Internet, jusqu’où ira l’insécurité ? : Le Rédacteur en chef d\'Industrie & Technologies Ridha Loukil prend la parole vous présente son regard sur la technologie d\'hier, d\'aujourd\'hui et de demain.

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sep 27

Internet, jusqu’où ira l’insécurité ?

Edito | Mots clés:

Vous vous croyez protégés lorsque vous consultez vos méls à distance, vous effectuez des opérations bancaires en ligne ou vous payez vos achats sur des sites de commerce électronique? Pas si sûr. Selon les informations révélées à l’occasion de la conférence Ekoparty sur la sécurité informatique, qui s’est déroulée la semaine dernière à Buenos Aires, en Argentine, le protocole SSL (Secure Socket Layer) aurait été craqué. Ce protocole est le fondement même de la confiance sur Internet. Développé à l’origine par Netscape, le père du premier navigateur Internet, il sécurise les échanges de données sensibles entre serveurs Web et postes clients en les faisant transiter par un tunnel protégé. Il équipe tous les navigateurs Internet du marché.

Certes, seule la version 1.0 du protocole cryptographique TLS (Tranport Layer Security), à la base du bouclier SSL, serait concernée. Mais il s’agit de la version utilisée aujourd’hui par la grande majorité des sites Web. Le craquement est l’œuvre, non pas de pirates, mais de deux chercheurs en sécurité informatique. Par leur démonstration, ils veulent pointer l’inefficacité du système. Voilà de quoi semer la panique dans le monde Internet et inquiéter au plus haut point les banques, les sites d’e-commerce et les entreprises dont le système d’information est accessible à distance par les collaborateurs.

L’enjeu économique est énorme. Selon la Fevad, le syndicat professionnel de la vente à distance, le commerce en ligne a représenté en France un chiffre d’affaire de 17,5 milliards d’euros au premier semestre 2011, en augmentation de 20 % par rapport au premier semestre 2010. Au niveau mondial, l’e-commerce devrait générer un chiffre d’affaires de 680 milliards de dollars en 2011.

Avec le craquement du protocole SSL, le fléau de l’insécurité sur Internet pourrait franchir une étape dangereuse et menacer ce marché. Alors que faire ? Le monde Internet est condamné à une course technologique. Passer à une version récente du protocole SSL (les versions 1.1 et 1.2 de TLS) est de nature à offrir un répit. Mais pour combien de temps ? Sans compter l’énorme travail à faire pour rendre les sites Web compatibles avec ces versions.

Face à ce problème, la technologie a ses limites. Elle n’offre qu’une protection temporaire jusqu’à ce que les pirates trouvent les moyens de la briser. Il n’existe pas de solution miracle en mesure d’apporter une sécurité à 100 % tout le temps. Il faudra apprendre à vivre avec cette menace à l’esprit sans pour autant céder à la panique. L’insécurité se gère aussi par le comportement de chacun sur Internet.


mai 27

Internet : la France n’a pas à rougir

Edito | Mots clés:

Vingt ans après l’avènement du Web, Paris a été le centre mondial de la Toile en accueillant le e-G8, le premier sommet de l’Internet, en parallèle du traditionnel sommet G8 réunissant les huit pays les plus puissants de la planète. L’occasion de s’interroger sur la place de la France dans le monde du Net.

A première vue, Internet est dominé par Google, eBay, Amazon, Facebook et autre Twitter. Toutes des sociétés américaines qui n’existaient pas il y a 20 ans. Normal ! Les Etats-Unis sont le berceau du réseau des réseaux. C’est aussi le pays de l’informatique avec des géants comme IBM, HP ou Microsoft. Mais la France n’a pas à rougir. Loin s’en faut. Notre pays affiche de belles réussites.

Prenons l’exemple des passerelles domestiques d’accès à Internet, les fameuses Box. Aujourd’hui, elles se présentent comme une banalité. Mais, il y a dix ans, il fallait y penser. Free a été le premier à mettre dans la même « boîte » Internet, le téléphone et la télévision, ouvrant la voie à diffusion rapide d’Internet dans les foyers. Son modèle a été ensuite repris par tous les fournisseurs d’accès au Web. Free a été créé en 1999.

Autre exemple, autre réussite : Meetic, le site de rencontre en ligne. Créé en 2010, il figure aujourd’hui parmi les deux leaders mondiaux du secteur aux cotés de l’américain Match. Son fondateur, Marc Simoncini, était présent au eG8, aux cotés de Xavier Niel, le géniteur d’Iliad, la maison-mère de Free.

Moins connu du grand public : le moteur de recherche Exalead. Peu utilisé pour la recherche sur le Web, il rencontre un vif succès en entreprises où il sert de base à des applications d’extraction des données. Son potentiel est tel qu’il a été racheté cette année par Dassault Systèmes, le leader mondial des logiciels de CAO mécanique et de PLM.

L’Histoire d’Internet n’est pas encore finie d’écrire. Son évolution continuera à faire naître des nouveaux champions. Aux Etats-Unis bien sûr, mais aussi, à n’en pas douter, en France.


nov 05

Quelle protection de la vie privée sur Internet?

Edito | Mots clés:

Avec l’explosion du commerce électronique, des réseaux sociaux et de toutes sortes de services en ligne, Internet repousse les limites de la vie privée. Aussi faut-il revoir d’urgence le modèle de protection des données personnelles pour tenir compte de la nouvelle donne. Le projet de révision de la directive européenne 95/46/CE relative à la protection des données numériques personnelles arrive à point nommé. Cette directive a été transposée en France en 2004 par la loi Informatique et libertés 2004-801 du 6 août 2004 quand Internet était encore peu répandu et les réseaux sociaux absents.

