Pacte pour la compétitivité : et l’innovation ? : La Rédactrice en chef d\'Industrie & Technologies Muriel de Véricourt vous présente son regard sur la technologie d\'hier, d\'aujourd\'hui et de demain.

Postes comportant le mot clé ‘Innovation’

nov 06

Pacte pour la compétitivité : et l’innovation ?

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C’est un fait regrettable, mais bien établi : l’innovation met tout le monde d’accord … sauf quand il s’agit d’arbitrer sur son pilotage. Conséquence : en matière de politique publique, l’injonction s’avère nettement plus fréquente que les décisions tranchées. Les arbitrages gouvernementaux pris dans la foulée de la remise du Rapport Gallois ont beau comprendre un encouragement aux dépôts de brevets, des prêts destinés à investir dans les technologies numériques, une stabilisation du Crédit Impôt Recherche, un volet sur le retour à une exonération fiscale des Jeunes Entreprises Innovantes et la tenue d’une “conférence de l’achat public innovant” d’ici mars 2013, l’innovation fait bien figure de volet annexe des mesures annoncées dans le but de restaurer la compétitivité des entreprises.

Le Rapport Gallois partait pourtant sur de bonnes bases : dès le constat de départ, il pointait du doigt le poids les « handicaps » que constituent la mauvaise articulation de la recherche et de l’innovation avec l’industrie, la faiblesse de nos dépenses en R&D et surtout l’insuffisante orientation des crédits vers une recherche débouchant sur des innovations. Au point que, malgré le peu d’occurrences des mots numérique et technologies dans ce document, relevée par nos confrères de zdnet, le Conseil national des ingénieurs et scientifiques de France s’est félicité de plusieurs des propositions de ce document.

Lors de la présentation de son pacte national pour la croissance, la compétitivité et l’emploi, le Premier Ministre a d’ailleurs parlé d’innovation … juste avant son lapsus sur la spéculation. Le fait que ce soit cette bévue, et non le rôle de l’innovation dans la montée en gamme des entreprises, qui ait été retenu par les commentateurs, est en soit révélateur !


oct 30

Valeurs sûres

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Et si l’innovation réussie était d’abord une question de valeurs ? Tous les concepteurs le savent, pour séduire une nouvelle clientèle, il faut d’abord identifier un besoin non satisfait. Ce qui passe parfois par un renversement des valeurs. La perte de position dominante du constructeur de disque dur Seagate a par exemple été interprétée comme un aveuglement qui a empêché le constructeur de disque dur de percevoir la montée en puissance des préoccupations liées à la compacité et à l’économie d’énergie au détriment de la capacité de stockage, qui prévalait jusqu’alors dans le choix. De la même manière, il arrive fréquemment désormais que les valeurs de durabilité, de simplicité d’usage ou de robustesse, bousculent des industries ayant tout misé sur la performance. Bonne nouvelle : la destruction créatrice n’est pas toujours à l’œuvre dans ce processus, les préoccupations anciennes continuant à exister aux côtés des nouvelles priorités. Plus fréquemment, c’est donc à une segmentation du marché –montres Hermès d’un côté, montres Swatch de l’autre, Logan et amélioration continue du dominant design des grosses berlines, smartphones high-tech et téléphones Bic – que l’on assiste. Résister à la crise passe par alors par l’agilité, qui permet de recentrer en permanence son offre pour être en adéquation avec les désirs variés et changeants du client final. Un délicat exercice d’équilibriste, qui peut obliger les sociétés les mieux établies à revoir leur mode de fonctionnement…et peut-être même leur échelle de valeur, la réactivité primant par exemple sur la méticulosité et l’écoute du marché sur la volonté d’anticipation.


oct 16

Trois reconversions à succès

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Le changement, c’est maintenant ou jamais…pour l’industrie. Plus les nuages s’amoncellent, plus les entrepreneurs sont conscients que l’immobilisme est moins que jamais une option. Comme la reine rouge de Lewis Carol, seuls peuvent espérer tenir leur place ceux qui ne cessent pas de bouger. En période de crise, l’innovation est rien moins qu’un risque superflu.

Pour survivre dans un contexte difficile, les industriels doivent accepter de changer fréquemment de métier, de perspective, ou de méthode de travail. Objectif : devenir des professionnels de la reconversion.

On pourrait multiplier à l’infini les exemples de virages réussis, alliant la capacité à s’appuyer sur un savoir-faire historique et l’absence d’œillères sur les domaines d’applicabilité de ce savoir-faire. Trois exemples piochés dans des secteurs très différents illustrent à merveille cette capacité à se réinventer sans se renier.

  1. Bolloré : Le groupe qui a donné son B à l’acronyme OCB a évolué de la fabrication de papier à cigarettes à celle de films ultrafins en polypropylène avant d’utiliser ces films dans des batteries électriques destinées à la mobilité urbaine.
  2. Bosch : La transformation de l’usine de fabrication de pompes à injection diesel de Vénissieux à la production photovoltaïque a permis de sauver 200 emplois.
  3. FagorBrandt : Au Mondial de l’automobile, le professionnel de l’électroménager a fait sensation avec ses voitures électriques, produites à Lyon dans une ancienne usine de fabrication de lave-linge.

