Alors qu’Apple vient de lancer sa tablette iPad en France et dans d’autres pays européens, sa capitalisation boursière a dépassé celle de Microsoft pour atteindre plus de 225 milliards de dollars. La firme à la pomme se hisse ainsi à la première place des valeurs des technologies de l’information et à la deuxième tous secteurs confondus derrière le mastodonte pétrolier ExxonMobil. En dix ans, son action aura été multipliée par 10!
Rarement une société aura connu un succès aussi fulgurant. Est-il mérité ? D’une certaine façon oui. Car même si Apple n’a rien inventé en terme de produit, la firme de Steve Jobs a su créer un modèle qui a révolutionné la musique (avec le baladeur iPod et sa boutique en ligne iTunes) puis l’Internet mobile (avec l’iPhone et sa bibliothèque d’applications en ligne AppStore). Son écosystème associant produit et applications en ligne s’avère d’une efficacité industrielle redoutable. Ni Microsoft, ni Nokia, ni Sony n’ont réussi à le reproduire avec autant d’éclat et de succès. Sur le plan technique, Apple a su reprendre le meilleur de la technologie existante (écran tactile, interface, ergonomie, design…) pour simplifier à l’extrême les usages numériques comme aucun autre constructeur ne l’avait fait.
Apple a atteint une puissance telle qu’il se sent aujourd’hui en mesure d’imposer sa vision d’Internet et de la technologie. Une attitude qui fait craindre une main mise sur le Web. Certains n’hésitent pas y voir une tendance manifeste à l’arrogance, dont d’autres sociétés comme IBM, Microsoft, Intel ou Sony ont été victimes au temps de leur splendeur. Les critiques répétées de Steve Jobs envers Adobe et sa technologie Flash, utilisée dans l’animation graphique sur le Web mais écartée de l’iPad, en sont l’illustration. La firme à la pomme est surtout critiquée pour sa politique envers les développeurs d’applications à qui elle impose ses conditions pour faire partie de son écosystème.
Mais le succès éternel n’existe pas. Les exemples de Motorola, naguère numéro un dans les téléphones mobiles et aujourd’hui seulement huitième, ou de Sony, longtemps leader mondial dans les baladeurs et la télévision et aujourd’hui numéro trois, le montrent. L’arrogance rend aveugle et finit par tuer l’esprit d’innovation. Apple n’est pas à l’abri de ce risque.



L’innovation, ce n’est pas que de la technologie ! N’en déplaise aux techno-addict, les produits qui révolutionnent leur marché ne sont pas toujours ceux qui embarquent le plus de nouveautés techniques. Prenons l’iPad d’Apple. Peut-on dire qu’il est innovant alors qu’il n’utilise que des technos bien maîtrisées ? “Non, me répondront les puristes. C’est un artefact marketing. Un iPhone -ou plutôt un iTouch géant-, rien de plus.” Et ils n’auront pas vraiment tort… si l’on ne se concentre que sur le produit et ses composants. Mais regarder l’iPad seulement sous cet angle, c’est justement faire abstraction du cœur du sujet, de toute la partie innovante de l’iPad : l’ergonomie, l’écosystème, le business-modèle.
Vous n’avez pas encore entendu parler de la ”Wominnovation” ?
Le soldat Sarkozy avait promis de sauver à l’industrie. Tout le secteur attendait impatiemment son discours de clôture des Etats-généraux de l’Industrie (qui ont mobilisé comme jamais la France des usines !). 5 000 participants, 200 ateliers régionaux et 11 groupes de travail nationaux… toute cette dynamique inédite risque bien d’accoucher d’une souris. Celui qui se définit comme le président des usines a déjà débloqué plus de 7,5 milliards d’euros pour mettre sous perfusion les sites de production français et il n’ira, pour l’instant pas beaucoup plus loin.
Débattre ce n’est pas combattre. Débattre, c’est partager son point de vue, comprendre celui de son interlocuteur, entendre les nuances, apprivoiser la complexité d’un sujet sans a priori. Sans se donner un ordre du jour à respecter ou un objectif à atteindre. Mais, force est de constater que ces principes de dialogue ont tout simplement été battus en brèche lors du grand débat national organisé autour des nanotechnologies. Par trois fois au moins, la consultation a tourné court à Grenoble, Rennes ou Lyon. Sans chercher à imputer à une partie ou l’autre la responsabilité de ces pugilats, trois leçons sont à retenir de cet échec.
Sans juger de la réalité du réchauffement climatique -et apporter de l’eau au moulin de la polémique-, la montée en puissance du dioxyde de carbone comme nouvel Alpha et Omega de notre société est incontestable. Le bonus-malus automobile, les taxes carbones, l’empreinte écologique de nos activités… tout est jaugé en fonction du nombre de gramme de CO2 que nous rejetons.




