La recherche européenne en quête de simplicité : Le Rédacteur en chef d\'Industrie & Technologies Ridha Loukil prend la parole vous présente son regard sur la technologie d\'hier, d\'aujourd\'hui et de demain.

Postes comportant le mot clé ‘Recherche’

jan 25

La recherche européenne en quête de simplicité

Edito | Mots clés:

Une bonne nouvelle pour tous ceux qui souhaitent participer aux programmes européens de recherche. La Commission européenne vient de décider trois mesures de nature à simplifier les démarches d’accès et de financement. Ces mesures s’appliquent immédiatement au 7e PCRD (Programme cadre de recherche et développement) qui s’étale sur la période 2007-2013.

Il était temps. Depuis longtemps, le dispositif européen de recherche essuie les feux de critiques de toutes parts. Les candidats comme les participants se plaignent de la complexité, de la lourdeur et de l’incohérence du système d’accès et de financement. Trop de paperasse, trop de contraintes administratives. Les PME-PMI, en particulier, ont du mal à y voir clair. Au point qu’elles hésitent souvent à se lancer dans une démarche qui s’apparente à un véritable parcours du combattant.

A ce stade, les mesures de simplification portent sur la comptabilité des frais du personnel de recherche, la prise en compte des salaires des dirigeants et la suppression des incohérences dans l’application des règles entre les différentes agences européennes. C’est un bon début, mais ce n’est pas assez. Il faut aller plus loin pour rendre le système réellement accessible aux PME-PMI.

La Commission européenne en est consciente. Elle réfléchit d’ailleurs à des mesures plus radicales de simplification. Mais il faudra attendre le prochain PCRD, qui sera présenté à la fin de l’année 2011, pour qu’elles soient appliquées. Donc patience !


sep 27

Nos écoles d’ingénieurs en mal de reconnaissance à l’étranger

Edito | Mots clés:

Le classement des meilleures universités et écoles, publié chaque année par Times Higher Education, sonne comme une claque pour le système des Grandes écoles en France. L’édition 2010 ne déroge pas à la règle.

Sans surprise, le classement général des 200 meilleures institutions d’enseignement supérieur et de recherche dans le monde est largement dominé par les Etats-Unis. Les dix premières places sont occupées par des établissements américains ou anglais. La France ne décroche que quatre places : la 39e pour l’Ecole Polytechnique, la 42e pour l’ENS de Paris, la 100e pour l’ENS de Lyon et la 140e pour l’Université Pierre et Marie-Curie.

Le classement dans le domaine des sciences de l’ingénieur et de la technologie n’est guère plus favorable. Seules deux écoles françaises figurent dans le Top50 : l’Ecole Polytechnique à la 22e place et l’ENS de Paris à la 34e place. La Grande-Bretagne et la Suisse s’en sortent bien avec respectivement trois universités et une école dans les dix premières places. Même le Canada,  Singapour et la Chine sont mieux lotis que la France.

Est-ce que cela signifie que nos écoles d’ingénieurs ne sont pas au niveau de leurs homologues étrangères ? Pas en formation en tout cas, où l’excellence est saluée par toute l’industrie, y compris à l’étranger. En témoignent les postes de haut niveau occupés par des ingénieurs français chez IBM, Kodak ou Xerox.

On peut s’interroger aussi sur la méthode utilisée pour établir ce classement. Le système des Grandes écoles n’a pas d’équivalent dans d’autres pays. Toute comparaison avec des systèmes étrangers est hasardeuse. Une chose est sûre : les écoles françaises sont pénalisées par trois faits qui découlent du système lui-même.

Le premier est la taille. Plus élitistes, nos écoles sont plus concentrées et donc plus petites que leurs homologues étrangères. Il faudrait regrouper plusieurs d’entre elles pour obtenir un établissement comparable au Massachusetts Institute of Technology, aux Etats-Unis, ou même au Polytechnicum (ETH-Zurich), en Suisse. Ce regroupement est d’ailleurs en marche, du moins au stade de la recherche, à l’instar des INP (Grenoble, Toulouse et Lorraine) ou de ParisTech (qui réunit 10 grandes écoles parisiennes).

Le deuxième fait concerne la recherche. Nos écoles sont davantage tournées vers la formation et la recherche appliquée que vers la recherche fondamentale délaissée aux universités ou à des organismes publics comme le CNRS, l’Inserm, l’Inria ou l’Inra. Résultats : peu de communications scientifiques,  peu de brevets et peu de prix Nobel. Or ces éléments constituent des critères importants du classement.

