L’informatique ne connaît pas de répit, on le sait. L’été a été particulièrement chaud dans ce secteur. Les manœuvres industrielles de Google et HP en témoignent.
L’éditeur du célèbre moteur de recherche a ainsi acheté Motorola Mobility, la branche téléphonie mobile de Motorola. Pour la bagatelle de 12,5 milliards de dollars, il s’offre ainsi l’un des intégrateurs majeurs de son système d’exploitation mobile Android, le grand concurrent de celui de l’iPhone. Une façon de consolider ses positions dans l’Internet mobile face à Apple. Du même coup, il met la main sur 22 500 brevets de Motorola, l’un des portefeuilles de brevets les plus importants dans le domaine des communications sans fil. Une occasion pour Google de prendre sa revanche après avoir vu, début juillet, la vente des 6 000 brevets de Nortel lui filer sous le nez au profit d’un consortium mené par ses deux principaux rivaux, Apple et Microsoft.
De son coté, HP poursuit sa marche forcée vers les logiciels et services. Après avoir acheté en 2008, pour 13,9 milliards de dollars, EDS, l’une des plus grandes SSII au monde, le numéro un mondial de l’informatique a choisi cette fois de se renforcer dans le logiciel en prenant le contrôle, pour 10,3 milliards de dollars, d’Autonomy, un éditeur britannique de logiciels pour entreprises.
Mais HP ne fait pas que grossir par des acquisitions. Il se prépare aussi à un tournant industriel en se séparant, d’ici deux ans, de ses activités PC, tablettes et smartphones, comme l’a fait IBM en 2005. Pour le géant californien, l’avenir semble se résumer en une équation : moins de grand public et plus d’entreprise, moins de matériels et plus de logiciels et services.
Postes comportant le mot clé ‘Apple’
Manœuvres industrielles : les bombes de l’été
Edito | Mots clés: Apple Autonomy EDS google GSM HP Informatique iphone Motorola Téléphonie sans filAdieu le Walkman
Edito | Mots clés: Apple Sony WalkmanUne page se tourne dans l’histoire des technologies. Après avoir arrêté la commercialisation du Walkman à cassette en mars 2010, Sony se prépare à en faire de même en septembre 2011 pour le Walkman à minidisque. La décision a été annoncée le 7 juillet dernier. Une épopée technologique et industrielle de 20 ans prend ainsi fin. Il aura fallu 10 ans à Apple et à son baladeur iPod pour avoir la peau du Walkman.
Sony continue à surfer sur la vague de son invention avec des baladeurs MP3 portant le nom générique de Walkman. Mais il est loin derrière la firme à la pomme qui truste près de 80% du marché avec ses iPod. Et la situation n’est pas prête de changer. Comment expliquer ce revirement ? D’abord, Sony a été aveuglé par le succès phénoménal du Walkman. Or plus une technologie a du succès, et plus son inventeur s’y accroche. Ensuite, le géant japonais n’a pas pris la mesure de la révolution induite par Internet sur le monde de la musique.  Il a vu dans le Net juste une menace, notamment pour l’éditeur de musique qu’il est. Et non une nouvelle opportunité pour le fabricant d’électronique grand public qu’il est aussi. Enfin, il n’a pas anticipé l’évolution des mémoires flash qui, avec l’augmentation de la densité et la baisse des coûts, sont devenues une alternative de plus de plus viable aux supports magnétiques, avec l’avantage de réduire l’encombrement et de libérer les usages.
La fin du Walkman est symptomatique du bouleversement que connait l’électronique grand public depuis 10 ans. Les leaders de cette industrie ne sont plus Sony, Panasonic, Philips ou Thomson, autrement dit japonais ou européens. Ils s’appellent désormais Apple, Cisco, Samsung ou LG. Et ils sont américains ou sud-coréens. A ne pas en douter, demain, d’autres prendront le relais. Ils ont toutes les chances d’être chinois.
Copier les autres, et alors ?
Edito | Mots clés: Apple Copie InnovationDepuis l’annonce de ses nouveautés le 6 juin dernier, Apple fait l’objet d’un déchainement de critiques sur Internet, l’accusant de puiser son inspiration chez ses concurrents. On lui reproche par exemple de reprendre dans son nouveau système d’exploitation iOS5, qui équipera la prochaine génération d’iPhone et d’iPad, des fonctions comme la synchronisation de données par Wi-Fi ou l’intégration de Twitter, déjà disponibles sur Windows Phone 7, le système d’exploitation pour Smartphones de Microsoft. Certains vont jusqu’à s’interroger si le futur iPhone ne sera pas un clone des mobiles à base d’Android, le système d’exploitation de Google.
