Climat : la guerre qui ne dit pas son nom : Le Rédacteur en chef d\'Industrie & Technologies Ridha Loukil prend la parole vous présente son regard sur la technologie d\'hier, d\'aujourd\'hui et de demain.

Postes comportant le mot clé ‘réchauffement climatique’

mar 02

Climat : la guerre qui ne dit pas son nom

Livre/entrevue | Mots clés:

9782070123407Le réchauffement climatique n’est pas qu’une affaire de spécialistes. Quoiqu’en disent les climatologues, les problèmes qu’il pose à la planète et aux hommes sont trop complexes pour être appréhendés au prisme d’une seule et même discipline.

La preuve avec cet ouvrage du sociologue allemand, Harald Welzer, qui démontre brillamment tous les dérèglements que pourrait générer le “global warming” dans les 100 prochaines années. Dans son dernier opus nommé ”Les guerres du climat : Pourquoi on tue au XXIe siècle”, le chercheur affirme que le réchauffement climatique va engendrer des conflits majeurs dans les prochaines années dans toutes les régions du globe à cause des injustices qu’il génère.

« Les conséquences de ce changement sont injustement réparties parce que ceux qui sont les principaux responsables en subissent le moins de dommages et qu’ils ont les plus grandes chances de tirer profit de la situation », argumente ainsi l’auteur. Le conflit du Darfour, par exemple, serait en fait une guerre pour la conquête des terres arables devenues de plus en plus rares avec la désertification croissante de cette région.

Si les pays occidentaux se sentent aujourd’hui à l’abri de ces dérèglements -et donc de cette violence-, leur tranquillité risque d’être de courte durée. « L’évolution du climat va entraîner une accumulation de catastrophes sociales qui produiront des états ou des modèles sociaux, temporaires ou durables, sur lesquels on ne sait rien, faute de s’y être jusqu’ici suffisamment intéressé ». D’ici à 2050, rappelle ainsi l’auteur, le changement climatique pourrait jeter sur les routes 200 millions de « réfugiés climatiques »… qui demanderont asiles aux pays riches. Un phénomène qui prend de l’ampleur alors même que nos pays essayent de fermer de plus en plus leurs frontières aux immigrés. Ce double mouvement contraire constitue potentiellement une bombe à retardement.

Très sombre –mais peut-il en être autrement lorsque l’on parle de violence ?-, ce livre n’en est pas moins éclairant. L’auteur envisage d’ailleurs son oeuvre comme un signal d’alarme à l’intention des gouvernants. Faute de prendre conscience de toutes les conséquences du réchauffement climatique, ce n’est pas la Terre qui risque d’imploser mais le ciment qui constituait jusque-là nos sociétés. Mais, l’honnêteté nous oblige à le confesser, la prophétie d’Harald Welzer est difficile à croire depuis les paradis climatiques que constituent des régions comme la France et l’Europe.

 


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Climategate : c’est la science qu’on assassine

Analyse | Mots clés:

Global WarmingLe réchauffement climatique occupe à nouveau le devant de la scène. Non pour ses présages apocalyptiques cette fois mais pour avoir -selon ses détracteurs- travesti la réalité des chiffres et des faits au profit de sa cause. Je ne trancherais pas ici ce débat ni ne prendrais parti pour l’un ou l’autre camp. Je constate simplement que cette controverse scientifique érode un peu plus la confiance qu’accorde l’opinion publique à la science et à ses porte-paroles.

Face aux analyses (pas toujours indépendantes des chercheurs-experts), la défiance est devenue l’une des valeurs de notre société. Chaque propos tenu, chaque avis rendu est jugé a priori suspect. A juste titre. Si l’on en revient au réchauffement climatique, il est bien difficile de savoir à quel scientifique se vouer… Doit-on porter plus de crédits à ce chercheur du MIT qui dit “oui la terre se réchauffe” ou à son confrère de la même université qui dit que le climat évolue comme il l’a toujours fait depuis des millions d’années.

Pour tous les non-spécialistes de la question –dont je me revendique-, ce réchauffement est de plus en plus mystérieux. Et, au final, faute de voix scientifiques crédibles ou d’efforts de pédagogie dignes de ce nom de la part des scientifiques, on nous demande de croire sur parole, d’avoir foi en l’une ou l’autre thèse.

Il est temps que les scientifiques et les ingénieurs se réveillent et qu’ils investissent à nouveau les débats (à fort contenu technologique) qui animent notre société que ce soit le réchauffement ou les nanotechnologies. Ils ne peuvent être abandonnés aux seuls lobbys, qu’ils soient écologiques ou industriels. En la matière, le devoir des chercheurs n’est pas seulement de produire des articles dans des revues à comité de lecture mais aussi de vulgariser auprès du grand public leur savoir. La chose n’est pas aisée peut-être, mais elle est impérieuse si nous voulons que la science poursuive sa marche en avant.


nov 16

CO2 = innovation

Edito | Mots clés:

GES_1Sans juger de la réalité du réchauffement climatique -et apporter de l’eau au moulin de la polémique-, la montée en puissance du dioxyde de carbone comme nouvel Alpha et Omega de notre société est incontestable. Le bonus-malus automobile, les taxes carbones, l’empreinte écologique de nos activités… tout est jaugé en fonction du nombre de gramme de CO2 que nous rejetons.

Si l’on peut contester ce choix et se dire qu’il est trop réducteur (il passe notamment sous silence tout un ensemble d’émissions polluantes nocives pour la santé), le CO2 est en passe de s’imposer comme le nouveau mètre étalon. Il change déjà complètement les habitudes des bureaux d’études en leur permettant de concrétiser le principe d’éco-conception après laquelle courent les équipes R&D depuis des années.

Alors, même si nous ne croyons pas au rôle de l’homme dans le réchauffement climatique, ne gâchons pas l’élan de créativité qu’impulse le dioxyde de carbone. C’est une occasion unique pour les entreprises de revoir de fond en comble leur méthode de travail, des bureaux aux usines. Oui, le CO2 doit devenir le nouvel aiguillon des ingénieurs. Il leur permettra de changer leur regard qu’il porte sur les produits. Il les poussera à les industrialiser autrement. En un mot, à innover !


oct 16

Changement climatique : un nouveau dogme ?

Analyse | Mots clés:

Global WarmingL’homme est ainsi fait qu’il a besoin de totems et de tabous pour avancer et jalonner son parcours.

En ce début de XXIe siècle, le changement climatique et le CO2 font un peu figure de péché originel. Nous serions nés avec cette tâche : celle de la pollution. Nous naissons tous pollueurs et nous culpabilisons. Le simple fait de manger, de se vêtir, de se déplacer et même de respirer contribuerait à empoisonner la planète.

C’est un peu une confession de foi que l’on nous demande de faire en la matière : oui, je crois que l’homme contribue à réchauffer la planète par son activité, et oui, je m’engage à combattre ce péché en consommant mieux ou moins.

Le GIEC, ce nouveau concile qui donne le “La” du réchauffement climatique, publie sa bible tous les quatre ans. Les pratiquants, écologistes, y adhèrent sans retenu et prônent un retour aux sources pour ne plus polluer. Les athées, Claude Allègre en tête, fustigent cette pensée unique qui imposerait de régresser pour se sauver. Quant aux agnostiques comme moi, ils s’interrogent : qui croire ?

PARTICIPEZ A NOTRE DEBAT SUR NOTRE COMMUNAUTE DE LECTEURS VIADEO : L’Homme est-il responsable du changement climatique ?