Le troisième fait est le manque de rayonnement international. Le mode d’admission sur concours laisse peu place aux étudiants étrangers. Des voies d’admission parallèles existent. Mais il faudrait s’ouvrir davantage pour attirer des talents du monde entier. La reconnaissance à l’international est aussi une affaire de communication. Et sur ce terrain, les anglo-saxons gardent une longueur d’avance.

Pour accéder au classement :


mai 14

La Chine sur la voie de l’indépendance technologique

Edito | Mots clés:

On connaît la Chine comme l’atelier du monde, l’endroit où se fabriquent les produits les plus banalisés, des microordinateurs aux téléphones, en passant par les appareils photos, les baladeurs, les fours microondes ou les jouets. Mais cette image est en train de voler en éclat. Grâce à une savante politique combinant recherche et développement internes, transferts de technologies en provenance des pays développés et reproduction locale des techniques occidentales, la Chine est en train d’avancer, petit à petit, vers l’indépendance technologique.

Le pays a déjà développé son propre format de DVD à haute définition (CH-DVD), son propre moteur de recherche Web (Baidu), son propre standard de téléphonie mobile 3G (TD-SCDMA) et bien d’autres technologies spécifiques. Pour le moment, ce développement vise davantage à échapper aux redevances et royalties des sociétés japonaises et occidentales, qu’à inonder le reste du monde avec des produits à technologie 100% chinoise. Il n’en reste pas moins qu’il annonce une nouvelle ère où il faudra compter avec la puissance technologique de la Chine.

Dans cette insatiable quête d’indépendance, un pas décisif vient d’être franchi avec le test du premier supercaculcalateur chinois, le KD-60. Ce monstre de calcul affiche une puissance de traitement d’un téraflops, soit 1000 milliards d’opérations en virgule flottante par seconde. Sa particularité ? Il est motorisé, non pas par des processeurs Intel ou AMD, deux sources américaines, mais par un processeur chinois, le Loongson 3A. Ce projet traduit la volonté de maîtriser le composant clé des équipements informatiques et électroniques. Ce que les Japonais n’ont jamais réussi à le faire avec leur projet TRON. Ni les Européens. L’avenir dira si les chinois auront plus de chance.

En électronique, en tout cas, la Chine est en train de constituer pièce par pièce le puzzle d’une maitrise technologique totale. Une pièce est en train de se mettre en place. Elle concerne les grands écrans plats. Aujourd’hui, TCL, Haier, Konka, Skyworks, Hicence et autre Xoceco dépendent, pour les écrans de télévision, du Japon, de la Corée du Sud et de Taïwan. Les projets d’usines en Chine en joint-venture avec Sharp, LG ou Samsung vont changer la donne et procurer aux Chinois la maîtrise d’un composant clé pour la conquête du marché de la télévision.

Une autre pièce reste à venir : celle des circuits intégrés. Quand cela arrivera, la Chine aura alors atteint la maîtrise technologique, à l’instar du Japon et de la Corée du Sud.


mai 03

La recherche européenne se cherche encore!

Edito | Mots clés:

Les programmes européens de recherche collaborative existent depuis longtemps. On en est aujourd’hui au 7ème programme cadre de recherche et développement (PCRD) géré par la Commission européenne. Ceci n’empêche pas l’Europe des 27 de rester à la traîne en matière d’innovation par rapport aux Etats-Unis ou le Japon. Le dernier baromètre européen de l’innovation Scoreboard fait même état d’un creusement du retard en 2009.

Trop complexe, trop lourd et pas assez efficace. Le programme européen de la recherche est loin d’être parfait. C’est une jungle dans laquelle les entreprises et tout particulièrement les PME-PMI ont du mal à se retrouver. Et les résultats sont loin d’être à la hauteur des ambition de Europe 2020.

La Commission européenne semble prendre la mesure du problème, puisqu’elle vient d’annoncer un plan visant à simplifier l’accès aux projets et aux financements européens. L’idée sous-jacente est d’alléger les démarches administratives, de réduire la paperasse et de débloquer les fonds, non plus sur la preuve de dépenses, mais des résultats.

Le plan concocté par Maire Geoghegan-Quinn, commissaire en charge de la recherche, de l’innovation et des sciences, comprend trois volets : amélioration du système actuel des appels à propositions, simplification des procédures de contrôle et introduction progressive du principe du paiement au résultat.

Le programme de recherche européen actuel, le PC7, affiche à mi-parcours un beau succès : plus de 33 000 propositions soumises et près de 7000 projets financés. Mais au delà des chiffres, il faut regarder la réalité : la recherche européenne manque cruellement de visibilité. Qui peut énumérer deux ou trois innovations majeures issues de la recherche européenne ? Peu de monde. Et ça, c’est un gros problème.