Qu’on se le dise : Apple n’a inventé aucun des produits qui font aujourd’hui sa fortune. Le baladeur musical, le Smartphone et la tablette existaient avant l’iPod, l’iPhone et l’iPad. La firme, dirigée par Steve Jobs, a su les réinventer en leur apportant, ergonomie, élégance du design et sens de l’usage, avec quelque chose d’inédit, un écosystème associant au produit du contenu numérique en ligne.
A supposer qu’Apple soit un copieur, est-ce un mal ? Pas vraiment. Au contraire, ignorer ce que les concurrents font de bien serait une erreur. S’inspirer de leurs réussites pour mieux innover est un réflexe fondé. Il participe au cercle vertueux de l’innovation. Tout le monde le fait. Les industriels japonais ont fait leur apprentissage technologique en copiant les produits occidentaux. Les coréens en copiant les japonais. Et aujourd’hui les chinois en copiant tout le monde. Rappelons-nous Microsoft. Son système d’exploitation Windows s’inspire de celui du Macintosh. Tout comme son moteur de recherche Bing de Google.
Mais copier ne signifie pas spolier les autres en contrefaisant leurs brevets. Il faut savoir le faire intelligemment, à l’instar de Samsung. C’est là toute la question.
Apple et Samsung, deux amis ennemis
Edito | Mots clés: Apple Propriété intellectuelle SamsungDécidément, rien ne va plus entre Apple et Samsung. Les deux géants de l’électronique s’accusent mutuellement de contrefaçon de brevets. Et Apple, grand client de Samsung dans les semi-conducteurs, envisage de s’orienter vers d’autres sources d’approvisionnement : Elpida Memory, Hynix et Micron Technology pour les mémoires Dram ; Toshiba, Hynix et Micron Technology pour les mémoires Flash ; et le fondeur TSMC pour la fabrication des processeurs A4 et A5 équipant ses iPhone et iPad. Intel est également cité comme un fondeur possible pour ses processeurs. Si ce basculement s’opérait complètement, il représenterait pour Samsung une perte sèche de 17 % de son chiffre d’affaires dans les semi-conducteurs.
Alors pourquoi en sont-ils arrivés à cette situation ? La réponse tient dans un mot : concurrence. Les deux groupes, qui entretiennent des relations anciennes de client -fournisseur, sont aussi concurrents dans les micro-ordinateurs, les baladeurs, les Smartphones et les tablettes numériques. Apple reproche à Samsung de copier son design, l’une des forces clés de ses produits.
La firme de Steve Jobs perçoit aussi le géant coréen comme une menace croissante pour son leadership sur ses segments de marché. Non sans raison. Samsung est une machine de conquête redoutable. Et il l’a démontré dans les puces mémoires, les écrans LCD ou la télévision où il devenu le numéro un mondial au détriment de Toshiba, Sharp et Sony.
Dans l’industrie, les relations sont rarement définies en noir ou blanc. On peut être concurrent et collaborer, comme le font Sony et Samsung dans les écrans LCD de télévision, LG et Hitachi dans le stockage optique ou encore PSA et Renault dans les moteurs automobiles. La collaboration fonctionne tant que les deux partenaires y trouvent chacun son intérêt. La concurrence est respectée tant qu’elle ne franchit pas une certaine limite jugée dangereuse par l’une des parties. C’est cette limite qui semble avoir été franchie dans les relations entre Apple et Samsung. Et la bataille de propriété intellectuelle dans laquelle ils s’engagent n’en est que la partie émergée.
Jusqu’où ira Apple ?
Edito | Mots clés: Apple Nokia téléphone mobileLa nouvelle a fait l’effet d’une bombe. Elle a de quoi faire réfléchir tous les industriels. Apple serait devenu le numéro Un mondial des téléphones mobiles, un titre solidement détenu depuis 1998 par Nokia. Selon le cabinet Strategy Analytics, ses ventes d’iPhone ont atteint près de 12 milliards de dollars au premier trimestre 2011, contre 9,4 milliards de dollars pour les ventes du constructeur finlandais. En volume, Nokia reste en tête en vendant presque trois fois plus d’appareils que son concurrent américain. Mais en recettes, il lui cède sa couronne.
