Qui a peur de la technologie ? : Le Rédacteur en chef d\'Industrie & Technologies Ridha Loukil prend la parole vous présente son regard sur la technologie d\'hier, d\'aujourd\'hui et de demain.

Qui a peur de la technologie ?

Le 31/01/2010 | Edito

Ce n’est pas encore un procès en sorcellerie mais quelque part cela y ressemble. On retrouve dans le débat national organisé pour démystifier les nanotechnologies autant d’irrationnel dans les accusations portées contre l’infiniment petit que dans celles lancées au Moyen-âge contre des femmes qualifiées hâtivement de sorcières. Aujourd’hui les nanos sont cloués au pilori, hier c’était les OGM, et demain c’est la technologie tout entière qui pourrait être suspectée de porter ”le mal”.

Ce retournement est inquiétant. Après avoir bénéficié pendant près d’un siècle d’une aura unique, la technologie et la science se retrouvent au banc des accusés. On fait d’elles les symboles d’une société folle où la machine aurait pris le pas sur l’homme. Ces jugements, teintés de peur, sont biaisés. Ils érigent la technologie en idéologie. C’est lui faire beaucoup d’honneur !

Les technologies sont avant tout des objets et ne portent pas en elles de projets de société. Elles n’imposent pas de mode de gouvernement. Mais, selon leur application, leur usage et la place qu’on veut bien leur donner, elles impactent le ”vivre ensemble”. Avec plus ou moins de bonheur. Si la mise en place des e-mails a facilité la communication, elle l’a aussi dépersonnalisé. Le développement du téléphone portable constitue un fil à la patte mais contribue à sauver des vies par sa capacité à être utilisé n’importe où (ou presque…).

Est-ce que cela veut dire que nous devons refuser toute innovation sous prétexte qu’elle bouscule nos schémas de pensée, nos modes de vie ? Est-ce que nous devons passer sous silence tous les bénéfices attendus des avancées scientifiques ? Non, bien au contraire. Nous devons nous servir de la technologie comme d’un aiguillon pour questionner les valeurs qui font le socle de notre société. Abusons d’elle en mettant la technologie au coeur de nos débats. Mais ne l’accusons pas des maux que nous nous forgeons.

tdejaegher

bulle Reactions
  1. rachat prêt | 2 février 2010 à 7:59

    Ca ne change pas, toujours la même démarche : le bouc émissaire. Au
    lieu de la responsabilisation morale de l’homme, on prétend que
    c’est la technique ou la société ou je ne sais quoi d’autre qui le
    pervertit. Nul.

  2. [...] This post was mentioned on Twitter by jérémy dumont, jean
    louis Frechin, Emmanuelle Delsol, Blogs Usine Nouvelle, Thibaut De
    Jaegher and others. Thibaut De Jaegher said: [BLOG] Qui a peur de
    la technologie ?: Ce n’est pas encore un procès en sorcellerie mais
    quelque part cela y resse… http://bit.ly/cSLEp0 [...]

  3. broquere | 4 février 2010 à 18:04

    Malraux parlait des Traditions qui nous courbaient sous la loi des
    morts! Nous allons maintenant être sous la loi des Vieux avec le
    principe de Peur appellé Précaution! Tout comme les 35 heures cela
    va convenir à nos concurrents etrangers qui trouvent chez nous
    leurs “idiots utiles”

  4. sbrogly | 14 février 2010 à 9:36

    L’innovation peut être vue comme une mise à disposition sur le
    marché d’un nouveau service, le service pouvant être rendu à
    travers un nouveau produit. Mise à disposition, elle peut
    bouleverser les habitudes en permettant aux consommateurs de
    nouveaux comportements. Son impact se fait directement sur nos
    façons de vivre, sur l’organisation de notre société. On le voit de
    part l’utilisation des nouvelles technologies de l’information, on
    ne se déplace plus, même au supermarché sans son téléphone
    portable, la communication professionnelle par mail a explosée, les
    médias ne sont plus le seul vecteur d’information au profit des
    blogs ou diffusion de films réalisés par des individus sur
    internet. Dans le monde d’aujourd’hui, où les échanges se sont
    ouvert mondialement, où la compétition est devenue planétaire, il
    serait suicidaire de ne pas innover. Une société qui n’innoverait
    pas deviendrait rapidement un société en retard obligée d’importer,
    son moteur de croissance n’aurait plus la possibilité de profiter
    de la nouveauté, les barrières d’accès à celle-ci pouvant être sous
    forme de protection intellectuelle ou de savoir-faire. Il faut voir
    deux niveaux de craintes dans l’innovation: les changements
    apportés sur nos modes de vie et le risque d’une économique
    dépendante. La technologie quand à elle, n’est pas l’innovation,
    elle en fait partie. Utilisée pour le développement et la mise à
    disposition de nouveaux services, elle peut être considérée comme
    un progrès en soi, mais en même temps elle peut parfois présenter
    un facteur de risque, comme l’impact micro-ondes des téléphones
    portables ou encore de différents conservateurs utilisés dans les
    cosmétiques, sur la santé humaine. Peut-on et doit-on réellement
    éviter tout risque lors du développement d’une nouvelle technologie
    ? Il le faudrait, bien évidement, mais le temps et les retours sur
    expérience ne le permettent pas. Les validations au final ne se
    font qu’à grande échelle, lorsqu’un produit est sur le marché
    depuis plusieurs années et que l’on a la lecture de son impact sur
    l’environnement. Si nous voulons de la nouveauté, de nouveaux
    services et une nouvelle économie, nous devons en assumer le prix,
    soit par des études plus poussées pour repousser les limites de nos
    connaissances, soit en acceptant la part de risque qui est liée à
    la nouveauté. sbrogly

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