Peut-on vraiment parler d’industrie sans s’intéresser à l’innovation ? Non bien sûr. N’importe quel familier des usines vous le dira. C’est pourtant l’étrange posture que semblent avoir choisie les candidats à l’élection présidentielle. Certes, la politique industrielle est bien le terrain d’un affrontement entre prétendants à l’Élysée. Mais en repassant le film de ces derniers mois, on constate malheureusement que, de Gandrange à Florange en passant par Yssingeaux et Petit-Couronne, il a plus souvent été question de menaces de fermetures de sites que de technologies de rupture.
Sans verser dans le procès d’intention, le constat conduit à s’interroger sur la sincérité de l’intérêt des candidats pour l’avenir des usines. Les exposants au salon Industrie 2012, qui s’est déroulé du 26 au 30 mars au parc des expositions de Villepinte, en région parisienne ont en tous cas confié leur déception à nos journalistes : aucun des dix candidats à l’élection présidentielle ne leur a fait l’honneur d’une visite. Dommage : ils auraient constaté que l’innovation, thème majeur de l’édition de cette année, est plébiscitée par les décideurs de l’industrie. Et pour cause : pour 96% d’entre eux, une entreprise plus innovante est plus performante. Autrement dit : pour agir sur le tissu industriel de demain, garder un œil sur les hauts fourneaux ne suffit pas. Il faut aussi surveiller les paillasses des laboratoires de R&D. Et créer un environnement favorable à la créativité et à la rentabilisation des efforts de recherche.
Or les politiques publiques de l’innovation et les dispositifs de soutien à la recherche sont, comme on peut le constater en épluchant les programmes, les parents pauvres des propositions, tous partis confondus. Les Français, paraît-il, ne marquent qu’un intérêt modéré pour cette campagne. Pour apporter un peu d’air frais, pourquoi ne pas parler de ce qui est neuf, inventif, utile…en un mot : ingénieux ? Pourquoi ne pas mettre en valeur la créativité des ingénieurs, véritable atout pour la compétitivité de nos entreprises? Pourquoi ne pas placer enfin au centre du débat public la question du soutien à l’émergence de technologies rentables ? Le temps est désormais compté… Si rien ne vient, les amoureux de l’innovation risquent de se trouver bien seuls dans l’isoloir.
Muriel de Vericourt




Taxe ou emprunt, l’écologie ne serait finalement qu’une affaire d’argent. Ces derniers jours et semaines en tout cas, le débat autour de ces questions s’est concentré autour de deux idées forces. A quelle hauteur sera facturée la tonne de carbone ? Et combien d’argent, l’Etat pourra-t-il emprunter pour réussir à financer son plan de relance/innovation faisant la part belle aux green techs ?