L’ascension fulgurante d’Apple a de quoi faire rêver. En seulement 4 ans, et avec un seul produit (l’iPhone), la firme de Steve Jobs a réussi à se hisser au sommet et à détrôner des fabricants historiques que l’on croyait indétrônables. Alors jusqu’où ira la firme à la pomme ? Quelle sera la prochaine étape de son succès ? C’est difficile de le prévoir. Mais une chose est sûre : Apple a encore un avenir brillant. Il maîtrise à merveille le marketing et sait associer la technologie, le design et l’ergonomie dans une combinaison attrayante pour le consommateur. Il est entré dans un cycle vertueux où la valeur de la marque lui donne l’avantage de mieux vendre ses produits que ses concurrents, même s’ils sont plus chers et moins performants.
Mais tout succès a une fin. Et quand on atteint le sommet, on ne peut ensuite qu’y rester un certain temps puis en descendre. Nokia est en train de vivre la phase descendante de ce cycle. A l’instar de ce qui est arrivé déjà à IBM dans l’informatique, Toshiba dans les mémoires Dram, Sony dans la télévision ou encore Sharp dans les écrans LCD. Tôt ou tard, l’étoile Apple finira par pâlir au profit d’autres étoiles. D’ailleurs, son baladeur iPod, qui a été son premier grand succès, commence à montrer des signes d’essoufflement, avec des ventes deux fois plus faibles en volume au premier trimestre 2011 qu’au premier trimestre 2010.
De l’iPod à l’iPad, en passant par l’iPhone, Apple aura marqué profondément ce début du 21e siècle. Il nous réserve certainement d’autres belles surprises de nature à bouleverser nos rapports avec la technologie et à banaliser encore davantage les usages numériques. Mais le compte à rebours du déclin ne va pas tarder à s’enclencher. C’est juste une question de temps.
Le hold-up d’Apple sur les composants
Edito | Mots clés: Apple Ecran tactile Pénurie tabletteOn connaît Apple comme une sérieuse menace pour Nokia, Sony, Samsung et autre HP. Mais sa concurrence redoutable ne se limite pas au marché des produits vedettes que la firme à la pomme commercialise : baladeurs, Smartphones et tablettes. Elle touche également l’approvisionnement en composants électroniques.
Ainsi, la célèbre marque dirigée par Steve Jobs s’est arrogé 60% du marché mondial des écrans tactiles. Dans un contexte de pénurie, cela équivaut à un véritable hold-up sur un composant clé des Smartphones et tablettes numériques. La priorité d’accès aux sources d’approvisionnement bénéficie au plus fort. Apple contrôlait en effet 85 % du marché des tablettes en 2010. Les Acer, Asus, Dell, HP, Samsung et autre ViewSonic auront le plus grand mal à lui prendre une part significative du gâteau.
L’inventeur de l’iPod, de l’iPhone et de l’iPad n’en est pas à son premier coup. Au milieu des années 2000, pour répondre au succès foudroyant de ses baladeurs iPod, il n’a pas hésité à s’accaparer près de 40% de la production mondiale des mémoires flash. Au risque d’assécher le marché et d’asphyxier les petits fabricants. Pour garantir la sécurité de ses approvisionnements, le fabricant américain de cartes mémoires SanDisk a dû investir dans une usine commune de mémoires flash avec Toshiba, au Japon.
Désormais, il faudra s’habituer à ce genre de coup et prendre les devants pour éviter d’être victime d’une pénurie. Car Apple est devenu un géant de l’industrie électronique à la voracité énorme en matière de composants. En 2010, il s’est hissé au troisième rang des plus gros consommateurs de semi-conducteurs dans le monde, derrière HP et Samsung, mais devant Nokia qui a rétrogradé à la quatrième place.
Quand l’informatique s’enrhume
Edito | Mots clés: Apple Steve JobsSteve Jobs tousse et c’est toute l’informatique qui s’enrhume. Son départ en congé maladie suscite à nouveau des inquiétudes sur l’avenir d’Apple. En témoigne la baisse du titre de la firme à pomme, jusqu’à –10%, dans des bourses européennes.
