Le classement des meilleures universités et écoles, publié chaque année par Times Higher Education, sonne comme une claque pour le système des Grandes écoles en France. L’édition 2010 ne déroge pas à la règle.
Sans surprise, le classement général des 200 meilleures institutions d’enseignement supérieur et de recherche dans le monde est largement dominé par les Etats-Unis. Les dix premières places sont occupées par des établissements américains ou anglais. La France ne décroche que quatre places : la 39e pour l’Ecole Polytechnique, la 42e pour l’ENS de Paris, la 100e pour l’ENS de Lyon et la 140e pour l’Université Pierre et Marie-Curie.
Le classement dans le domaine des sciences de l’ingénieur et de la technologie n’est guère plus favorable. Seules deux écoles françaises figurent dans le Top50 : l’Ecole Polytechnique à la 22e place et l’ENS de Paris à la 34e place. La Grande-Bretagne et la Suisse s’en sortent bien avec respectivement trois universités et une école dans les dix premières places. Même le Canada, Singapour et la Chine sont mieux lotis que la France.
Est-ce que cela signifie que nos écoles d’ingénieurs ne sont pas au niveau de leurs homologues étrangères ? Pas en formation en tout cas, où l’excellence est saluée par toute l’industrie, y compris à l’étranger. En témoignent les postes de haut niveau occupés par des ingénieurs français chez IBM, Kodak ou Xerox.
On peut s’interroger aussi sur la méthode utilisée pour établir ce classement. Le système des Grandes écoles n’a pas d’équivalent dans d’autres pays. Toute comparaison avec des systèmes étrangers est hasardeuse. Une chose est sûre : les écoles françaises sont pénalisées par trois faits qui découlent du système lui-même.
Le premier est la taille. Plus élitistes, nos écoles sont plus concentrées et donc plus petites que leurs homologues étrangères. Il faudrait regrouper plusieurs d’entre elles pour obtenir un établissement comparable au Massachusetts Institute of Technology, aux Etats-Unis, ou même au Polytechnicum (ETH-Zurich), en Suisse. Ce regroupement est d’ailleurs en marche, du moins au stade de la recherche, à l’instar des INP (Grenoble, Toulouse et Lorraine) ou de ParisTech (qui réunit 10 grandes écoles parisiennes).
Le deuxième fait concerne la recherche. Nos écoles sont davantage tournées vers la formation et la recherche appliquée que vers la recherche fondamentale délaissée aux universités ou à des organismes publics comme le CNRS, l’Inserm, l’Inria ou l’Inra. Résultats : peu de communications scientifiques, peu de brevets et peu de prix Nobel. Or ces éléments constituent des critères importants du classement.
Le troisième fait est le manque de rayonnement international. Le mode d’admission sur concours laisse peu place aux étudiants étrangers. Des voies d’admission parallèles existent. Mais il faudrait s’ouvrir davantage pour attirer des talents du monde entier. La reconnaissance à l’international est aussi une affaire de communication. Et sur ce terrain, les anglo-saxons gardent une longueur d’avance.
Pour accéder au classement :