Les dispositifs d’aide à l’innovation en faveur des PMI se multiplient, et c’est une bonne chose. Car si l’innovation est une démarche naturelle dans les grandes entreprises, elle a besoin d’être initiée, soutenue et entretenue dans les petites et moyennes industries. Manque de temps, manque de moyens, inhabitude… Ces dernières ne peuvent se mettre à innover toutes seules.
C’est pourquoi le lancement du F2I (fonds pour l’innovation dans l’industrie) par l’UIMM (Union des industries et métiers de la métallurgie) mérite d’être salué. L’initiative est ambitieuse : elle vise à donner goût aux PMI à l’innovation en les mettant en contact avec les établissements d’enseignement supérieur et de recherche. Ses mentors sont convaincus : une fois initiée, cette démarche a toute les chances de se perpétuer en interne pour devenir aussi naturelle que dans les grandes entreprises.
Seulement voilà : le fonds est doté d’un budget de seulement 4 millions d’euros par an ! Un montant qui semble dérisoire au regard des ambitions affichées. D’autant que l’UIMM n’est pas seule derrière le F2I. La FIEEC (Fédération des industries électriques, électroniques et de communication) et la FIM (Fédération des industries mécaniques) participent à l’initiative. Le F2I représente donc l’effort de presque toute l’industrie française. Pour comparaison, les aides à l’innovation accordées par Oseo en 2009 dépassent les 300 millions d’euros.
Frédéric de Saint-Geours recadre l’opération : « Le F2I n’a pas vocation à se substituer aux mécanismes d’aides déjà existants. Il vise à initier la démarche d’innovation dans des PMI qui n’en ont pas l’habitude. C’est ensuite aux dispositifs traditionnels d’aide (Oseo, appels à projets…) de prendre le relais. Il devrait ainsi avoir un effet multiplicateur de 3 à 5, c’est-à-dire pour 1 euro qu’elle investit dans le projet, la PMI pourrait récolter au total 3 à 5 euros. »
Mieux vaut ça que rien, pourrait-on se consoler. Mais une chose est sûre : l’industrie aurait pu mieux faire!
Ridha Loukil



L’innovation, ce n’est pas que de la technologie ! N’en déplaise aux techno-addict, les produits qui révolutionnent leur marché ne sont pas toujours ceux qui embarquent le plus de nouveautés techniques. Prenons l’iPad d’Apple. Peut-on dire qu’il est innovant alors qu’il n’utilise que des technos bien maîtrisées ? “Non, me répondront les puristes. C’est un artefact marketing. Un iPhone -ou plutôt un iTouch géant-, rien de plus.” Et ils n’auront pas vraiment tort… si l’on ne se concentre que sur le produit et ses composants. Mais regarder l’iPad seulement sous cet angle, c’est justement faire abstraction du cœur du sujet, de toute la partie innovante de l’iPad : l’ergonomie, l’écosystème, le business-modèle.
Vous n’avez pas encore entendu parler de la ”Wominnovation” ?
Le soldat Sarkozy avait promis de sauver à l’industrie. Tout le secteur attendait impatiemment son discours de clôture des Etats-généraux de l’Industrie (qui ont mobilisé comme jamais la France des usines !). 5 000 participants, 200 ateliers régionaux et 11 groupes de travail nationaux… toute cette dynamique inédite risque bien d’accoucher d’une souris. Celui qui se définit comme le président des usines a déjà débloqué plus de 7,5 milliards d’euros pour mettre sous perfusion les sites de production français et il n’ira, pour l’instant pas beaucoup plus loin.
Débattre ce n’est pas combattre. Débattre, c’est partager son point de vue, comprendre celui de son interlocuteur, entendre les nuances, apprivoiser la complexité d’un sujet sans a priori. Sans se donner un ordre du jour à respecter ou un objectif à atteindre. Mais, force est de constater que ces principes de dialogue ont tout simplement été battus en brèche lors du grand débat national organisé autour des nanotechnologies. Par trois fois au moins, la consultation a tourné court à Grenoble, Rennes ou Lyon. Sans chercher à imputer à une partie ou l’autre la responsabilité de ces pugilats, trois leçons sont à retenir de cet échec.