Rarement un dirigeant aura autant marqué son entreprise. Le destin d’Apple est intimement lié à cet homme de 55 ans. Quand il reprend les rênes de l’entreprise en 1997, elle est en pleine déconfiture. En moins de 10 ans, il en fait la grande star des technologies de l’information avec aujourd’hui la troisième valorisation boursière au monde, derrière Exxon Mobil et Petrochina, mais devant Microsoft et Google.Â
Visionnaire, Steve Jobs est incontestablement un génie exceptionnel. Il a compris très tôt le rôle primordial de l’interface utilisateur et du logiciel dans l’innovation. Il a su aussi saisir l’opportunité de la numérisation de l’électronique grand public pour créer des produits à grand succès : la baladeur iPod, le smartphone iPhone et la tablette iPad. Et pour imposer ses produits sur le marché, il a inventé un modèle industriel hyper astucieux associant matériels et applications en ligne.
Alors qu’Apple se prépare à lancer l’iPad 2 (une version plus petite de l’iPad) et l’iPhone 5, on peut s’interroger sur l’avenir de l’entreprise sur le long terme. Ce succès insolent va-t-il perdurer ? Cet incroyable esprit d’innovation va-t-il se perpétuer ? Après l’iPod, l’iPhone et l’iPad, quelle vont-être les prochaines surprises technologiques ? Difficile de répondre. Mais une chose est sûre : Apple sans Steve Jobs ne sera plus la même entreprise. On l’a vu déjà avec Sony. La perte en 1999 de son charismatique PDG-fondateur, Akio Morita, a été le point de départ du déclin d’une entreprise mythique qui a marqué l’électronique grand public.
Les limites de l’intégration horizontale
Edito | Mots clés: Apple iphone 4 modèle horizontalOn parle beaucoup des entreprises sans usines, ces fabless qui reposent entièrement sur la sous-traitance pour la fabrication de leurs produits. On parle moins des entreprises sans bureau d’études, qui sous-traitent également la conception et le développement. Ce modèle industriel d’intégration horizontale a aujourd’hui le vent en poupe. Banalisé d’abord dans la micro-informatique, il s’étend petit à petit dans l’électronique, l’électroménager, les meubles, le jouet, l’habillement … et commence à toucher la télévision à écran plat.
Apple en est le meilleur représentant. La firme à la pomme se concentre sur les deux bouts de la chaine de valeur : d’un coté, le design et le logiciel, de l’autre, la commercialisation. Entre les deux, tout est sous-traité auprès d’entreprises taïwanaises ou chinoises. Flexibilité, réactivité, productivité… On a beaucoup vanté les mérites de ce modèle industriel « léger ». Au point que même des grands industriels comme Philips, Toshiba ou Sony, naguère apôtres inconditionnels de l’intégration verticale, qui consiste à tout maîtriser en interne de A à Z, ont fini par succomber à son charme.
Seulement voilà  : ce modèle n’a pas que des avantages. Il présente également des inconvénients et pas des moindres. La perte de la maîtrise de la qualité en est le plus important. On le voit dans la micro-informatique où le taux de pannes des PC portables dépasse les 20% au cours des deux premières années d’utilisation.
Apple vient d’en faire les frais. L’iPhone 4, lancé le 24 juin dernier, est censé conforter sa position sur le marché en fort développement des smartphones. Les premiers utilisateurs ont la désagréable surprise de rencontrer des coupures de communication téléphonique à cause d’un problème d’antenne. Manifestement, c’est un défaut de conception qui aurait dû être détecté lors des tests. Mais comme ces tâches sont externalisées, le problème semble être passé inaperçu.
Cet incident risque de ternir l’image d’Apple. Il pourrait aussi refroidir certains industriels et tout particulièrement les Japonais, viscéralement attachés à la qualité. D’autant plus que ce modèle pèche par son laxisme en matière d’environnement. Dans son classement des entreprises de la high-tech, Greenpeace place Apple parmi celles qui intègrent le moins l’écologie dans ses produits.
Ceci va-t-il favoriser un retour au vieux modèle industriel d’intégration verticale ? C’est peu probable. Mais il va pousser les industriels à s’impliquer dans les choix de conception et à être plus vigilants sur deux aspects : la qualité et l’écologie. Il en va de leur image à long terme.






