Débattre ce n’est pas combattre. Débattre, c’est partager son point de vue, comprendre celui de son interlocuteur, entendre les nuances, apprivoiser la complexité d’un sujet sans a priori. Sans se donner un ordre du jour à respecter ou un objectif à atteindre. Mais, force est de constater que ces principes de dialogue ont tout simplement été battus en brèche lors du grand débat national organisé autour des nanotechnologies. Par trois fois au moins, la consultation a tourné court à Grenoble, Rennes ou Lyon. Sans chercher à imputer à une partie ou l’autre la responsabilité de ces pugilats, trois leçons sont à retenir de cet échec.
1. La culture du consensus n’existe toujours pas en France. S’il y a débat, il doit y avoir forcément un vainqueur. C’est-à-dire un parti qui impose ses vues de manière unilatérale à l’autre. Les scientifiques, drapés dans leur connaissance, sourient souvent face aux arguments de citoyens forcément amateurs en matière d’infiniment petit mais légitimement inquiets. Quant aux associations, comme les amis de la Terre ou le collectif Pièces et mains d’œuvre, elles surfent sur les peurs et en profitent pour exiger un moratoire sur ces technologies, jugées dangereuses a priori.
2. Un débat ne saurait être téléguidé… comme ce fut le cas pour ce débat autour des nanotechnologies. Les consultations organisées en région ont été systématiquement encadrées par un ordre du jour précis, mettant généralement en valeur le savoir-faire nanotechnologique de la région hôte. En apparence, tout le monde avait voix au chapitre, mais, dans les faits la parole a été très canalisée… en laissant de côté les appréhensions des concitoyens face aux promesses de l’infiniment petit.
3. L’aversion au risque, enfin, ne cesse de croître dans notre pays. Pour la première fois en France, le débat sur les nanos nous donnait l’occasion d’appliquer vraiment le principe de précaution en décidant sereinement et collectivement des risques que nous acceptions de prendre au regard des opportunités que recelait la technologie. Mal compris et mal appliqué, le principe a, au contraire, laissé penser à un nombre croissant de personnes qu’en cas de doute sur une technologie il valait mieux s’abstenir et cesser là toute recherche. Ce malentendu pourrait s’avérer extrêmement coûteux à terme pour la capacité d’innovation de notre pays.
tdejaegher









[...] This post was mentioned on Twitter by De Jaegher Thibaut,
Thibaut De Jaegher. Thibaut De Jaegher said: [BLOG]
Nanotechnologies : débat ou combat ?: Débattre ce n’est pas
combattre. Débattre, c’est.. http://bit.ly/5AWBns [...]
Le pricinpe de précaution c’est la loi des Vieux contre le
changement ! A contrario les Mandarins ont longtemps fait ce qu’ils
voulaient sans contrôle. Au final l’arbitrage ‘démocratique’ ira au
plus facile applaudi par les ignares sauf s’il y a quelque part en
France de la clairvoyance et du courage. La probabilité est en
faveur des USA et de la Chine, pauvres de nous encore une fois!
“L’aversion au risque” à laquelle vous faites référence dissimule
sans doute, bien souvent, un malaise plus profond, un malaise de
civilisation…