Ne parlez plus de prix Nobel mais de co-prix Nobel ! Depuis quelques années maintenant, les lauréats du célèbre prix suédois ne sont plus des individus isolés dont le seul génie et le seul travail aurait suffi à changer la face du monde. Ce sont désormais des groupes de chercheurs -et souvent plus !- qui sont récompensés par cette distinction. Le palmarès 2009 ne devrait déroger à cette règle. Le prix Nobel de Médecine a ainsi été attribué à trois chercheurs le 5 octobre pour leurs travaux sur l’enzyme télomérase (qui protège nos cellules du vieillissement).
Cette prime au travail d’équipe est un juste retour des choses. De tout temps (même s’il y avait un capitaine à la barre), les plus grandes découvertes ont toujours été des aventures collectives. Les techniciens qui, à l’ombre des paillasses, préparent les manips, les thésards qui valident ou infirment les hypothèses et les assistants de recherche qui aident à accoucher de la bonne solution… tous sont des faiseurs de Nobel. Pourquoi ? Tout simplement parce que sans leur aide aucun scientifique aussi brillant soit-il arriverait au bout de ses recherches.
Dans le monde où nous vivons, ce paradigme est encore pus vrai. Il ne faut donc plus s’attendre à voir des individus remportés ces palmes académiques mondiales. Les problématiques de plus en plus complexes que nos chercheurs ont à résoudre font appel à une foule de compétences et rendent le travail d’équipe incontournable. Et si cette action collective ralentit le processus, elle permet, à défaut de chercher plus vite, de repousser un peu plus loin le champ de nos connaissances.
Le Nobel du travail d’équipe !
Analyse |Le monde en 2025 vu de Bruxelles
Edito | Mots clés: asie commission européenne futur le monde en 2025 Prospective world in 2025
Quel visage aura notre planète en 2025 ? Quelles tendances impacteront nos sociétés ? Quelle tension cela généra-t-il ? A toutes ces questions, le rapport « The the-world-in-2025-report_enworld in 2025 » tente d’apporter des éléments de réponse. Commandé par la Commission européenne et réalisée par un groupe de travail baptisé (un peu pompeusement) European Foresight Expert Group, ce document permet de tracer, dans les grandes lignes, quelques-unes des problématiques que la planète bleue aura à aborder dans le futur.
Tendance n°1 : l’Asie comme centre de gravité
Le rapport annonce que nous sommes entrés dans le siècle de l’Asie. Concentrant les deux tiers de la population mondiale, elle devrait devenir la première plate-forme de production et d’exportation au monde.
Tendance n°2 : des migrations croissantes
Sur fond de baisse de la population européenne (phénomène programmé pour 2012), 250 millions de personnes vivront dans un autre pays que celui où ils sont nés.
Tendance n° 3 : Développement de l’obésité et de la malnutrition
Alors qu’un tiers de la population mondiale ne devrait pas manger à sa faim en 2012, les pays développés verront augmenter le nombre de personnes atteintes d’obésité.
Tendance n°4 : Vers une extinction des ressources naturelles
Le rapport prédit aussi un affaiblissement général des ressources naturelles. Energie, eau, métaux… tous les domaines seront impactés par ce phénomène de rareté.
L’alliance fait la force
Analyse | Mots clés: alliance pour les sciences cea cnrs Innovation inria inserm technologies
La recherche française est peut être en train de vivre une révolution silencieuse. On la disait scléroser par ses vieux organismes de recherche comme le CNRS, prisonnière de disciplines qui refusaient de chercher ensemble ? Elle se transforme en jouant sans complexe la carte du collectif. Ces derniers mois, sans caméra ni discours provocateurs, Valérie Pécresse, la ministre de la Recherche et de l’Enseignement supérieur, a présidé à la naissance d’alliances de recherche thématiques. Trois ont déjà vu le jour dans les domaines des sciences de la vie et de la santé, des sciences de l’énergie et des sciences de la mer.
L’intérêt de ces regroupements n’est pas seulement d’atteindre une taille critique (indispensable pour s’imposer sur la scène mondiale). Ils permettent aussi de décloisonner des organismes trop centrés sur les disciplines. Ainsi, l’alliance pour les sciences de la vie réunit sous sa bannière l’Inserm, l’Institut Pasteur, le CNRS ou le CEA… mais pas seulement ! L’Inra, l’Inria (le CNRS de l’informatique), l’IRD (spécialiste des pays tropicaux) et la conférence des présidents d’université ont, eux-aussi, adhéré à l’initiative.
