Les terres rares font l’objet d’une grande bataille industrielle et politique. Face aux restrictions à d’exportation imposées par la Chine dans ce domaine, les Etats-Unis, l’Union européenne et le Japon ont porté plainte auprès de l’Organisation mondiale du commerce. L’Empire du milieu, aujourd’hui en situation de monopole avec 97 % de la production mondiale, est accusé de violer les règles du commerce international en limitant ses exportations de terres rares à 30 000 tonnes en 2012.
Les terres rares sont 17 métaux indispensables à des produits High Tech tels que les écrans plats, les batteries ou les cellules solaires. Ils sont aussi au cœur des moteurs électriques synchrones, des pots catalytiques ou encore des haut-parleurs. Le développement du véhicule électrique, des panneaux photovoltaïques et des éoliennes se traduit par une explosion de la demande qui fait planer un sérieux risque de pénurie. D’où la politique de restriction imposée par la Chine à l’exportation.
Alors que peuvent faire les Occidentaux et les Japonais ? Pour leurs industriels, la gestion des terres rares est un véritable casse-tête. En réduire la consommation ? C’est possible en revoyant la conception des produits et en optimisant les procédés de fabrication. Mais cette voie ne ferait que diminuer leur dépendance vis-à-vis de ces matériaux stratégiques, pas la supprimer. Développer le recyclage ? C’est une solution intéressante. Mais elle n’est pas toujours viable du point de vue économique. Sans compter tous les problèmes techniques à lever. Reste enfin la substitution partielle ou totale par des matériaux moins rares. C’est une voie d’avenir, la seule à libérer les industriels de leur dépendance vis-à-vis de la Chine. Mais elle demande encore beaucoup de recherche et du temps pour qu’elle devienne une réalité.
En attendant, Occidentaux et Japonais doivent apprendre à gérer la rareté, trouver un accord de partage équitable des ressources avec les Chinois et développer des sources alternatives d’approvisionnement. Le Kazakhstan apparait à cet égard prometteur. Un centre franco-kazakh de recherche sur les terres rares a été créé en 2011. Il faudrait multiplier ce genre d’initiative si on veut éviter à nos industriels de souffrir de la pénurie qui les guette.
Ridha Loukil








