Les présidents des 17 pôles de compétitivité français à vocation mondiale ont demandé, le 12 juin, que l’Etat apporte 900 millions d’euros supplémentaires au budget de 1,5 milliard d’euros prévu sur la période 2009-2011. Est-ce réellement nécessaire ? A en croire les présidents des pôles concernés oui ! Car la manne accordée par l’Etat aux 71 pôles de compétitivité français (1,7 milliards d’euros au total) n’est pas suffisante, semble-t-il, pour financer les projets de recherche menés en leur sein.
Nous pourrions aussi noter que 71 pôles, c’est peut être beaucoup trop pour un pays comme la France. A-t-on les moyens d’entretenir l’excellence dans autant de domaines ? Le bon sens incite à penser que non. Et l’Etat serait bien inspiré d’imposer aux pôles, en échange d’un budget supplémentaire, de se rassembler pour toucher de nouvelles subsides. Ceci impose, au préalable, de décider quelles sont les secteurs où la France peut et doit exceller dans les dix ans qui viennent.
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Trop peu d’argent ou beaucoup trop de pôles ?
Analyse | Mots clés: compétitivité Financement Innovation pôle stratégieL’innovation ou le béton ?
Edito | Mots clés: Crédit d'impôt recherche Financement Innovation Oséo R&DLes capitaines d’industrie doivent tenir bon. Penser plus loin que cette crise qui a jeté un brouillard dense sur l’avenir. Et ne pas sacrifier l’innovation. Malgré les difficultés de financement, malgré les trésoreries tendues qui imposent des stratégies à court terme, il faut préserver à tout prix la R&D. Ne pas suivre l’exemple des industriels qui choisissent de sacrifier quatre centres de recherche sur dix comme Alcatel-Lucent. Se démarquer de ceux, comme Renault, qui envisagent déjà de réduire leur effort de R&D cette année (-15 % entre 2007 et 2009). La responsabilité des dirigeants est énorme : s’ils cèdent aujourd’hui à la tentation du repli, ils hypothèquent leurs parts de marché demain.
L’État doit également soutenir cet effort. Le crédit d’impôt recherche est un levier mais il est insuffisant. Du côté des PME, le compte n’y est pas. La réduction du budget d’Oséo Innovations de 800 millions d’euros en 2008 à 500 millions d’euros cette année est un mauvais signal dans le contexte actuel. Alors même que les petites entreprises peinent à se financer auprès des banques, l’Etat réduit les crédits qu’il leur accorde pour innover. La crise impose-t-elle de tels sacrifices ? Tout est question de priorités. La place de la France sur les marchés mondiaux demain dépendra-t-elle de sa capacité à proposer des produits et des services innovants ? Ou de la quantité de bâtiments, de routes et de rails construits grâce aux 1000 chantiers de la relance ? A Industrie & Technologies, nous pensons que l’innovation assure des fondations plus solides que des tonnes de béton.






