Nano : le goût du risque : Le Rédacteur en chef d\'Industrie & Technologies Ridha Loukil prend la parole vous présente son regard sur la technologie d\'hier, d\'aujourd\'hui et de demain.

Postes comportant le mot clé ‘principe de précaution’

mar 30

Nano : le goût du risque

Analyse Edito | Mots clés:

Salle-blanche-Leti-2Le risque nanotechnologies vaut-il le coup d’être couru ? En fin de compte, cette question est la seule qui vaille. Celle que nous devrions nous poser sereinement avant de condamner ou d’encenser cette nouvelle source d’innovations. L’extrémisme, dans l’un ou l’autre sens, ne fait qu’alimenter le moteur de la peur. Celle qu’ont rencontrée parfois nos journalistes au cours de leurs enquêtes dédiées aux nanomatériaux. Certains industriels rechignaient même à se livrer de crainte d’associer leur marque de trop près à ce préfixe.

Il faut démystifier le sujet. Oui, les nanoparticules ne sont pas sans impact sur nos organismes ou sur l’environnement. Oui, les risques qu’elles génèrent doivent être sérieusement évalués au regard des bénéfices attendus, comme le souligne l’Agence française de sécurité sanitaire. Les industriels doivent avouer sans crainte qu’ils ne saisissent pas encore tous les ressorts de cette découverte prometteuse. Il est d’ailleurs étonnant de voir que les process de production ne sont pas totalement bien compris.

Cela ne veut pas dire que tout ce qui est nano n’est pas bon pour nous. Pour ne parler que du domaine des matériaux, l’infiniment petit devrait contribuer à apaiser notre faim de matière première sur une Terre où la ressource s’épuise. Mais, pour rendre tangibles ces promesses, il faut donner sa chance à cette technologie. Et faire confiance aux chercheurs. Leur seule ambition, après tout, est de résoudre les problèmes que leur pose notre société notamment en matière d’environnement ou d’énergie. Et dans ces domaines, les pistes les plus prometteuses se cachent dans le nanomonde.

Pour en savoir plus sur les nanotechnologies, surfez sur notre site et consultez notre dossier “Matériaux : la Nano Révolution” dans notre du mois d’avril.

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jan 25

Nanotechnologies : débat ou combat ?

Analyse | Mots clés:

ActuHP_debnanotech2_151009Débattre ce n’est pas combattre. Débattre, c’est partager son point de vue, comprendre celui de son interlocuteur, entendre les nuances, apprivoiser la complexité d’un sujet sans a priori. Sans se donner un ordre du jour à respecter ou un objectif à atteindre. Mais, force est de constater que ces principes de dialogue ont tout simplement été battus en brèche lors du grand débat national organisé autour des nanotechnologies. Par trois fois au moins, la consultation a tourné court à Grenoble, Rennes ou Lyon. Sans chercher à imputer à une partie ou l’autre la responsabilité de ces pugilats, trois leçons sont à retenir de cet échec.

1. La culture du consensus n’existe toujours pas en France. S’il y a débat, il doit y avoir forcément un vainqueur. C’est-à-dire un parti qui impose ses vues de manière unilatérale à l’autre. Les scientifiques, drapés dans leur connaissance, sourient souvent face aux arguments de citoyens forcément amateurs en matière d’infiniment petit mais légitimement inquiets. Quant aux associations, comme les amis de la Terre ou le collectif Pièces et mains d’œuvre, elles surfent sur les peurs et en profitent pour exiger un moratoire sur ces technologies, jugées dangereuses a priori.

 2. Un débat ne saurait être téléguidé… comme ce fut le cas pour ce débat autour des nanotechnologies. Les consultations organisées en région ont été systématiquement encadrées par un ordre du jour précis, mettant généralement en valeur le savoir-faire nanotechnologique de la région hôte. En apparence, tout le monde avait voix au chapitre, mais, dans les faits la parole a été très canalisée… en laissant de côté les appréhensions des concitoyens face aux promesses de l’infiniment petit.

3. L’aversion au risque, enfin, ne cesse de croître dans notre pays. Pour la première fois en France, le débat sur les nanos nous donnait l’occasion d’appliquer vraiment le principe de précaution en décidant sereinement et collectivement des risques que nous acceptions de prendre au regard des opportunités que recelait la technologie. Mal compris et mal appliqué, le principe a, au contraire, laissé penser à un nombre croissant de personnes qu’en cas de doute sur une technologie il valait mieux s’abstenir et cesser là toute recherche. Ce malentendu pourrait s’avérer extrêmement coûteux à terme pour la capacité d’innovation de notre pays.


jan 05

Fable grippale

Analyse | Mots clés:

corneille-cruche-fable-esopeL’excès de précaution nuit tout autant que l’imprudence la plus élémentaire.

C’est ce que le gouvernement a appris d’un vaccin contre la grippe hier.

 

Tout commença dans un autre hémisphère.

Une méchante grippe contaminait l’atmosphère

De l’animal à l’homme, elle passait sans barrière

Menaçant les enfants d’Adam jusque dans leur chair.

 

Les gouvernements du monde s’alarmèrent :

« Il fallait trouver une parade à ce syndrome sévère ! »

Le virus se propagea et les chercheurs trouvèrent

L’antidote à injecter dans nos artères

 

Soulagement des gouvernants, ils allaient enfin croiser le fer

Avec ce virus qui, depuis des mois, faisait le fier.

Arguant du principe de précaution, 100 millions de  doses, ils commandèrent

Oubliant par trop de précaution, la prudence la plus élémentaire.

 

La population, criant au complot, bouda les infirmières

Les millions de doses devinrent surnuméraires

Laissant sur le bras d’une ministre amère

Un stock de vaccins pour des armées entières

 

Moralité :

En voulant trop prévoir, le gouvernement crut bien faire.

Mais il oublia qu’au pays de Voltaire

La peur ne peut être une bonne conseillère

Pour diriger une nation plusieurs fois centenaires

Apprenons encore de cette fable d’hiver

Que, de nos décisions, le principe de précaution ne peut être le seul père

Utilisé avec trop de zèle, clairement, il oblitère

Les avancées que la science et nos chercheurs ont à cœur de faire.