Cela fait plus d’un siècle que l’industrie automobile cherche en vain à développer la voiture électrique. L’heure du succès est-elle enfin arrivée ? A visiter le Mondial de l’Automobile, qui se déroule à Paris du 2 au 17 octobre, on pourrait le penser. La voiture électrique est en effet la grande star du salon. Chaque stand comporte plusieurs prises de recharge. PSA s’offre la primeur en lançant en France dès la fin de l’année la Peugeot Ion et la Citroën C0, deux modèles électriques issus de Mitsubishi. Cette ambiance contraste avec celle du salon de l’automobile de Genève, en mars dernier, où la vedette était le véhicule hybride.
Mais cet enthousiasme ne doit pas occulter une réalité : la voiture électrique pour Monsieur tout le monde n’est pas pour demain. PSA prévoit de vendre 100 000 exemplaires en 2015. De son coté, Renault s’attend à ce que cette technologie représente 10% de ses ventes en 2020. Autant dire que le véhicule électrique risque de rester anecdotique pendant encore très longtemps. C’est que son chemin est semé d’embûches.
D’abord, il y a la question de la batterie. La technologie lithium-ion, qui équipe actuellement nos produits électroniques portables, ne répond pas aux besoins de l’automobile en termes de densité d’énergie, de prix et de sécurité. La voiture pose des contraintes autrement plus complexes qu’un ordinateur portable ou un téléphone mobile. Aux quatre coins du monde, la recherche s’intensifie pour trouver la batterie idoine. Les espoirs se portent sur la technologie lithium-air. Mais de l’avis des chercheurs du CEA, qui planchent sur le sujet, elle ne sera pas au point avant 2020 ou 2025.
Il y a ensuite la question du réseau électrique. Il faudra revoir le réseau pour supporter et gérer les recharges de batterie à domicile comme dans les stations publiques (parking, bureaux, autoroutes…). Le Smart Grid, réseau électrique intelligent, est supposé répondre aussi à ces besoins. Or il n’est qu’au stade des balbutiements et sa mise en place soulève de sérieuses interrogations en termes de fiabilité, de sécurité et de protection de la vie privée.
Il y a enfin la question de l’infrastructure qui suppose la standardisation du système de recharge. A ce stade, nous somme loin de cette standardisation puisque rien qu’en Europe deux offres de standard s’affrontent promues l’une par Schneider Electric, l’autre par Siemens.
On peut s’interroger sur l’intérêt du véhicule électrique sur le plan de l’environnement. Selon les calculs de l’Ademe, le bilan carbone de la voiture électrique serait de 120 g/km, contre en moyenne 140 g/km pour la voiture thermique. Alors le jeu vaut-il la chandelle, sachant que, selon Renault, le moteur thermique offre encore une marge de progrès de 30 % en termes de consommation et d’émissions ? Une chose est sûre : la voiture électrique n’est pas la solution miracle aux problèmes d’environnement.







