Affaire Renault : les failles cachées de nos usines : Le Rédacteur en chef d\'Industrie & Technologies Ridha Loukil prend la parole vous présente son regard sur la technologie d\'hier, d\'aujourd\'hui et de demain.

Affaire Renault : les failles cachées de nos usines

Le 19/01/2010 | Analyse
Carlos Ghosn Président-Directeur Général de Renault - Assemblée Générale des actionnaires le 6 mai 2009 à Paris.

Carlos Ghosn Président-Directeur Général de Renault - Assemblée Générale des actionnaires le 6 mai 2009 à Paris.

Gesticulations et effets de manche auront duré toute la semaine. Pour, au final, se solder par de bien faibles avancées. La polémique, « l’Affaire Renault » comme la nomme certains éditorialistes, a finalement débouché sur de bien piètres concessions au sortir du week-end. De la controverse née de la volonté du constructeur français de confier à son site turc la production de sa Clio quatrième génération, Carlos Ghosn, le président de la marque au losange, s’en sera sorti au prix d’engagements bien vagues… en concédant que la Clio IV serait aussi produite sur le site de Flins, sans préciser quelle sera l’ampleur de la production.

Cette agitation médiatique -si elle a le mérite de placer l’industrie au cœur des débats- masque aussi les failles cachées de l’appareil industriel français. Le constat est peut être dur mais véridique : les usines françaises de nos deux constructeurs nationaux sont déclassées. Machines désuètes, bâtiments décrépis, investissement au compte-goutte… Les sites français font pâle figure face aux sites étrangers des autres constructeurs (allemands notamment) mais pas seulement. Dans leur propre groupe, ils ne soutiennent plus la comparaison. Chez Renault, la meilleure usine du groupe en termes de qualité est celle de Bursa en Turquie, celle-là même qui devrait produire la Clio IV. Chez PSA, c’est la slovaque Trnava qui joue les leaders.

Cette érosion de la qualité de nos usines a été insidieuse et lente. Les charges -trop lourdes et les « impôts imbéciles »- ont pesé sur le développement de nos sites. La taxe professionnelle, qui grevait l’investissement, a sans aucun doute été un boulet au pied de beaucoup de sites de production français. Mais l’argument des seules charges (jusqu’à 10% du prix final d’une voiture quand même) est un peu court. L’autre grand handicap des sites français trouve sa source dans le déficit d’innovation technologique. Concentrés sur l’innovation produit, ils n’ont pas vu qu’une partie de la bataille se gagnait aussi en usine, sur les lignes de fabrication, en développant de nouvelles machines, de nouveaux process, de nouveaux systèmes de contrôle qualité.

Ce retard se paye cash aujourd’hui. Mais il n’est pas irrattrapable. L’Etat pourrait aider les constructeurs à remonter la pente, à se désintoxiquer de la production et des achats en pays low-cost. Mais, pour cela, il faudra, bien plus que des effets de manche et la Une des journaux. Il faudra des actes. Les Etats-Généraux de l’Industrie peuvent en être la première pierre.

tdejaegher

bulle Reactions
  1. lpp | 19 janvier 2010 à 14:36

    Cette analyse reflete surtout un manque de connaissance du sujet…
    Les usines sont certes pour certaine en dessous des normes
    actuelles de construction, mais les investissements sur les process
    sont là, les usines de mécanique sont souvent à la pointe des
    technologies de production… Quant aux méthodes de travail, elles
    ont fortement évolué ces dernières années, aussi bien au niveau de
    l’opérateur (même s’il reste du chemin à faire) qu’au niveau des
    méthodologies. Le contre-exemple le plus flagrant à vos arguments
    porte justement sur les outils qualité, où les contructeurs comme
    les sous-traitants ont fait un bon énorme en qualité sur les dix
    dernières années. arrêtons l’auto-flagélation constante en ce qui
    concerne notre outil industriel, et allez visiter les usines avant
    d’écrire un brouillon comme celui-ci.

  2. tdejaegher | 19 janvier 2010 à 18:06

    je vous remercie pour votre commentaire. C’est justement à partir
    de mon expérience de reporter, notamment dans l’automobile, que je
    compare nos usines françaises. Oui, nous avons fait des progrès,
    oui des investissements ont été réalisés mais trop peu pour
    rivaliser avec les sites allemands, slovaques, tchèques ou même
    indiens que j’ai eu l’occasion de visiter ces cinq dernières
    années. Le Lean manufactring a été apliqué en France avec presque
    30 ans de retard sur nos voisins. Nos usines progressent mais pas
    assez pour décrocher des productions face à des sites plus
    performants. Cela ne vous questionne pas ?

  3. Alphaleo | 19 janvier 2010 à 19:39

    Complètement d’accord avec votre analyse. En tant que consultant ds
    la branche auto, j’ai pu travailler sur 2 des usines françaises de
    PSA les “+ récentes”; j’ai trouvé que la gestion de la qualité et
    le lean manufacturing étaient à des années-lumière de ce que j’ai
    pu voir ds certains sites d’un équipementier comme Valeo et de ce
    que certains de mes collègues ont pu voir chez Toyota.

  4. UGG Boots | 15 février 2010 à 0:56

    This article was helpful in a paper I am writing for my thesis.
    Thanks Bernice Franklin UGG
    Boots
    UGG
    Purses
    Classic Tall
    Chestnut

  5. zoe | 20 mars 2010 à 10:23

    ras le bol de cette entreprise “française” et qui fabriquent 80% de
    sa production hors de france. ras le bol aussi de cette entreprise
    qui achètent à une boite de communication des prénoms, après
    Mégane, Clio, Logan, voici Zoé… c’est inadmissible et
    irrespectueux pour les individus que leur prenom soit assimilé à
    une voiture. Quand vous pensez Mégane, pensez vous à une personne??
    non…il en sera de même pour Zoé.allez voir la pétition sur mes
    opinions.com, plus de 5000 signatures contre cet engin électrique.

com_reagissez