La France aime trop le béton et pas assez l’innovation. Dans notre éditorial du mois de mars, IT tirait déjà la sonnette d’alarme pour fustiger les 1000 chantiers de la relance plus prompts à soutenir les infrastructures que les labos. L’OCDE vient de nous donner raison en publiant une étude (à consulter ici) qui compare, sur la base de trois critères de R&D, les plans de relance d’un certain nombre de pays dans le monde.
Que dit ce rapport ? Que le niveau du plan français, tant en valeur absolue qu’en valeur relative (en pourcentage du PIB), est ridiculement faible comparé à ses homologues notamment en ce qui concerne la recherche et le développement. La partie R&D du plan français serait ainsi 28 fois inférieure à celle des Etats-Unis, 22 fois moindre que celle de l’Allemagne et 17 fois plus faible que celle du Portugal. Si on laisse de côté cette comparaison relative pour se plonger cette fois dans les valeurs absolues, le bilan n’est pas plus reluisant. En additionnant R&D, green techs et éducation, les mesures mises en place par la France pour l’innovation au sens large, n’atteignent même pas le milliard d’euros (807 millions d’euros exactement). Dans le même temps, l’Allemagne met sur la table 21,6 milliards d’euros (!) et le Portugal 1,2 milliards.
Ce retard est inquiétant mais pas inéluctable. Le grand emprunt d’Etat, annoncé par Nicolas Sarkozy fin juin et dont les objectifs restent à définir, pourrait être le véhicule apte à mener à bien un plan de relance « spécial innovation ». Pour qu’il soit efficace, le gouvernement devra mouiller la chemise et définir des priorités claires et précises. L’exercice est délicat. Pour ne pas prendre -trop- de risques, la tentation du « big is beautiful » pourrait s’imposer et conduire nos ministres à soutenir les grands secteurs. Ce serait une erreur. Le but d’un tel plan n’est pas de perfuser nos industries traditionnelles mais de dénicher nos pépites cachées, nos « Google » en devenir.
tdejaegher