Cette transversalité est essentielle car les innovations les plus marquantes, dites de rupture, voient souvent le jour aux confins de plusieurs disciplines scientifiques. Ces alliances, qui mêlent biologiste et informaticien ou énergéticien et électronicien, devraient donc contribuer à révolutionner la manière de chercher en France…
Technologie n’est pas tabou
Analyse | Mots clés: énergie pensée magique sciences humaines tabou Technologie
La techno serait-elle une sorte de nouvelle religion animiste qui érigerait l’innovation au rang de divinité et les ingénieurs au rang de grands-prêtres ?
C’est en somme la question que nous pose Hervé Kempf, journaliste au journal Le Monde dans une tribune baptisée « La pensée magique ». Son propos n’est pas de fustiger la technologie en tant que telle, mais de souligner plutôt ce que nous, les hommes, y investissons.
Selon le journaliste, pour ne pas affronter la réalité en face, nous serions prêts à croire dans une technologie toute puissante, apte à sauver notre civilisation de tous les dangers qui la menace, tel le réchauffement climatique ou les déchets nucléaires. Cette « pensée magique » nous éviterait ainsi de trop penser aux conséquences de nos actes présents.
C’est un peu vite jugé. C’est surtout oublier que les ingénieurs –ce ne fut pas toujours vrai par le passé- ne développent plus des produits pour la beauté du geste, pour la prouesse technologique… mais pour répondre à des problèmes précis. Ils ont renoué en somme avec leurs premiers amours : résoudre des énigmes a priori insolubles grâce à leur créativité et leurs connaissances techniques.
A Industrie & Technologies, nous ne prêchons pas pour une inflation d’innovations, bien au contraire. Mais nous plaidons pour que l’on ne renie pas, sous prétexte d’aversion aux sciences, des pistes technologiques. Selon nous, la techno n’est pas ”la solution” (et ne doit pas être mise sur un piédestal), mais la solution (à des enjeux comme l’énergie ou le réchauffement climatique) passe en partie par le développement de nouvelles technos.
Thibaut de Jaegher
Le Facebook écolo
Edito | Mots clés: communauté facebook écologique partage d'expériences tinkuy
Tinkuy, c’est un peu le Facebook version écolo. Une sorte de réseau social où, en lieu et place des banalités échangées entre « amis » sur le réseau américain, les internautes se refilent des conseils écologiques. Une sorte de concours est même lancé, entre les adhérents de cette plate-forme d’échanges, pour élire chaque semaine LA meilleure pratique écolo des 7 derniers jours. Comme sur Facebook, on trouve « à boire et à manger » sur cette plate-forme de communication… mais il y aussi quelques bonnes idées à prendre. Développé en lien avec des ONG, comme le WWF, Tinkuy propose ainsi des solutions pour mieux trier ses objets côté perso comme côté boulot.
Adoptez un robot !
Edito |Enfin ! Notre gouvernement se penche sur les vrais problèmes de notre industrie. Le ministère, aiguillonné par le syndicat des matériels de production (le Symop), vient de lancer une étude sur le retard des usines françaises en matière d’automatisation.
A en croire les deux partenaires, l’Italie serait deux fois plus équipée que nous en matière de robots et l’Allemagne cinq fois plus. Bref, nos sites de production en seraient encore au travail manuel quand nos voisins manieraient eux les automates.
Si le constat est sévère et doit être pondéré en fonction des secteurs (l’automobile affiche un handicap moindre), je ne peux que confirmer ce constat. Les sites français ont un retard en matière d’organisation industrielle sur leurs voisins. Nos visites d’usines régulières, en France, en Allemagne ou ailleurs, corroborent pleinement ce bilan.
Pourquoi un tel retard ? Première raison : ces vingt dernières années, nos entreprises se sont davantage souciées d’innovation produit que de nouveaux processus (même chez nos constructeurs). En matière de technologies de production, les nouveautés viennent clairement du Japon et d’outre-Rhin… Pas de France. Exemple ? Le soudage laser n’est arrivé que récemment dans les sites automobiles français alors que cette technique est utilisée chez tous les constructeurs allemands depuis quatre ans.
