La recherche française est peut être en train de vivre une révolution silencieuse. On la disait scléroser par ses vieux organismes de recherche comme le CNRS, prisonnière de disciplines qui refusaient de chercher ensemble ? Elle se transforme en jouant sans complexe la carte du collectif. Ces derniers mois, sans caméra ni discours provocateurs, Valérie Pécresse, la ministre de la Recherche et de l’Enseignement supérieur, a présidé à la naissance d’alliances de recherche thématiques. Trois ont déjà vu le jour dans les domaines des sciences de la vie et de la santé, des sciences de l’énergie et des sciences de la mer.
L’intérêt de ces regroupements n’est pas seulement d’atteindre une taille critique (indispensable pour s’imposer sur la scène mondiale). Ils permettent aussi de décloisonner des organismes trop centrés sur les disciplines. Ainsi, l’alliance pour les sciences de la vie réunit sous sa bannière l’Inserm, l’Institut Pasteur, le CNRS ou le CEA… mais pas seulement ! L’Inra, l’Inria (le CNRS de l’informatique), l’IRD (spécialiste des pays tropicaux) et la conférence des présidents d’université ont, eux-aussi, adhéré à l’initiative.
Cette transversalité est essentielle car les innovations les plus marquantes, dites de rupture, voient souvent le jour aux confins de plusieurs disciplines scientifiques. Ces alliances, qui mêlent biologiste et informaticien ou énergéticien et électronicien, devraient donc contribuer à révolutionner la manière de chercher en France…



J’entame ici un exercice délicat. Tenter de brosser une esquisse fidèle du paysage de l’innovation et de la technologie à la française. Mon but ? Y voir clair tout simplement dans ce domaine qui accumule les dispositifs depuis des années… sans jamais rien réformer. Voici ma première tentative sous la forme d’un inventaire à la Prévert. Libre à vous de le compléter et de l’amender…




