Aux meilleurs, on ne passe rien. Toyota –le père de l’organisation industrielle moderne (le lean manufacturing)- vient d’en faire les frais puisqu’il voit étaler au grand jour ses malheurs de service après-vente que d’autres marques –plus chanceuses et bien moins exemplaires en termes de qualité- font passer comme une lettre à la poste. Pour l’opinion, ces rappels pour des pédales défectueuses font l’effet d’un choc, elles interviennent comme le révélateur d’une mondialisation et d’une standardisation de plus en plus poussée. Pour ma part, je retiens trois leçons de cette crise que traverse le géant japonais.
1. Le culte de la qualité s’est dilué avec l’internationalisation de Toyota. Au fur-et-à-mesure que le Japonais s’ouvrait sur le monde, son Toyota Production System -inventé dans les années 60 pour être mis en place et appliqué dans des usines japonaises par des ouvriers japonais (ayant le sens du sacrifice)- a perdu peu à peu de sa valeur. S’il a constitué une arme de choix pour faire de l’ancien fabricant de machine à tisser le numéro un mondial de l’automobile, il n’a pu être transposé avec la même acuité qu’au Japon dans les usines turques, polonaises, françaises ou américaines de Toyota. En somme, en faisant de plus en plus d’adepte, le concept de production au plus juste (le lean manufacturing) y a aussi un peu perdu son âme… et sa rigueur.
2. Beaucoup de pouvoir entre les mains des fournisseurs. La volonté de nouer un pacte gagnant-gagnant avec ses fournisseurs se retourne aujourd’hui contre Toyota. Pour les fidéliser et les responsabiliser, il accorde beaucoup de volume à ses sous-traitants… espérant, en échange, un investissement sans retenu de leur part. Problème : en cas de défaut de conception, les conséquences se chiffrent vite en million de voitures. Faute d’avoir su (ou pu) diversifier ses sources d’approvisionnement, le constructeur voit ainsi l’erreur d’un fournisseur se répercuter sur 8 millions de véhicules.
3. Toyota est devenu la marque à abattre. La médiatisation de ce rappel (certes loin d’être négligeable) n’est pas complètement innocente (qui s’est soucié des 4,5 millions de voiture rappelées par Ford en octobre dernier ?). Elle constitue une sorte de revanche pour les américains qui ont vu s’écrouler l’empire automobile de Détroit. En devenant numéro un mondial à la place de GM, le japonais est devenu l’ennemi public numéro un. Ce rappel monstre servant d’exutoire à une rancune bien vivace outre-Atlantique.
tdejaegher









Beaucoup de pouvoir entre les mains des fournisseurs ! voilà une
affirmation qu’il faut, à mon avis, relativiser. Leur pouvoir, en
fait leur devoir, sous peine de mourrir, c’est de trouver, lorsque
le donneur d’ordre demande des réductions de prix, des solutions
techniques fiables. Et bien que ces “améliorations” se fasse en
collaboration avec les constructeurs, elles finissent à la longue
par toucher la qualité du produit. Cette recherche du moindre coût
,est presque toujours, synonyme de moindre qualité.
Cet article est d’une courtisanerie inadmissible envers Toyota. Ne
rejetons pas la faute sur les fournisseurs pressurisés par ce géant
SVP Le défaut est vraiment critique et le vacarme médiatique fait
sur le régulateur d’une Laguna prise en excès de vitesse s’excusant
de n’avoir pas pu ralentir a été bien plus fort.. NON , je trouve
que les médias sont très gentils face à la taille du défaut où il y
a risque de mort tout de même.!!
Cher monsieur, que vous ne soyez pas d’accord avec mon analyse ne
me gêne pas. Mais je n’accepte pas en revanche que vous me taxiez
de courtisanerie. J’essaye juste d’analyser froidement pourquoi
Toyota en est arrivé là. Je crois pointer ses erreurs (notamment
dans sa manière de déployer son système qualité) mais je me dois
aussi de dire que le fait de confier la fabrication d’un composant
(repris sur 8 modèles différents) à un seul fournisseur est pour le
moins hasardeux. Toyota a ses torts, les fournisseurs aussi. Le
donneur d’ordre ne doit pas toujours seul endosser la
responsabilité des erreurs commises…
Qu’est-ce qui se passe actuellement pour TOYOTA sera fortement
exploitées par des sociétés américaines et européenne pour
augmenter leurs ventes aux marchés mondiaux.