Deuxième raison : dans notre pays, l’équation « robots = destruction d’emplois » est bien vivace… tant du côté des salariés que du côté des patrons. Ces derniers se servent souvent de l’automatisation dans le cadre de plans de réduction drastiques des coûts (souvent accompagnés de réduction de postes). C’est évidemment une erreur car automatiser ses lignes est beaucoup plus efficace dans une phase de croissance. Cela permet d’améliorer la flexibilité, la productivité et l’agilité du site. Pour s’en convaincre, il suffit d’aller voir ce que font les Allemands (je vous conseille d’ailleurs le trophée des meilleures usines qu’organise chaque année L’Usine Nouvelle).
L’initiative du ministère arrive peut-être un peu tard (nous partons avec un lourd handicap) mais est indispensable pour ré-industrialiser la France. Alors, prêt à adopter un robot ?
Les pirogues innovent aussi…
A voir Analyse | Mots clés: bearing point brésil BRIC chine consultant inde innovation dans les pays émergents pays émergents Russie
Connaissez-vous ce conte moderne raconté dans sa dernière lettre stratégique par le cabinet de conseil, Bearing Point ? Intitulé « le paquebot et la pirogue », il tente en 10 pages de nous mettre en garde sur les idées reçues que nous, occidentaux, avons soin d’entretenir autour des entreprises des pays émergents. En somme, nous les verrions comme de bien frêles embarcations (des pirogues) face à nos superbes navires embarquant des milliers d’hommes et de technologies (des paquebots). A priori, le combat semble inégale. Sauf que dans une économie aux eaux mouvementés, l’agilité de la pirogue (et sa rapidité) sont plus efficientes que les grandes manoeuvres imposées par nos paquebots. Le but de cette note du cabinet Bearing Point n’est pas de couler nos entreprises mais de leur révéler toute la créativité, la diversité et la flexibilité des grands industriels des pays émergents, les fameux BRIC (Brésil, Russie, Inde, Chine). Les Tata, Reliance et autres Embraer ont la capacité de développer sans l’appui de services supports sur-développés des produits pas chers, technologiquement innovants et pensés pour leur client (généralement des populations pauvres).
Pour Bearing Point, cet avantage concurentiel ne doit rien au hasard. Le cabinet identifie même 6 facteurs clés de succés pour les « Bric’s entreprises » :
- La main d’oeuvre bon marché
- Des usines à la pointe des dernières innovations technologiques
- La capacité à travailler sans support ou presque (système D)
- la priorité absolue faite au client
- leur culture ancienne
- un enseignement supérieur développé et des étudiants avides d’aller apprendre aux Etats-Unis
En somme, en lisant la dernière page de ce conte moderne bien installée dans la cabine d’un paquebot, on ne peut s’empêcher de se dire : les pirogues aussi savent innover.
Rafale : une vente trop cher payée ?
Analyse | Mots clés: brésil dassault lula rafale transfert de technologies
La France serait l’un des pays les plus flexibles en matière de tranfert de technologies. Nous serions ainsi dotés d’un avantage compétitif de très haut niveau. Ce n’est pas moi qui le dit mais le président brésilien Lula en parlant de l’offre faite par Dassault au Brésil pour l’achat de 36 rafales. L’Hexagone est en effet le seul pays en lice à proposer au dixième pays du monde de lui céder la quasi totalité de ses secrets de fabrication. Le tout en échange d’un contrat de 36 Rafales, dont 30 seraient assemblés au Brésil.
On ne peut que se réjouir que cet avion trouve enfin (!) preneur mais ce transfert de technologie (qui doit encore être confirmé) pose quand même question. Comment allons-nous réussir à garder nos usines en France en signant des contrats qui stipulent que nous n’assemblerons pas en France les produits vendus ? J’ai beau creusé, je n’en vois pas de points positifs. Ni pour les usines de Dassault en France, ni pour celle de ses sous-traitants puisque tout sera fabriqué là-bas.
Nos politiques auront beau jeu ensuite de pleurer sur la désindustrialisation. Pour réenchanter la France industrielle, il ne suffit pas de signer des contrats à l’autre bout du monde au prix fort, celui du transfert de la technologie.






