C’est un fait regrettable, mais bien établi : l’innovation met tout le monde d’accord … sauf quand il s’agit d’arbitrer sur son pilotage. Conséquence : en matière de politique publique, l’injonction s’avère nettement plus fréquente que les décisions tranchées. Les arbitrages gouvernementaux pris dans la foulée de la remise du Rapport Gallois ont beau comprendre un encouragement aux dépôts de brevets, des prêts destinés à investir dans les technologies numériques, une stabilisation du Crédit Impôt Recherche, un volet sur le retour à une exonération fiscale des Jeunes Entreprises Innovantes et la tenue d’une “conférence de l’achat public innovant” d’ici mars 2013, l’innovation fait bien figure de volet annexe des mesures annoncées dans le but de restaurer la compétitivité des entreprises.
Le Rapport Gallois partait pourtant sur de bonnes bases : dès le constat de départ, il pointait du doigt le poids les « handicaps » que constituent la mauvaise articulation de la recherche et de l’innovation avec l’industrie, la faiblesse de nos dépenses en R&D et surtout l’insuffisante orientation des crédits vers une recherche débouchant sur des innovations. Au point que, malgré le peu d’occurrences des mots numérique et technologies dans ce document, relevée par nos confrères de zdnet, le Conseil national des ingénieurs et scientifiques de France s’est félicité de plusieurs des propositions de ce document.
Lors de la présentation de son pacte national pour la croissance, la compétitivité et l’emploi, le Premier Ministre a d’ailleurs parlé d’innovation … juste avant son lapsus sur la spéculation. Le fait que ce soit cette bévue, et non le rôle de l’innovation dans la montée en gamme des entreprises, qui ait été retenu par les commentateurs, est en soit révélateur !










