Indispensable R&D : La Rédactrice en chef d\'Industrie & Technologies Muriel de Véricourt vous présente son regard sur la technologie d\'hier, d\'aujourd\'hui et de demain.

Indispensable R&D

Le 04/12/2012 | Edito |

Comment s’assurer que les efforts consentis au nom de la R&D sont payés de retour ? C’est cette question que nous avons choisi de mettre au cœur de la nouvelle formule d’Industrie & Technologies. Essentielle à la croissance, l’innovation est une nécessité consensuelle. Mais elle est aussi, par essence, onéreuse et incertaine. Pour vous accompagner dans l’identification des technologies les plus prometteuses, la rédaction aussi a innové. Avec une ambition : vous épauler dans votre effort de veille technologique, notre cœur de métier depuis plus de cinquante ans.

Pour assurer une veille efficace, nous vous adressons quotidiennement FIT, le Fil d’Intelligence Technologique. Antidote à la surabondance d’informations, il vous permet de repérer en un clin d’œil les innovations diffusantes, susceptibles de vous être directement utiles dans le cadre de votre activité.

Pour consulter et conserver un contenu de référence, nous continuerons à publier dans votre magazine des enquêtes fouillées, étayées par les meilleurs spécialistes. Nous vous y proposons par ailleurs un nouveau rendez-vous, le cahier technique, dans lequel nous invitons un expert reconnu à faire le point sur les enjeux et les bénéfices des innovations dans son secteur.

Pour découvrir en temps réel toute l’actualité technologique essentielle aux professionnels de l’industrie, nous lançons un site Internet et une newsletter hebdomadaire entièrement refondus. Véritable mine d’informations, l’espace abonné du site vous permet également de retrouver nos contenus de référence sur les tendances majeures en R&D.

Autant de contenus qui devraient contribuer à prouver que les projets d’innovation ne sont pas seulement coûteux, mais simplement indispensables.

nov 27

Gouvernance d’Internet ? Silence radio !

Edito | Mots clés:

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La libre circulation des informations dans le monde. Rien moins. C’est l’objet du règlement des télécommunications internationales, révisé pour la dernière fois en …1988 et qui sera réexaminé par 193 Etats à partir du 3 décembre à Dubaï dans le cadre d’une conférence qui se tiendra sous l’égide d’une agence onusienne, l’Union Internationale des Télécoms (UIT). Au vu de l’énormité de l’enjeu, on peut s’étonner que seule la presse spécialisée semble s’intéresser de près à cette échéance.

C’est à peine si les media généralistes ont relayé l’adoption, le 22 novembre dernier, d’une proposition de résolution du Parlement européen suggérant de dénier à l’UIT toute autorité sur la gouvernance de l’Internet. Ou encore la prise de position de Google en défaveur de toute modification du texte actuel.

Au-delà des arguments politiques –le moteur de recherche rejette l’idée d’une gouvernance par les Etats en rappelant que tous les pays ne sont pas favorables à un Internet libre- se profilent des enjeux économiques. Eux non plus ne sont pas minces. « Certaines propositions demanderaient à des services comme YouTube, Facebook ou Skype de payer pour atteindre les usagers, au-delà des frontières. Cela pourrait limiter l’accès à l’information, particulièrement dans les marchés émergents“, s’inquiète ainsi, non sans une nette conscience de ses intérêts bien compris, la firme de Mountain View. Une préoccupation que partage l’Internet society, une organisation de promotion de l’Internet, qui estime que les discussions qui se tiendront à Dubaï pourraient, entre autres effets délétères, avoir un impact sur la facturation du trafic Internet ou encore entraîner un ralentissement des innovations. D’autres acteurs expriment des positions antinomiques sur le développement d’un Internet à deux vitesses, dans lequel il faudrait payer pour un trafic prioritaire. Une différenciation du service considérée comme délétère par certains experts et bienvenue par d’autres. L’UIT résoudra-t-elle ces questions ? Son secrétaire général assure en tous cas sur le site de nos confrères de la revue Wired que la conférence ne marchera pas sur les plates-bandes de l’autre instance de régulation de l’Internet, l’Icann, chargée de la gestion des noms de domaines. Mais qu’elle aura pour but d’améliorer l’accès à Internet pour tous. Un enjeu colossal, qui rejoint la vague de fond de la numérisation de nos pratiques et de l’économie. Alors, on la fait circuler, cette information ?



nov 20

Les écrans peuvent aussi être bons pour les enfants !

