Que peut-on réellement attendre de l’innovation en ces temps troublés ? « Tout! », si l’on en croît les consultants en mal de solutions et les chefs d’entreprise soucieux de ne pas trop montrer la face sombre de cette crise : les trésoreries tendues, les chaines de production à l’arrêt, les collaborateurs partis mener d’autres projets personnels… L’Etat, lui-même, est assez prompt à brandir l’équation « innovation = sortie de crise ». Mais tous peinent à dépasser le stade de l’incantation. Les entreprises réduisent plutôt la voilure dans leur centre R&D. Les consultants exercent surtout leur talent de « cost-killer ». Quant aux plans de relance publics, ils déversent leurs milliards d’euros -ou de dollars- prioritairement sur des secteurs traditionnels, confortablement établis sur leur base. Prenons les chantiers de la relance français par exemple. Aucun d’entre eux ne vise à soutenir un secteur en devenir comme l’éolien, le solaire ou les technologies de l’information au service de la santé. On préfère investir dans des domaines solides qui ont fait leur preuve… et dont les temps glorieux sont peut être passés. Si la recette peut faire ses preuves à court terme, dans un monde où tout va très vite et où l’on sent une véritable révolution industrielle verte se préparer, le plat semble un peu fade. Ce n’est pas, en tout cas, en lestant la vieille économie qu’elle se relancera de plus belle. Bien au contraire. Pour lui redonner le goût de la croissance, le sel des jeunes pousses serait plus indiqué.
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Le sel des jeunes pousses
Analyse | Mots clés: Crise Innovation relance Start-upBack to basic
Analyse | Mots clés: automobile Crise Innovation TechnologieL’innovation peut-elle sauver notre économie ? A l’heure où nous sentons l’économie se perdre dans les méandres d’une crise bien plus profonde que prévue, les incantations se multiplient. Pas un colloque, pas un discours où l’innovation ne prenne place. De manière un peu irréelle et irrationnelle, presque mystique, les hommes politiques, les chefs d’entreprises et les consultants s’unissent pour faire de cette discipline un demi-dieu capable de relancer la mécanique des marchés. Hélas, ces prières païennes sont vaines. Pour que la technologie nous sauve, nous devrons d’abord apprendre à changer notre regard. Les constructeurs automobiles, par exemple, ne peuvent pas ignorer que le premier besoin d’un automobiliste, lorsqu’ils s’installent derrière un volant, c’est de se déplacer… pas de faire tourner le moteur à combustion que les ingénieurs de PSA et de Renault s’acharne à maintenir en vie. La crise actuelle impose de revenir aux fondamentaux. Au besoin originel de chaque client. « Back to basic », diraient les Américains. Chaque entreprise doit faire de ce gimmick un leitmotiv.






