La nouvelle a fait l’effet d’une bombe. Elle a de quoi faire réfléchir tous les industriels. Apple serait devenu le numéro Un mondial des téléphones mobiles, un titre solidement détenu depuis 1998 par Nokia. Selon le cabinet Strategy Analytics, ses ventes d’iPhone ont atteint près de 12 milliards de dollars au premier trimestre 2011, contre 9,4 milliards de dollars pour les ventes du constructeur finlandais. En volume, Nokia reste en tête en vendant presque trois fois plus d’appareils que son concurrent américain. Mais en recettes, il lui cède sa couronne.
L’ascension fulgurante d’Apple a de quoi faire rêver. En seulement 4 ans, et avec un seul produit (l’iPhone), la firme de Steve Jobs a réussi à se hisser au sommet et à détrôner des fabricants historiques que l’on croyait indétrônables. Alors jusqu’où ira la firme à la pomme ? Quelle sera la prochaine étape de son succès ? C’est difficile de le prévoir. Mais une chose est sûre : Apple a encore un avenir brillant. Il maîtrise à merveille le marketing et sait associer la technologie, le design et l’ergonomie dans une combinaison attrayante pour le consommateur. Il est entré dans un cycle vertueux où la valeur de la marque lui donne l’avantage de mieux vendre ses produits que ses concurrents, même s’ils sont plus chers et moins performants.
Mais tout succès a une fin. Et quand on atteint le sommet, on ne peut ensuite qu’y rester un certain temps puis en descendre. Nokia est en train de vivre la phase descendante de ce cycle. A l’instar de ce qui est arrivé déjà à IBM dans l’informatique, Toshiba dans les mémoires Dram, Sony dans la télévision ou encore Sharp dans les écrans LCD. Tôt ou tard, l’étoile Apple finira par pâlir au profit d’autres étoiles. D’ailleurs, son baladeur iPod, qui a été son premier grand succès, commence à montrer des signes d’essoufflement, avec des ventes deux fois plus faibles en volume au premier trimestre 2011 qu’au premier trimestre 2010.
De l’iPod à l’iPad, en passant par l’iPhone, Apple aura marqué profondément ce début du 21e siècle. Il nous réserve certainement d’autres belles surprises de nature à bouleverser nos rapports avec la technologie et à banaliser encore davantage les usages numériques. Mais le compte à rebours du déclin ne va pas tarder à s’enclencher. C’est juste une question de temps.







