Présidentielle : haro sur la techno? : La Rédactrice en chef d\'Industrie & Technologies Muriel de Véricourt vous présente son regard sur la technologie d\'hier, d\'aujourd\'hui et de demain.

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avr 24

Présidentielle : haro sur la techno?

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Pour un buzz, c’est un buzz. La divulgation des résultats du premier tour de la présidentielle avant la clôture des bureaux de vote des grandes villes, illégale et passible d’amende, a été LE sujet de ces derniers jours dans les médias et sur la Toile. Oseront, oseront pas ? Faut-il ou non faire évoluer la loi ? Faut-il accepter que le citoyen soit désormais baigné en permanence dans un flux d’informations, même juste avant d’entrer dans l’isoloir ? Ces questions ont fait l’objet d’une véritable avalanche de commentaires. C’est, sans surprise, sur les sites des journaux étrangers mais aussi et surtout sur les réseaux sociaux que l’insurrection a été la plus patente. Dimanche, sur Twitter, l’ironique mot-clé #RadioLondres permettait de repérer les messages faussement cryptés, tournant en ridicule l’omerta. (« Carla Bruni serait sur le point de changer son statut Facebook de ‘mariée’ à ‘c’est compliqué’ », « le prix du flan a drôlement augmenté en Guadeloupe mais les Rolex sont en solde. Je répète…», «le Fouquet’s en fermeture pour travaux à partir du 7 mai. Je répète: fermeture pour travaux »).

On en viendrait presque à rêver d’obsolescence programmée, pour les lois. Car au final, la cacophonie qui a résulté de cette interdiction inscrite dans la législation française en 1977 – avant même l’invention du web!- laisse une impression étrange. Celle d’un corpus législatif poussiéreux, complétement dépassé par la technologie et auquel les blagues potaches des Internautes assènent le coup de grâce. Pour ne pas subir le même sort, les entreprises pourraient avec profit tirer parti de ce chahut pour s’interroger sur leurs propres pratiques industrielles, leurs propres réactions face à l’apparition de nouvelles technologies et de nouveaux usages.

L’innovation suscite en effet trois types de réactions. D’abord, le désintérêt ou le rejet, qui conduit à lui tourner purement et simplement le dos. Ou bien au contraire, une adhésion de façade, qui masque la volonté d’assurer la pérennité d’un modèle bien ancré. Accepter que tout change pour que rien ne change, à l’instar du héros du célèbre film le Guépard, c’est prendre acte des changements d’usages et s’en accommoder pour préserver ses profits, mais sans les transformer en nouvelles opportunités. La dernière attitude est celle qui consiste à tirer réellement parti des innovations, à s’appuyer sur elles pour inventer de nouveaux produits ou de nouveaux services. A l’évidence, c’est la plus porteuse…à vous d’imaginer comment elle peut s’appliquer à votre secteur d’activités.