème programme cadre de recherche et développement (PCRD) géré par la Commission européenne. Ceci n’empêche pas l’Europe des 27 de rester à la traîne en matière d’innovation par rapport aux Etats-Unis ou le Japon. Le dernier baromètre européen de l’innovation Scoreboard fait même état d’un creusement du retard en 2009.

Trop complexe, trop lourd et pas assez efficace. Le programme européen de la recherche est loin d’être parfait. C’est une jungle dans laquelle les entreprises et tout particulièrement les PME-PMI ont du mal à se retrouver. Et les résultats sont loin d’être à la hauteur des ambition de Europe 2020.

La Commission européenne semble prendre la mesure du problème, puisqu’elle vient d’annoncer un plan visant à simplifier l’accès aux projets et aux financements européens. L’idée sous-jacente est d’alléger les démarches administratives, de réduire la paperasse et de débloquer les fonds, non plus sur la preuve de dépenses, mais des résultats.

Le plan concocté par Maire Geoghegan-Quinn, commissaire en charge de la recherche, de l’innovation et des sciences, comprend trois volets : amélioration du système actuel des appels à propositions, simplification des procédures de contrôle et introduction progressive du principe du paiement au résultat.

Le programme de recherche européen actuel, le PC7, affiche à mi-parcours un beau succès : plus de 33 000 propositions soumises et près de 7000 projets financés. Mais au delà des chiffres, il faut regarder la réalité : la recherche européenne manque cruellement de visibilité. Qui peut énumérer deux ou trois innovations majeures issues de la recherche européenne ? Peu de monde. Et ça, c’est un gros problème.