Rendre obligatoire la désignation d’un correspondant informatique et libertés dans les entreprises. Clarifier et renforcer le principe du consentement des internautes. Réduire la collecte aux données strictement nécessaires. Définir les données personnelles sensibles à protéger. Instaurer un droit à l’oubli numérique. Obliger les entreprises à notifier toutes violations de la sécurité des données personnelles. La Commission européenne propose un dispositif complet de protection de la vie privée sur Internet.

En France, une proposition de loi en examen au parlement depuis mars 2010 vise des objectifs similaires. Mais les entreprises, qui utilisent de plus en plus Internet comme outil de marketing, de publicité ciblée et de vente à distance, sont réticentes à l’idée d’instaurer le principe du consentement préalable, l’obligation de notifier les atteintes aux données personnelles et un droit inconditionnel à l’oubli numérique. Jusqu’ici, le gouvernement se penchait en leur faveur plutôt qu’en celui des défenseurs de la vie privée.

Dans ces conditions, peut-on croire au projet de la Commission européenne ? Le bon sens impose pourtant de faire quelque chose, même si une grande part du problème réside dans le comportement même des internautes. Justement, il faudrait déployer un grand travail de sensibilisation, notamment auprès des plus jeunes, sur les risques à s’exposer sans retenue sur la Toile. Les entreprises ont aussi intérêt à ce que des règles soient mises en place pour garantir un minimum de respect à tout un chacun. Leur image est en jeu à travers l’utilisation que font leurs collaborateurs des réseaux sociaux, blogs et autres services en ligne.


jui 04

Internet mobile : le dilemme des opérateurs

Edito | Mots clés:

Cela fait des années que les opérateurs de téléphonie mobile poussaient à la consommation de services de données. Avec le développement des iPhone, Blackberry, Android et autres smartphones, ce marché des services Data mobiles est aujourd’hui une réalité. Cette année est d’ailleurs à marquer d’une pierre blanche : c’est la première fois que le trafic des données dépasse celui de la voix sur les réseaux mobiles à l’échelle du monde.

Les opérateurs mobiles ne sont pas pour autant contents. Et pour cause, le trafic a explosé si vite (notamment à cause des applications vidéo) que les réseaux sont menacés d’engorgement. Pire, les revenus attendus des données pour compenser la baisse de ceux relatifs à la voix ne sont pas à la hauteur des niveaux espérés.

A qui la faute ? A Apple, RIM, Palm, Nokia et autres fabricants qui n’ont cesser de déverser sur le marché des terminaux mettant l’Internet dans la poche ? Ou aux opérateurs mobiles qui ont vendu des forfaits « illimités » d’accès mobile au Net ? Ou encore aux abonnés qui se sont jetés, sans modération, sur les services d’Internet mobile ?

En tout cas, les opérateurs se trouvent face à un vrai dilemme : investir dans l’augmentation de la capacité de leurs réseaux au risque de grever leurs résultats financiers, ou de revenir sur les offres « illimitées » pour inciter les abonnés à la modération au risque de perdre des clients.

Augmenter la capacité des réseaux, les opérateurs ne semblent pas pressés de le faire. D’autant plus qu’une nouvelle génération de mobiles frappe à la porte (la technologie LTE). La plupart des opérateurs attend les retours d’expérience des first adopters (NTT DoCoMo au Japon, Verizon aux Etats-Unis et TeliaSonera en Scandinavie) avant de s’y engager. En France, ceci n’est pas attendu avant 2012. Donc patience !

Ridha Loukil

Rédacteur en chef


08

Puissance web

Edito | Mots clés:

webToujours plus loin, toujours plus court, toujours plus vite … Internet n’en finit pas d’accélérer nos vies. Avec l’avènement du web il y a 20 ans (seulement !), nous sommes passés du mode course de fond au mode sprint. Une étude récente démontrait, par exemple, que les managers n’arrivaient pas à se concentrer plus de 4 minutes d’affilée sur une seule et même tâche sans être dérangé… le plus souvent par un e-mail. Les « copy to », les « forward » ou les « reply », -accessibles en un clic de souris- ont permis de démultiplier le nombre d’informations reçus par tout un chacun. Jusqu’à le rendre indigeste, parfois.

Cette abondance de biens influe sur tous les secteurs de la société. Les politiques doivent répondre à chaque « buzz » de la Toile, en inventant parfois une nouvelle loi. Les journalistes s’échinent à courir après le scoop même s’il ne tient que quelques heures. Quant aux entreprises, elles doivent revoir leur façon d’innover.

Le rapport direct qu’ont institué avec les internautes des jeunes pousses, comme Google, Facebook ou plus récemment Twitter, impose aux industriels de changer complètement leur manière d’innover. Hier, les ingénieurs concevaient et proposaient la meilleure solution possible au client. Aujourd’hui -et plus encore demain-, ce sont les utilisateurs qui exposent leurs besoins et proposent leurs solutions. A charge pour les concepteurs d’y répondre. Avec le web, votre client a pris le pouvoir… et il n’est pas prêt de le lâcher.

 RETROUVEZ A PARTIR DU 18 DECEMBRE NOTRE HORS-SERIE SUR LA FOLLE HISTOIRE DU WEB (qui fête ses 20 ans cette année).