Le réchauffement climatique n’est pas qu’une affaire de spécialistes. Quoiqu’en disent les climatologues, les problèmes qu’il pose à la planète et aux hommes sont trop complexes pour être appréhendés au prisme d’une seule et même discipline.
La preuve avec cet ouvrage du sociologue allemand, Harald Welzer, qui démontre brillamment tous les dérèglements que pourrait générer le “global warming” dans les 100 prochaines années. Dans son dernier opus nommé ”Les guerres du climat : Pourquoi on tue au XXIe siècle”, le chercheur affirme que le réchauffement climatique va engendrer des conflits majeurs dans les prochaines années dans toutes les régions du globe à cause des injustices qu’il génère.
« Les conséquences de ce changement sont injustement réparties parce que ceux qui sont les principaux responsables en subissent le moins de dommages et qu’ils ont les plus grandes chances de tirer profit de la situation », argumente ainsi l’auteur. Le conflit du Darfour, par exemple, serait en fait une guerre pour la conquête des terres arables devenues de plus en plus rares avec la désertification croissante de cette région.
Si les pays occidentaux se sentent aujourd’hui à l’abri de ces dérèglements -et donc de cette violence-, leur tranquillité risque d’être de courte durée. « L’évolution du climat va entraîner une accumulation de catastrophes sociales qui produiront des états ou des modèles sociaux, temporaires ou durables, sur lesquels on ne sait rien, faute de s’y être jusqu’ici suffisamment intéressé ». D’ici à 2050, rappelle ainsi l’auteur, le changement climatique pourrait jeter sur les routes 200 millions de « réfugiés climatiques »… qui demanderont asiles aux pays riches. Un phénomène qui prend de l’ampleur alors même que nos pays essayent de fermer de plus en plus leurs frontières aux immigrés. Ce double mouvement contraire constitue potentiellement une bombe à retardement.
Très sombre –mais peut-il en être autrement lorsque l’on parle de violence ?-, ce livre n’en est pas moins éclairant. L’auteur envisage d’ailleurs son oeuvre comme un signal d’alarme à l’intention des gouvernants. Faute de prendre conscience de toutes les conséquences du réchauffement climatique, ce n’est pas la Terre qui risque d’imploser mais le ciment qui constituait jusque-là nos sociétés. Mais, l’honnêteté nous oblige à le confesser, la prophétie d’Harald Welzer est difficile à croire depuis les paradis climatiques que constituent des régions comme la France et l’Europe.







