Les limites de l’intégration horizontale : Le Rédacteur en chef d\'Industrie & Technologies Ridha Loukil prend la parole vous présente son regard sur la technologie d\'hier, d\'aujourd\'hui et de demain.

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jui 29

Les limites de l’intégration horizontale

Edito | Mots clés:

On parle beaucoup des entreprises sans usines, ces fabless qui reposent entièrement sur la sous-traitance pour la fabrication de leurs produits. On parle moins des entreprises sans bureau d’études, qui sous-traitent également la conception et le développement. Ce modèle industriel d’intégration horizontale a aujourd’hui le vent en poupe. Banalisé d’abord dans la micro-informatique, il s’étend petit à petit dans l’électronique, l’électroménager, les meubles, le jouet, l’habillement … et commence à toucher la télévision à écran plat.

Apple en est le meilleur représentant. La firme à la pomme se concentre sur les deux bouts de la chaine de valeur : d’un coté, le design et le logiciel, de l’autre, la commercialisation. Entre les deux, tout est sous-traité auprès d’entreprises taïwanaises ou chinoises. Flexibilité, réactivité, productivité… On a beaucoup vanté les mérites de ce modèle industriel « léger ». Au point que même des grands industriels comme Philips, Toshiba ou Sony, naguère apôtres inconditionnels de l’intégration verticale, qui consiste à tout maîtriser en interne de A à Z, ont fini par succomber à son charme.

Seulement voilà : ce modèle n’a pas que des avantages. Il présente également des inconvénients et pas des moindres. La perte de la maîtrise de la qualité en est le plus important.  On le voit dans la micro-informatique où le taux de pannes des PC portables dépasse les 20% au cours des deux premières années d’utilisation.

Apple vient d’en faire les frais. L’iPhone 4, lancé le 24 juin dernier, est censé conforter sa position sur le marché en fort développement des smartphones. Les premiers utilisateurs ont la désagréable surprise de rencontrer des coupures de communication téléphonique à cause d’un problème d’antenne. Manifestement, c’est un défaut de conception qui aurait dû être détecté lors des tests. Mais comme ces tâches sont externalisées, le problème semble être passé inaperçu.

Cet incident risque de ternir l’image d’Apple. Il pourrait aussi refroidir certains industriels et tout particulièrement les Japonais, viscéralement attachés à la qualité. D’autant plus que ce modèle pèche par son laxisme en matière d’environnement. Dans son classement des entreprises de la high-tech, Greenpeace place Apple parmi celles qui intègrent le moins l’écologie dans ses produits.

Ceci va-t-il favoriser un retour au vieux modèle industriel d’intégration verticale ? C’est peu probable. Mais il va pousser les industriels à s’impliquer dans les choix de conception et à être plus vigilants sur deux aspects : la qualité et l’écologie. Il en va de leur image à long terme.