Vous vous croyez protégés lorsque vous consultez vos méls à distance, vous effectuez des opérations bancaires en ligne ou vous payez vos achats sur des sites de commerce électronique? Pas si sûr. Selon les informations révélées à l’occasion de la conférence Ekoparty sur la sécurité informatique, qui s’est déroulée la semaine dernière à Buenos Aires, en Argentine, le protocole SSL (Secure Socket Layer) aurait été craqué. Ce protocole est le fondement même de la confiance sur Internet. Développé à l’origine par Netscape, le père du premier navigateur Internet, il sécurise les échanges de données sensibles entre serveurs Web et postes clients en les faisant transiter par un tunnel protégé. Il équipe tous les navigateurs Internet du marché.
Certes, seule la version 1.0 du protocole cryptographique TLS (Tranport Layer Security), à la base du bouclier SSL, serait concernée. Mais il s’agit de la version utilisée aujourd’hui par la grande majorité des sites Web. Le craquement est l’œuvre, non pas de pirates, mais de deux chercheurs en sécurité informatique. Par leur démonstration, ils veulent pointer l’inefficacité du système. Voilà de quoi semer la panique dans le monde Internet et inquiéter au plus haut point les banques, les sites d’e-commerce et les entreprises dont le système d’information est accessible à distance par les collaborateurs.
L’enjeu économique est énorme. Selon la Fevad, le syndicat professionnel de la vente à distance, le commerce en ligne a représenté en France un chiffre d’affaire de 17,5 milliards d’euros au premier semestre 2011, en augmentation de 20 % par rapport au premier semestre 2010. Au niveau mondial, l’e-commerce devrait générer un chiffre d’affaires de 680 milliards de dollars en 2011.
Avec le craquement du protocole SSL, le fléau de l’insécurité sur Internet pourrait franchir une étape dangereuse et menacer ce marché. Alors que faire ? Le monde Internet est condamné à une course technologique. Passer à une version récente du protocole SSL (les versions 1.1 et 1.2 de TLS) est de nature à offrir un répit. Mais pour combien de temps ? Sans compter l’énorme travail à faire pour rendre les sites Web compatibles avec ces versions.
Face à ce problème, la technologie a ses limites. Elle n’offre qu’une protection temporaire jusqu’à ce que les pirates trouvent les moyens de la briser. Il n’existe pas de solution miracle en mesure d’apporter une sécurité à 100 % tout le temps. Il faudra apprendre à vivre avec cette menace à l’esprit sans pour autant céder à la panique. L’insécurité se gère aussi par le comportement de chacun sur Internet.







