Ce n’est pas encore un procès en sorcellerie mais quelque part cela y ressemble. On retrouve dans le débat national organisé pour démystifier les nanotechnologies autant d’irrationnel dans les accusations portées contre l’infiniment petit que dans celles lancées au Moyen-âge contre des femmes qualifiées hâtivement de sorcières. Aujourd’hui les nanos sont cloués au pilori, hier c’était les OGM, et demain c’est la technologie tout entière qui pourrait être suspectée de porter ”le mal”.
Ce retournement est inquiétant. Après avoir bénéficié pendant près d’un siècle d’une aura unique, la technologie et la science se retrouvent au banc des accusés. On fait d’elles les symboles d’une société folle où la machine aurait pris le pas sur l’homme. Ces jugements, teintés de peur, sont biaisés. Ils érigent la technologie en idéologie. C’est lui faire beaucoup d’honneur !
Les technologies sont avant tout des objets et ne portent pas en elles de projets de société. Elles n’imposent pas de mode de gouvernement. Mais, selon leur application, leur usage et la place qu’on veut bien leur donner, elles impactent le ”vivre ensemble”. Avec plus ou moins de bonheur. Si la mise en place des e-mails a facilité la communication, elle l’a aussi dépersonnalisé. Le développement du téléphone portable constitue un fil à la patte mais contribue à sauver des vies par sa capacité à être utilisé n’importe où (ou presque…).
Est-ce que cela veut dire que nous devons refuser toute innovation sous prétexte qu’elle bouscule nos schémas de pensée, nos modes de vie ? Est-ce que nous devons passer sous silence tous les bénéfices attendus des avancées scientifiques ? Non, bien au contraire. Nous devons nous servir de la technologie comme d’un aiguillon pour questionner les valeurs qui font le socle de notre société. Abusons d’elle en mettant la technologie au coeur de nos débats. Mais ne l’accusons pas des maux que nous nous forgeons.
tdejaegher









Ca ne change pas, toujours la même démarche : le bouc émissaire. Au
lieu de la responsabilisation morale de l’homme, on prétend que
c’est la technique ou la société ou je ne sais quoi d’autre qui le
pervertit. Nul.
[...] This post was mentioned on Twitter by jérémy dumont, jean
louis Frechin, Emmanuelle Delsol, Blogs Usine Nouvelle, Thibaut De
Jaegher and others. Thibaut De Jaegher said: [BLOG] Qui a peur de
la technologie ?: Ce n’est pas encore un procès en sorcellerie mais
quelque part cela y resse… http://bit.ly/cSLEp0 [...]
Malraux parlait des Traditions qui nous courbaient sous la loi des
morts! Nous allons maintenant être sous la loi des Vieux avec le
principe de Peur appellé Précaution! Tout comme les 35 heures cela
va convenir à nos concurrents etrangers qui trouvent chez nous
leurs “idiots utiles”
L’innovation peut être vue comme une mise à disposition sur le
marché d’un nouveau service, le service pouvant être rendu à
travers un nouveau produit. Mise à disposition, elle peut
bouleverser les habitudes en permettant aux consommateurs de
nouveaux comportements. Son impact se fait directement sur nos
façons de vivre, sur l’organisation de notre société. On le voit de
part l’utilisation des nouvelles technologies de l’information, on
ne se déplace plus, même au supermarché sans son téléphone
portable, la communication professionnelle par mail a explosée, les
médias ne sont plus le seul vecteur d’information au profit des
blogs ou diffusion de films réalisés par des individus sur
internet. Dans le monde d’aujourd’hui, où les échanges se sont
ouvert mondialement, où la compétition est devenue planétaire, il
serait suicidaire de ne pas innover. Une société qui n’innoverait
pas deviendrait rapidement un société en retard obligée d’importer,
son moteur de croissance n’aurait plus la possibilité de profiter
de la nouveauté, les barrières d’accès à celle-ci pouvant être sous
forme de protection intellectuelle ou de savoir-faire. Il faut voir
deux niveaux de craintes dans l’innovation: les changements
apportés sur nos modes de vie et le risque d’une économique
dépendante. La technologie quand à elle, n’est pas l’innovation,
elle en fait partie. Utilisée pour le développement et la mise à
disposition de nouveaux services, elle peut être considérée comme
un progrès en soi, mais en même temps elle peut parfois présenter
un facteur de risque, comme l’impact micro-ondes des téléphones
portables ou encore de différents conservateurs utilisés dans les
cosmétiques, sur la santé humaine. Peut-on et doit-on réellement
éviter tout risque lors du développement d’une nouvelle technologie
? Il le faudrait, bien évidement, mais le temps et les retours sur
expérience ne le permettent pas. Les validations au final ne se
font qu’à grande échelle, lorsqu’un produit est sur le marché
depuis plusieurs années et que l’on a la lecture de son impact sur
l’environnement. Si nous voulons de la nouveauté, de nouveaux
services et une nouvelle économie, nous devons en assumer le prix,
soit par des études plus poussées pour repousser les limites de nos
connaissances, soit en acceptant la part de risque qui est liée à
la nouveauté. sbrogly