Voter pour l’innovation, oui mais comment? : La Rédactrice en chef d\'Industrie & Technologies Muriel de Véricourt vous présente son regard sur la technologie d\'hier, d\'aujourd\'hui et de demain.

Postes comportant le mot clé ‘ingénieurs’

avr 03

Voter pour l’innovation, oui mais comment?

Edito | Mots clés:

L'absence des candidats à l’Élysée a été remarquée au salon Industrie 2012

Peut-on vraiment parler d’industrie sans s’intéresser à l’innovation ? Non bien sûr. N’importe quel familier des usines vous le dira. C’est pourtant l’étrange posture que semblent avoir choisie les candidats à l’élection présidentielle. Certes, la politique industrielle est bien le terrain d’un affrontement entre prétendants à l’Élysée. Mais en repassant le film de ces derniers mois, on constate malheureusement que, de Gandrange à Florange en passant par Yssingeaux et Petit-Couronne, il a plus souvent été question de menaces de fermetures de sites que de technologies de rupture.

Sans verser dans le procès d’intention, le constat conduit à s’interroger sur la sincérité de l’intérêt des candidats pour l’avenir des usines. Les exposants au salon Industrie 2012, qui s’est déroulé du 26 au 30 mars au parc des expositions de Villepinte, en région parisienne ont en tous cas confié leur déception à nos journalistes : aucun des dix candidats à l’élection présidentielle ne leur a fait l’honneur d’une visite. Dommage : ils auraient constaté que l’innovation, thème majeur de l’édition de cette année, est plébiscitée par les décideurs de l’industrie. Et pour cause : pour 96% d’entre eux, une entreprise plus innovante est plus performante. Autrement dit : pour agir sur le tissu industriel de demain, garder un œil sur les hauts fourneaux ne suffit pas. Il faut aussi surveiller les paillasses des laboratoires de R&D. Et créer un environnement favorable à la créativité et à la rentabilisation des efforts de recherche.

Or les politiques publiques de l’innovation et les dispositifs de soutien à la recherche sont, comme on peut le constater en épluchant les programmes, les parents pauvres des propositions, tous partis confondus. Les Français, paraît-il, ne marquent qu’un intérêt modéré pour cette campagne. Pour apporter un peu d’air frais, pourquoi ne pas parler de ce qui est neuf, inventif, utile…en un mot : ingénieux ? Pourquoi ne pas mettre en valeur la créativité des ingénieurs, véritable atout pour la compétitivité de nos entreprises? Pourquoi ne pas placer enfin au centre du débat public la question du soutien à l’émergence de technologies rentables ? Le temps est désormais compté… Si rien ne vient, les amoureux de l’innovation risquent de se trouver bien seuls dans l’isoloir.

Muriel de Vericourt


avr 08

L’industrie en mal de féminisation

Edito | Mots clés:

La parité homme-femme est à la mode. Mais dans l’industrie, plus qu’ailleurs, elle est encore loin d’être une réalité. Selon les statistiques officielles, les femmes ne représenteraient que 15% des effectifs industriels aux niveaux ingénieur et technicien.

Depuis quelques années, l’industrie cherche à séduire les femmes par la richesse des métiers techniques qu’elle offre et par les nouvelles perspectives ouvertes par les énergies renouvelables, l’environnement ou les transports durables. Cette opération s’inscrit dans la quête générale de la parité dans les secteurs, les métiers et les fonctions à responsabilité. Mais pas seulement. L’industrie a tout à gagner à féminiser  sa population d’ingénieurs et de techniciens. Ceci est de nature à enrichir le regard de l’entreprise sur ses produits, ses méthodes de travail et son management, et à stimuler sa créativité.

Mais inciter davantage de femmes à s’orienter vers l’industrie n’est pas une tâche aisée. A l’heure des délocalisations, des fermetures d’usines et de disparitions de pans entiers de l’industrie, les métiers techniques n’ont guère bonne presse auprès des jeunes. La préférence va depuis des années à des métiers plus à la mode dans la finance et les services.

Pourtant, les femmes qui exercent dans l’industrie semblent comblées. Selon l’enquête « Un regard féminin sur l’industrie », qui vient d’être réalisée par l’association « Elles bougent », elles sont 95% à être satisfaites de leur parcours professionnel et 76% à croire à l’évolution de leur propre carrière. Pour 97% d’entre elles, la mixité dans les métiers industriels est importante.

Utiliser leur témoignage de réussite comme vitrine suffira t-il à réconcilier les jeunes filles avec l’industrie ? Ce n’est pas sûr.


sep 07

Taxer, emprunter… innover !

Edito | Mots clés:

j0439264Taxe ou emprunt, l’écologie ne serait finalement qu’une affaire d’argent. Ces derniers jours et semaines en tout cas, le débat autour de ces questions s’est concentré autour de deux idées forces. A quelle hauteur sera facturée la tonne de carbone ? Et combien d’argent, l’Etat pourra-t-il emprunter pour réussir à financer son plan de relance/innovation faisant la part belle aux green techs ?

Les experts s’affrontent, alignent les chiffres… C’est un peu vite oublier que les changements climatiques en cours imposent d’abord de changer notre regard et nos fondamentaux. Taxer les tonnes de carbone émises ne servira à rien si nous ne re-concevons pas la plupart de nos produits pour les rendre moins gourmands. Le grand emprunt sera vain si nous ne réussissons pas à réduire la consommation des milliards d’objets en circulation (je pense notamment au parc automobile composé de véhicules âgés de 8 ans en moyenne).

Le défi technologique est énorme. Pour les bureaux d’études et les ingénieurs -en première ligne dans ce combat-, il ne s’agit pas seulement de réussir à développer des objets toujours plus sobres en énergie mais de réussir à transformer les plus gourmands en parangons écologiques.

Thibaut de Jaeger