Des nuages planent sur l’iPad 2 : Le Rédacteur en chef d\'Industrie & Technologies Ridha Loukil prend la parole vous présente son regard sur la technologie d\'hier, d\'aujourd\'hui et de demain.

Postes comportant le mot clé ‘iPAD’

mar 22

Des nuages planent sur l’iPad 2

Edito | Mots clés:

Les ambitions d’Apple dans les tablettes numériques vont-ils souffrir des conséquences industrielles du tremblement de terre au Japon ? C’est probable. Officiellement, la firme à la pomme maintient le lancement de l’iPad 2 le 25 mars 2011 en France, en Australie, au Canada, au Royaume-Uni  et en Allemagne. Seul au Japon, l’un des six plus gros marchés d’Apple, la commercialisation est reportée. Mais même si le lancement se déroule comme prévu, il faudra s’attendre à des problèmes de rupture de stocks et d’indisponibilité.

Car selon le cabinet d’étude iSuppli, l’iPad renferme pas moins de cinq composants clés provenant du pays du soleil levant : la mémoire flash NAND de Toshiba, la mémoire Dram d’Elpida Memory, la boussole électronique d’AKM Semiconductor, le verre de l’écran tactile d’Asahi Glass et la batterie d’Apple Japan. Or toutes les usines de semiconducteurs au Japon sont à l’arrêt depuis le début du tremblement de terre, le 11 mars dernier. Même si elles reprennent en avril la production, comme l’espère Toshiba, elles ne pourront pas retrouver le plein régime de sitôt à cause des perturbations logistiques.

Les concurrents d’Apple ont-ils à se réjouir de ces difficultés ? Pas sûr. D’autant plus qu’ils sont logés à la même enseigne. Même s’ils ont opté pour des sources alternatives d’approvisionnement en composants clés en Corée du Sud, en Chine ou à Taïwan, ils sont, eux aussi, victimes des perturbations de la chaîne logistique dans les semiconducteurs.

Au contraire, Apple pourrait profiter de cette crise pour créer la buzz autour de l’iPad 2 en jouant jusqu’au bout le suspense du lancement, comme savent le faire Sony et Nintendo avant le lancement de chaque nouvelle console de jeu.


mai 28

Le succès à double tranchant d’Apple

Edito | Mots clés:

Alors qu’Apple vient de lancer sa tablette iPad en France et dans d’autres pays européens, sa capitalisation boursière a dépassé celle de Microsoft pour atteindre plus de 225 milliards de dollars. La firme à la pomme se hisse ainsi à la première place des valeurs des technologies de l’information et à la deuxième tous secteurs confondus derrière le mastodonte pétrolier ExxonMobil. En dix ans, son action aura été multipliée par 10!

Rarement une société aura connu un succès aussi fulgurant. Est-il mérité ? D’une certaine façon oui. Car même si Apple n’a rien inventé en terme de produit, la firme de Steve Jobs a su créer un modèle qui a révolutionné la musique (avec le baladeur iPod et sa boutique en ligne iTunes) puis l’Internet mobile (avec l’iPhone et sa bibliothèque d’applications en ligne AppStore). Son écosystème associant produit et applications en ligne s’avère d’une efficacité industrielle redoutable. Ni Microsoft, ni Nokia, ni Sony n’ont réussi à le reproduire avec autant d’éclat et de succès. Sur le plan technique, Apple a su reprendre le meilleur de la technologie existante (écran tactile, interface, ergonomie, design…) pour simplifier à l’extrême les usages numériques comme aucun autre constructeur ne l’avait fait.

Apple a atteint une puissance telle qu’il se sent aujourd’hui en mesure d’imposer sa vision d’Internet et de la technologie. Une attitude qui fait craindre une main mise sur le Web. Certains n’hésitent pas y voir une tendance manifeste à l’arrogance, dont d’autres sociétés comme IBM, Microsoft, Intel ou Sony ont été victimes au temps de leur splendeur. Les critiques répétées de Steve Jobs envers Adobe et sa technologie Flash, utilisée dans l’animation graphique sur le Web mais écartée de l’iPad, en sont l’illustration. La firme à la pomme est surtout critiquée pour sa politique envers les développeurs d’applications à qui elle impose ses conditions pour faire partie de son écosystème.

Mais le succès éternel n’existe pas. Les exemples de Motorola, naguère numéro un dans les téléphones mobiles et aujourd’hui seulement huitième, ou de Sony, longtemps leader mondial dans les baladeurs et la télévision et aujourd’hui numéro trois, le montrent. L’arrogance rend aveugle et finit par tuer l’esprit d’innovation. Apple n’est pas à l’abri de ce risque.


mai 11

Pourquoi l’iPAD bouscule le Web

Edito | Mots clés:

C’est confirmé. La tablette numérique iPAD, objet d’un battage médiatique sans précédent dans l’histoire des nouvelles technologies, arrive en France le 28 mai comme prévu. Les réservations sont ouvertes sur la boutique en ligne AppStore d’Apple. Au delà du succès annoncé (elle s’est déjà vendue à deux millions d’exemplaires, bien mieux que l’iPhone lors de son lancement), cet événement soulève une question : la technologie d’animation et de lecture vidéo Flash, qui domine aujourd’hui les pages Web, est-elle menacée ? Développée par Macromedia et aujourd’hui dans la corbeille de la société Adobe, elle n’équipe pas en effet l’iPAD. Steve Jobs, le charismatique patron d’Apple, très critique vis à vis de la Flash, lui a préféré HTML 5, une extension du standard HTLM intégrant des fonctionnalités graphiques et vidéo.

Jusqu’ici, peu d’experts croyaient dans la maturité de HTML 5. Au mieux, ils prévoyaient son avènement dans le Web à l’horizon 2020. La technologie offre l’avantage d’être un standard. Mais son intégration nécessite un gros travail de développement informatique. Ce qui ne semble pas avoir rebuté les ingénieurs d’Apple.

La conséquence est immédiate. Tous les développeurs, même les partisans inconditionnels de la Flash, sont en train de basculer sur HTML 5. Ils n’ont guère de choix s’ils veulent faire partie de l’éco-système d’Apple et mettre leurs applications à la portée de l’iPAD. Le mouvement, initié par la firme à la pomme, devrait s’amplifier avec le succès à venir de la tablette sur le marché.

De par sa puissance, Apple est en train d’imposer à l’ensemble de l’industrie ses choix technologiques, sans bataille de standard comme celles du magnétoscope, du DVD ou du disque vidéo à haute définition. C’est un fait rare dans l’histoire des technologies. De façon générale, Apple, guettée par les démons de l’arrogance, bouscule le Web. Steve Jobs considère que le Web actuel n’est pas adapté aux interfaces tactiles qui tendent à se généraliser sur les téléphones, les tablettes ou les microordinateurs. Il appelle de ses voeux une révision de fond en comble du modèle de création des pages Web. Sa solution ? Il ne la donne pas encore. Faut-il s’attendre au remplacement de l’Internet actuel par un Internet selon la seule vision d’Apple ? C’est peut-être à craindre.