Les pirogues innovent aussi… : Le Rédacteur en chef d\'Industrie & Technologies Ridha Loukil prend la parole vous présente son regard sur la technologie d\'hier, d\'aujourd\'hui et de demain.

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sep 11

Les pirogues innovent aussi…

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Pirogue_010Connaissez-vous ce conte moderne raconté dans sa dernière lettre stratégique par le cabinet de conseil, Bearing Point ? Intitulé « le paquebot et la pirogue », il tente en 10 pages de nous mettre en garde sur les idées reçues que nous, occidentaux, avons soin d’entretenir autour des entreprises des pays émergents. En somme, nous les verrions comme de bien frêles embarcations (des pirogues) face à nos superbes navires embarquant des milliers d’hommes et de technologies (des paquebots). A priori, le combat semble inégale. Sauf que dans une économie aux eaux mouvementés, l’agilité de la pirogue (et sa rapidité) sont plus efficientes que les grandes manoeuvres imposées par nos paquebots. Le but de cette note du cabinet Bearing Point n’est pas de couler nos entreprises mais de leur révéler toute la créativité, la diversité et la flexibilité des grands industriels des pays émergents, les fameux BRIC (Brésil, Russie, Inde, Chine). Les Tata, Reliance et autres Embraer ont la capacité de développer sans l’appui de services supports sur-développés des produits pas chers, technologiquement innovants et pensés pour leur client (généralement des populations pauvres).

Pour Bearing Point, cet avantage concurentiel ne doit rien au hasard. Le cabinet identifie même 6 facteurs clés de succés pour les « Bric’s entreprises » :

  1. La main d’oeuvre bon marché
  2. Des usines à la pointe des dernières innovations technologiques
  3. La capacité à travailler sans support ou presque (système D)
  4. la priorité absolue faite au client
  5. leur culture ancienne
  6. un enseignement supérieur développé et des étudiants avides d’aller apprendre aux Etats-Unis

 En somme, en lisant la dernière page de ce conte moderne bien installée dans la cabine d’un paquebot, on ne peut s’empêcher de se dire : les pirogues aussi savent innover.


sep 09

Rafale : une vente trop cher payée ?

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Rafale-23La France serait l’un des pays les plus flexibles en matière de tranfert de technologies. Nous serions ainsi dotés d’un avantage compétitif de très haut niveau. Ce n’est pas moi qui le dit mais le président brésilien Lula en parlant de l’offre faite par Dassault au Brésil pour l’achat de 36 rafales. L’Hexagone est en effet le seul pays en lice à proposer au dixième pays du monde de lui céder la quasi totalité de ses secrets de fabrication. Le tout en échange d’un contrat de 36 Rafales, dont 30 seraient assemblés au Brésil.

On ne peut que se réjouir que cet avion trouve enfin (!) preneur mais ce transfert de technologie (qui doit encore être confirmé) pose quand même question. Comment allons-nous réussir à garder nos usines en France en signant des contrats qui stipulent que nous n’assemblerons pas en France  les produits vendus ? J’ai beau creusé, je n’en vois pas de points positifs. Ni pour les usines de Dassault en France, ni pour celle de ses sous-traitants puisque tout sera fabriqué là-bas.

Nos politiques auront beau jeu ensuite de pleurer sur la désindustrialisation. Pour réenchanter la France industrielle, il ne suffit pas de signer des contrats à l’autre bout du monde au prix fort, celui du transfert de la technologie.