Trois histoires parmi tant d’autres qui constituent autant de raisons de ne pas désespérer malgré la morosité ambiante.


oct 09

Les pigeons et l’innovation

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Belle performance que celle des pigeons. En quelques jours à peine, ces défenseurs du statut des entrepreneurs ont mis le feu au Net, à partir de la création d’un simple groupe Facebook visant à protester contre le projet de loi de finances 2013. Au-delà de leur combat sur la réforme de l’imposition des plus-values de cession d’une entreprise, cette mobilisation virtuelle a été l’occasion de mettre à jour l’inquiétude de nombreux dirigeants de sociétés sur le rôle de l’état vis-à-vis de l’innovation. Malgré la récente confirmation du maintien des dispositifs pour les jeunes entreprises innovantes et de l’élargissement du crédit d’impôt recherche à l’innovation, les craintes des patrons se sont en effet rallumées lorsque le gouvernement a envisagé une mesure interprétée comme risquant de dissuader de prendre des risques, donc de nuire au dynamisme des start-ups. La question des leviers qu’il est ou non raisonnable d’actionner est certes complexe. Mais une chose est sûre : l’innovation mérite d’être couvée. Il ne faut pas la tuer dans l’œuf, sinon c’est la croissance qui y laissera des plumes.


oct 02

Machines à innover

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C’est un début de semaine chargée pour l’industrie, d’ArcelorMittal à Sanofi en passant par Petroplus. A Florange, la nouvelle morose – quoiqu’attendue- du non redémarrage des hauts fourneaux a presque occulté les déclarations plus engageantes –quoiqu’il ne s’agisse que de déclarations- sur l’intérêt renouvelé du groupe pour les efforts de recherche et développement menés dans le laboratoire voisin de Maizières-lès-Metz.

Mittal n’a d’ailleurs pas caché avoir acquis Arcelor bien plus pour sa R&D, capable de concevoir des aciers de grande qualité, plutôt que pour ses capacités de production, les pays de l’Est étant notoirement plus compétitifs pour fabriquer. Une stratégie logique, dans le contexte d’une industrie européenne qui glisse, ou devrait glisser, de la fabrication de produits à l’invention de services. Et qui, pour rester à proprement parler industrielle, doit apprendre à produire ces inventions à la chaîne.

L’exemple de Sanofi en est une illustration saisissante. Pour avoir échoué à conserver un nombre suffisant d’innovations dans son pipe, le groupe est en effet gravement menacé à court terme par  la tombée dans le domaine public de ses médicaments blockbusters. C’est dans ce contexte incitant au branle-bas de combat que le géant pharmaceutique a annoncé une nouvelle coupe claire dans ses effectifs de R&D.  Le groupe, qui mise de façon croissante sur les partenariats de recherche public-privé, affirme en revanche ne pas avoir l’intention de supprimer de sites industriels en France. Reste que pour assurer leur pérennité, relancer la machine à innover est une nécessité urgente.


sep 18

Vive le tourisme industriel !

Edito | Mots clés:

machine a imprimer 26 couleurs © ville de St Fargeau-Ponthierry

Excellente initiative que celle de la Confiserie du Roy René, qui vient d’inaugurer ses futurs ateliers de fabrication de calissons d’Aix à la Calade. Ceux-ci s’appuieront sur un centre de recherche et développement dédié à l’invention de nouvelles recettes. Fait remarquable : l’entreprise a choisi de concevoir son site de production de façon à le rendre apte à l’accueil de 100 000 ”touristes” par an. Ceux-ci pourront notamment, à partir de l’ouverture du site en juillet 2013, assister à la fabrication, voire s’y essayer par eux-mêmes.

Ouvrir les portes des usines ? Au-delà des réticences, bien légitimes, liées aux questions de sécurité ou d’hygiène, l’idée est plus que bienvenue. Aménager des échanges entre industriels et grand public est en effet de nature à éviter les craintes infondées et les malentendus, mais aussi à soulever de vraies questions, voire à susciter des innovations.

