C’est l’un des plus grands chantiers technologiques de notre temps. Avec ses dix-huit bobines d’acier visant à reproduire la réaction de fusion nucléaire qui se produit au cœur du soleil, Iter sera la plus grande installation de ce type au monde. Mais comme l’ont révélé nos confrères de la Provence, le colosse pourrait avoir un talon d’Achille. Des fissures ont été détectées par l’autorité de sûreté nucléaire dans le béton de ses murs de soutènement. O,5 mm à peine. Mais Iter étant une installation nucléaire, la fiabilité et les règles de sécurité ne doivent évidemment pas y être prises à la légère. L’autorité de sûreté nucléaire a d’ailleurs fait savoir que le projet devrait désormais se conformer étroitement à ses directives, sous peine de pénalités.
Mais si l’information intéresse au-delà du cercle des spécialistes, c’est parce qu’elle fait écho au doute récurrent de notre époque. Croyons-nous encore suffisamment au progrès pour tolérer l’existence d’un risque technologique ? S’il existe un risque acceptable, il dépend à l’évidence des bénéfices attendus et de la probabilité de les obtenir effectivement. Deux sujets qui divisent promoteurs et adversaires d’Iter. Pas étonnant, donc, que le doute s’insinue, même au travers de microfissures.
Muriel de Vericourt







