Télévision : quelle évolution pour la TNT ? : La Rédactrice en chef d\'Industrie & Technologies Muriel de Véricourt vous présente son regard sur la technologie d\'hier, d\'aujourd\'hui et de demain.

Télévision : quelle évolution pour la TNT ?

Le 19/09/2011 | Edito
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On n’arrête pas le progrès, on le sait. Mais dans la télévision, le refrain risque de laisser un goût amer aux spectateurs. Alors que la France se prépare à éteindre les derniers émetteurs analogiques, le 30 novembre 2011, l’avenir de la TNT fait débat autour de deux questions : faut-il généraliser le format de compression numérique Mpeg-4, et faut-il passer à la technologie de télédiffusion numérique DVB-T2, une évolution de la technologie DVB-T à la base de la TNT actuelle ? Dans son rapport remis au gouvernement la semaine dernière, Michel Boyon, président du Conseil supérieur de l’audiovisuel, répond par un double oui. Et il préconise d’imposer cette transition entre 2015 et 2016.

Aujourd’hui, la TNT combine deux formats de compression numérique : Mpeg-2 pour les  chaines gratuites en définition standard, et Mpeg-4 pour les chaines payantes et les 5 chaines en haute définition (TF1, France 2, Canal+ en clair, Arte et M6). Cette situation résulte de la décision en 2004 de Jean-Pierre Raffarin, alors Premier ministre.  Mpeg-4 est aujourd’hui 2 à 2,5 fois plus efficace que Mpeg-2. Sa généralisation favoriserait le développement de la haute définition et se traduirait par un gain de qualité pour le spectateur. Elle demanderait peu d’adaptation puisque plus de 80 % des téléviseurs en services en 2015 devraient disposer d’un tuner compatible avec le format Mpeg-4.

Le passage à la technologie de télédiffusion DVB-T2 est une autre histoire. Aucun téléviseur sur le marché ne l’intègre aujourd’hui. Il faudrait donc que la plupart des foyers s’équipent d’un décodeur DVB-T2. Selon le rapport de Michel Boyon, cette transition devrait être couplée avec l’arrêt de Mpeg-2 afin de permettre à l’ensemble des chaines de TNT diffusées en définition standard de passer à la haute définition. Mais l’intérêt est surtout pour l’Etat qui pourra ainsi récupérer des fréquences et les vendre à prix d’or pour les opérateurs télécoms. En effet, la technologie DVB-T2 nécessite 30 à 50 % moins de fréquences que la technologie DVB-T pour transmettre le même débit de données.

Seulement voilà : on parle des évolutions d’après avec le format de compression HEVC et la technologie de  télédiffusion DVB-NGH. De quoi obliger les spectateurs à adapter encore une fois leur matériel. Alors pourquoi ne pas attendre que ces technologies soient au point pour réaliser un saut technologique? La question est posée. Il n’est pas sûr que le Premier ministre François Fillon l’entende.

Ridha Loukil

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