On ne s’étonne plus de rien. Nous téléphonons en 5 secondes chrono d’un bout à l’autre du monde. ArianeEspace envoie deux téléscopes à un million de kilomètres au-dessus de nos têtes dans l’univers. On profite de musique dématérialisée grâce au MP3. Nos écrans télé sont si fins qu’ils peuvent s’accrocher aux murs comme des tableaux de maître… Mais tout cela n’étonne plus personne. Tout cela n’intéresse plus grand monde. Qui soupçonne tout le travail pour la mise au point de ces produits ? Du nombre d’ingénieurs mobilisés ou des connaissances scientifiques qu’il faut pour sans cesse miniaturiser, réduire les coûts et la complexité de toutes ces innovations ? Peu de personnes, en vérité.
Vis à vis de la technologie et de la science, notre société est même un peu schyzophrène. Ll’i-phone, la Wii ou les TV écrans plat font désormais partis de nos standards… mais nous ne supportons pas les technologies qui permettent de les faire fonctionner. Que serait l’I-phone sans ces réseaux d’antenne relais dont nous ne voulons pas sur nos immeubles ? Qui sait que la Wii, cette console de jeu conviviale, embarque des nanotechnologies ? L’irrationel a clairement pris le pas sur la raison… jusqu’à l’hypocondrie parfois. La preuve avec ces familles qui étaient persuadées d’être bombardées d’ondes électromagnétiques par des antennes… pas encore en état de marche.
Entre les scientifiques, les ingénieurs et l’opinion, le fossé se creuse. Et les responsabilités sont partagées. Si le grand public ne fait plus l’effort de comprendre « comment ça marche », les industriels et les organismes de recherche ne rivalisent pas non plus de pédagogie pour présenter leurs contraintes à tous.