Les journées du Patrimoine viennent d’ailleurs de le prouver une nouvelle fois : les Français sont friands de ces contacts avec les usines de leur territoire. Année après année, les 2 723 monuments historiques protégés au titre du patrimoine industriel, artisanal ou commercial attirent les curieux. Les fours à chaux de Vendenesse-lès-Charolles (Saône-et-Loire), la mine de plomb argentifère de Pont-Péan (Ile-et-Vilaine), les usines textiles de Troyes (Aube) et la filature de coton de Thiéville (Calvados) font bien partie d’un patrimoine vivant, avec lequel les habitants de ces localités sont nombreux à entretenir un lien fort. L’industrie fait partie de la culture, dont en retour elle se nourrit pour innover. L’oublier, c’est donc non seulement occulter le passé mais aussi mettre en péril l’avenir.


sep 11

Il faut industrialiser l’innovation

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Par un de ces raccourcis dont l’actualité a le secret, c’est en cette journée morose pour l’industrie automobile française -le très attendu rapport Sartorius a validé ce matin le plan d’économies de PSA, sans pour autant ménager ses critiques – que l’on apprend que Patrick Pélata rejoint le secteur du numérique en intégrant Salesforce.com, une société basée aux Etats-Unis qui distribue des logiciels de gestion de la relation client basés sur Internet. Cette entreprise est jugée par ses investisseurs comme la plus crédible au monde sur le créneau de l’innovation, selon un classement du magazine Forbes, où n’apparaissent ni Renault ni PSA. Bien sûr, ce n’est qu’une coïncidence et bien sûr, l’ex-dirigeant de Renault, qui avait fait les frais de la fausse affaire d’espionnage au sein du groupe, ne quitte pas vraiment l’automobile. Il sera même chargé de la fourniture de services numériques à ce secteur.

Reste le symbole. Celui d’une industrie manufacturière à l’avenir incertain, qui contraste avec le succès de ce que l’on pourrait appeler un secteur de l’immatériel. Celui d’une logique de production de biens qui a tardé à se réinventer face à la montée en puissance d’une économie de services. Celui de pans entiers d’activités contraints à prendre de toute urgence le virage du numérique et de l’innovation à cadence industrielle, au risque d’être relégués sous d’autres cieux.

Dans la préface d’un ouvrage paru récemment en librairie, Patrick Pélata détaillait d’ailleurs exactement en ces termes la feuille de route de l’industrie automobile et de toute industrie, condition sine qua non de sa survie. « Après le lean manufacturing, après l’industrialisation de l’ingénierie et la généralisation de la gestion de projets, cette industrie apprend, sous forte pression concurrentielle, à systématiser l’innovation ». Et d’ajouter un peu plus loin : « alors que l’innovation intensive devient un levier majeur de la compétitivité industrielle, il est temps que ce sujet, parmi d’autres moyens de “réparer” et relancer l’industrie française, soit pris à bras le corps tant par les entrepreneurs et leurs ingénieurs que par les pouvoirs publics ». On ne saurait faire preuve de plus d’à propos !


sep 04

Objets intelligents : ne manquez pas le coche

Edito | Mots clés:

Le paratonnerre Rodlinks enregistre et transmet les paramètres du courant de foudre par SMS - DR

Comment faire face à la crise et à la concurrence des pays à bas coût de main d’œuvre, pour les industriels proposant des produits de base ? En y injectant davantage de technologie. Industriels et politiques, tous les participants à l’université d’été du Medef l’ont une nouvelle fois rappelé sur tous les tons : hors de l’innovation, point de salut. La multiplication des solutions destinées à rendre les objets les plus variés sensibles à leur environnement, connectés entre eux ou capables de fournir davantage d’informations à leurs utilisateurs apparaît donc comme une bonne nouvelle. Des transports urbains connectés aux équipements de suivi médical à domicile en passant par les véhicules automatiques, les compteurs d’électricité et d’eau intelligents et les machines outils bardées de capteurs pour affiner les procédés de fabrication, l’ajout d’un supplément de matière grise, sous forme de composants électroniques, dans des produits divers s’avère prometteur. Voici trois bonnes raisons de s’y intéresser de près.

  1. Casser la logique du plus bas prix

    Combien seriez-vous prêt à débourser pour un simple sparadrap ? Sans doute pas une somme faramineuse, en tant que simple particulier, et peut-être encore moins en tant qu’acheteur pour une structure collective. Pour les industriels commercialisant des produits peu onéreux ou à faible valeur ajoutée, proposer des fonctionnalités innovantes est une façon de sortir par le haut de la spirale qui tend à tirer les prix à la baisse. A l’image d’Urgo, qui travaille à la mise au point de pansements agrémentés de capteurs pour analyser la plaie voire délivrer un principe actif.

  2. Diminuer les coûts

    L’idée peut paraître contre intuitive et pourtant, ajouter de l’intelligence dans un produit peut en limiter le coût de fabrication. Le développement de briques logicielles permettant de déduire certaines informations sans capteur physique dans les lave-linge a par exemple permis de diminuer leur coût de production.

  3. S’inscrire dans une filière

    L’Internet des objets n’est pas seulement un concept à la mode. C’est aussi une véritable opportunité industrielle. Rendre de simples machines capables  de transmettre des informations permet d’imaginer des filières intégrées. Les réfrigérateurs capables de commander du lait lorsque les stocks sont épuisés ou les pèse personnes permettant de suivre et de gérer son poids via un smartphone ont beau apparaître comme de simples gadgets, ils dessinent une logique d’intégration d’objets du quotidien dans des filières de commercialisation de services associés. Une perspective prometteuse, tous secteurs industriel confondus.