Edito | Mots clés:



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Protéger les plus jeunes des technologies de l’information et de la communication : l’objet du rapport remis à François Hollande, en cette journée internationale du droit des enfants, par le Défenseur des droits Dominique Baudis et la Défenseure des enfants Marie Derain est symptomatique de la peur que peut inspirer l’innovation. Certes, tous les contenus disponibles en ligne ne sont pas adaptés aux petits et être trop tôt accroc aux écrans n’est certainement pas souhaitable. Mais s’il faut en effet se prémunir contre les risques, on ne saurait écarter trop vite les bénéfices. Or on peut trouver le document élaboré par Marie Derain et Dominique Baudis un peu léger à cet égard. Il évoque bien le potentiel éducatif des contenus numériques, « source inépuisable de connaissances » et « ouverture irremplaçable vers le monde », mais seulement après avoir évoqué l’impératif de protection des plus jeunes et de contrôle des contenus auxquels ils ont accès et après avoir présenté les intérêts des industriels et ceux des enfants comme forcément opposés. Il envisage bien l’importance de sensibiliser les enfants d’aujourd’hui à des outils dont ils auront sans aucun doute besoin demain, mais seulement pour mettre de côté cet argument, perçu comme déguisant presque systématiquement une intention marketing. Il s’interroge bien sur la pertinence de ne traiter la question de l’utilisation des TIC par les adolescents sous le seul prisme de la vie privée mais n’ouvre aucune autre perspective sur le sujet. Il soupçonne enfin les entreprises publicitaires de prendre les adolescents pour cible, afin de disposer de « profils » lucratifs aussi complet que possible et rappelle la méconnaissance des effets de l’usage précoce des appareils numériques sur le développement des plus petits. Autant d’inquiétudes justifiées, même si on peut regretter qu’elles ne soient pas assorties d’une analyse plus complète des bénéfices du numérique pour les enfants. Certaines des dix recommandations formulées sont en tous cas bienvenues, comme la formation des personnels enseignants aux TIC,  le développement d’une politique de R&D visant à mieux comprendre l’impact des pratiques numériques des enfants sur leur développement ou encore l’appel à la responsabilisation des industriels, via une incitation à développer des solutions de protection des enfants.



nov 13

Transferts

Edito |

Les amateurs de football le savent bien : faire venir les meilleurs éléments dans le cadre d’un transfert coûte cher, mais peut rapporter gros. Dans le domaine de la technologie, c’est à ce chantier salutaire que souhaite s’attaquer la Ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, Geneviève Fioraso. But : transformer les sommes investies dans la recherche publique en moteur de relance de la croissance par l’innovation. Une gageure, comme l’a rappelé Geneviève Fioraso en présentant un plan de quinze mesures sur le sujet en Conseil des Ministres.

De fait, l’excellence universitaire française ne se traduit pas toujours par des retombées industrielles comme en témoigne, pour ne prendre qu’un exemple, l’écart entre le nombre de publications dans de prestigieuses revues scientifiques à comité de lecture et le nombre de brevets industriels dans le domaine des nanotechnologies. Pour remédier à cette situation, Geneviève Fioraso propose notamment d’inclure le transfert dans l’évaluation des chercheurs, de rendre obligatoire le suivi d’un cours dédié à l’innovation et à l’entrepreneuriat dans toutes les formations de l’enseignement supérieur, ou encore de développer des laboratoires communs réunissant chercheurs académiques et personnels des PME, avec le soutien de l’ANR. Autant d’initiatives plus que bienvenues. Espérons, pour rester dans l’univers des jeux de ballons, que l’essai sera transformé.



nov 06

Pacte pour la compétitivité : et l’innovation ?

Edito | Mots clés:

C’est un fait regrettable, mais bien établi : l’innovation met tout le monde d’accord … sauf quand il s’agit d’arbitrer sur son pilotage. Conséquence : en matière de politique publique, l’injonction s’avère nettement plus fréquente que les décisions tranchées. Les arbitrages gouvernementaux pris dans la foulée de la remise du Rapport Gallois ont beau comprendre un encouragement aux dépôts de brevets, des prêts destinés à investir dans les technologies numériques, une stabilisation du Crédit Impôt Recherche, un volet sur le retour à une exonération fiscale des Jeunes Entreprises Innovantes et la tenue d’une “conférence de l’achat public innovant” d’ici mars 2013, l’innovation fait bien figure de volet annexe des mesures annoncées dans le but de restaurer la compétitivité des entreprises.

Le Rapport Gallois partait pourtant sur de bonnes bases : dès le constat de départ, il pointait du doigt le poids les « handicaps » que constituent la mauvaise articulation de la recherche et de l’innovation avec l’industrie, la faiblesse de nos dépenses en R&D et surtout l’insuffisante orientation des crédits vers une recherche débouchant sur des innovations. Au point que, malgré le peu d’occurrences des mots numérique et technologies dans ce document, relevée par nos confrères de zdnet, le Conseil national des ingénieurs et scientifiques de France s’est félicité de plusieurs des propositions de ce document.

