Redressement productif : La Rédactrice en chef d\'Industrie & Technologies Muriel de Véricourt vous présente son regard sur la technologie d\'hier, d\'aujourd\'hui et de demain.

Redressement productif

Le 22/05/2012 | Edito

On a beau essayer, depuis six jours, de s’y accoutumer, l’intitulé du nouveau ministère de l’industrie continue à sonner étrangement aux oreilles. Sans doute du fait des associations d’idées qu’il provoque, évocations d’une économie administrée, voire planifiée, si ce n’est franchement orwellienne. Est-il bien raisonnable de vouloir susciter le retour de la croissance et de l’emploi industriel par décret ? Mais au-delà de ces troublants échos, retenons une bonne nouvelle : l’industrie, placée au cœur des débats entre candidats pendant une campagne électorale rythmée par les menaces de fermetures d’usines, n’a pas été oubliée dès le soir du deuxième tour – François Hollande a même pris soin de préciser dans son tout premier discours qu’il tenait le redressement de la production pour l’une de ses priorités.

Pour aller au-delà des mots, le défi qui attend Arnaud Montebourg est de taille. Le défenseur de la « démondialisation » et du « patriotisme industriel », envoyé spécial de François Hollande dans les entreprises touchées par un plan social pendant la campagne, a souhaité, lors de sa prise de fonction, faire de son ministère celui de la « reconquête » des emplois industriels détruits. Pour ce faire, il devra faire preuve de réalisme. Notamment en actant l’interdépendance étroite des économies nationales et le fait que le succès des entreprises implantées sur notre territoire dépend pour une large part …de leurs clients et de leurs fournisseurs à l’international. C’est le sens de l’avertissement que lui a adressé dès mercredi la Confédération générale des petites et moyennes entreprises, dont le président a été reçu hier au ministère, ainsi que plusieurs représentants des syndicats et la présidente du Medef Laurence Parisot.

Formons un vœu : celui que l’attention –légitime- portée aux installations vieillissantes ou menaçant de fermer n’empêche pas le ministre de s’intéresser aussi aux ruptures technologiques, susceptibles de créer de la valeur. Que la volonté de conjurer la relégation dans le passé de pans entiers de notre activité industrielle aille de pair avec une politique ambitieuse, capable de catalyser l’émergence de secteurs novateurs, prometteurs pour l’avenir. Que l’importance, pour le maintien des lignes de production, du dynamisme des centres de R&D soit bel et bien mise en exergue, reconnue et soutenue. Le rôle de Fleur Pellerin, ministre déléguée aux PME, à l’Innovation et à l’Economie numérique, sera déterminant à cet égard. Autre acteur-clé : la ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche, Geneviève Fioraso. Qui préconisait hier, lors d’une visite au Cnrs, de  « maintenir une fiscalité privilégiée pour toute entreprise innovante en croissance” , à condition que ces sociétés favorisent l’emploi et ne délocalisent pas  leurs départements de R&D. Une feuille de route pour un redressement technologique, en quelque sorte.

Muriel de Véricourt

bulle Reactions
  1. jack71 | 23 mai 2012 à 7:13

    Du discours et de l’action ;
    Rien de mieux qu’un “bavard” pour discourir sur le redressement productif et des actes augmentation du smic ,des prélèvements ,des fonctionnaires..pour accélérer notre disparition.
    Et si par hasard nous disposions d’une avance technologique et industrielle dans un secteur comme le nucléiare empressons nous d’annoncer une fermeture de centrale pour faire savoir au monde entier que nous n’y croyons pas..

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