Lors de la présentation de son pacte national pour la croissance, la compétitivité et l’emploi, le Premier Ministre a d’ailleurs parlé d’innovation … juste avant son lapsus sur la spéculation. Le fait que ce soit cette bévue, et non le rôle de l’innovation dans la montée en gamme des entreprises, qui ait été retenu par les commentateurs, est en soit révélateur !



oct 30

Valeurs sûres

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Et si l’innovation réussie était d’abord une question de valeurs ? Tous les concepteurs le savent, pour séduire une nouvelle clientèle, il faut d’abord identifier un besoin non satisfait. Ce qui passe parfois par un renversement des valeurs. La perte de position dominante du constructeur de disque dur Seagate a par exemple été interprétée comme un aveuglement qui a empêché le constructeur de disque dur de percevoir la montée en puissance des préoccupations liées à la compacité et à l’économie d’énergie au détriment de la capacité de stockage, qui prévalait jusqu’alors dans le choix. De la même manière, il arrive fréquemment désormais que les valeurs de durabilité, de simplicité d’usage ou de robustesse, bousculent des industries ayant tout misé sur la performance. Bonne nouvelle : la destruction créatrice n’est pas toujours à l’œuvre dans ce processus, les préoccupations anciennes continuant à exister aux côtés des nouvelles priorités. Plus fréquemment, c’est donc à une segmentation du marché –montres Hermès d’un côté, montres Swatch de l’autre, Logan et amélioration continue du dominant design des grosses berlines, smartphones high-tech et téléphones Bic – que l’on assiste. Résister à la crise passe par alors par l’agilité, qui permet de recentrer en permanence son offre pour être en adéquation avec les désirs variés et changeants du client final. Un délicat exercice d’équilibriste, qui peut obliger les sociétés les mieux établies à revoir leur mode de fonctionnement…et peut-être même leur échelle de valeur, la réactivité primant par exemple sur la méticulosité et l’écoute du marché sur la volonté d’anticipation.



oct 23

Les robots, des labos aux usines

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S’il y a bien un secteur sur lequel on ne s’attend pas à trouver la France en position de faire pièce aux pays d’Asie, c’est la robotique. Et pourtant, l’Hexagone travaille à combler son retard, non sans un certain succès. A partir d’après-demain, dix sociétés iront d’ailleurs porter haut les couleurs de l’innovation à la française lors du salon Robotworld, en Corée. De fait, l’idée d’Arnaud Montebourg, énoncée en ouverture des Assises de l’industrie organisées la semaine dernière par le magazine l’Usine Nouvelle, de s’appuyer sur la robotique pour soutenir la réindustrialisation est bien vue. Pour faire des progrès en matière de robotisation, les industriels français peuvent d’ailleurs s’appuyer sur le véritable savoir-faire des équipes académiques ou privées de l’Hexagone en matière d’innovation. La preuve : l’université de Tokyo avait même commandé en son temps des Nao, les petits robots d’Aldebaran Robotics, pour ses propres laboratoires. Emblématique, le petit humanoïde made in France est régulièrement à l’honneur, comme récemment lors des 24 heures de l’innovation, une rencontre autour de la créativité organisée par l’école d’ingénieurs ESTIA-Bidart.  Un symbole bienvenu, même s’il existe autant de sortes de robots que d’applications. Au-delà de cette diversité, toute action donnant de la visibilité aux technologies de la robotique est en effet de nature à leur faciliter l’entrée dans les usines où elles ne sont pas encore suffisamment mises en Å“uvre. Également sollicités dans le cadre de l’automatisation des transports, les robots pourraient ainsi avoir prochainement une existence (presque) comparable à celle des autres travailleurs : labo, métro, boulot.



oct 16

Trois reconversions à succès

Edito | Mots clés:

Le changement, c’est maintenant ou jamais…pour l’industrie. Plus les nuages s’amoncellent, plus les entrepreneurs sont conscients que l’immobilisme est moins que jamais une option. Comme la reine rouge de Lewis Carol, seuls peuvent espérer tenir leur place ceux qui ne cessent pas de bouger. En période de crise, l’innovation est rien moins qu’un risque superflu.

Pour survivre dans un contexte difficile, les industriels doivent accepter de changer fréquemment de métier, de perspective, ou de méthode de travail. Objectif : devenir des professionnels de la reconversion.

On pourrait multiplier à l’infini les exemples de virages réussis, alliant la capacité à s’appuyer sur un savoir-faire historique et l’absence d’œillères sur les domaines d’applicabilité de ce savoir-faire. Trois exemples piochés dans des secteurs très différents illustrent à merveille cette capacité à se réinventer sans se renier.

  1. Bolloré : Le groupe qui a donné son B à l’acronyme OCB a évolué de la fabrication de papier à cigarettes à celle de films ultrafins en polypropylène avant d’utiliser ces films dans des batteries électriques destinées à la mobilité urbaine.
  2. Bosch : La transformation de l’usine de fabrication de pompes à injection diesel de Vénissieux à la production photovoltaïque a permis de sauver 200 emplois.
  3. FagorBrandt : Au Mondial de l’automobile, le professionnel de l’électroménager a fait sensation avec ses voitures électriques, produites à Lyon dans une ancienne usine de fabrication de lave-linge.

Trois histoires parmi tant d’autres qui constituent autant de raisons de ne pas désespérer malgré la morosité ambiante.