Plus que jamais, l’industrie est dans le collimateur de Greenpeace. Le dernier à faire les frais de cette offensive est Facebook. Le célèbre réseau social, qui revendique 500 millions d’inscrits, se voit accusé de polluer la planète. L’organisation écologiste lui reproche d’alimenter son nouveau Datacenter, dans l’Oregon, avec de l’électricité issue à 67% de centrales au charbon. Facebook se défausse en rejetant la responsabilité sur son fournisseur d’électricité.
Ce n’est pas le seul acteur d’Internet à subir de telles critiques. Greenpeace est en croisade contre tous les détendeurs de Datacenters, accusés de gaspiller l’énergie et de pénaliser l’environnement. Avec la perspective de Cloud Computing qui met les services informatiques dans le réseau, l’organisation craint que ces gigantesques centres de données n’augmentent les émissions de CO2.
Les fabricants de produits à faible efficacité énergétique sont tout aussi surveillés par Greenpeace. C’est ainsi qu’Osram a eu droit à une occupation surprise de son usine de Molsheim, en Alsace. Les militants voulaient protester contre la production de lampes à incandescence et demandaient le passage à des lampes plus efficaces comme les lampes fluo-compactes ou les lampes à LED.
Aucun industriel n’est à l’abri de ce genre de coup d’éclat. Faut-il alors craindre les attaques de Greenpeace ? Certainement. Mais mieux vaut prévenir en jouant vraiment la carte de l’écoresponsabilité. Osram aurait pu éviter d’être pris au dépourvu en annonçant une feuille de route pour la reconversion de l’usine dans la production de lampes halogènes à économie d’énergie. Le spectre d’instabilité sociale l’a empêché de le faire. Il a eu tort.
Greenpeace a le mérite de mettre le doigt là où il fait mal. Les industriels feraient mieux de prendre en compte ses critiques pour se remettre en cause et s’améliorer. Il en va de leur image auprès du public, voire de leur compétitivité à long terme. Beaucoup d’entreprises affichent un discours environnemental en contradiction avec leurs actes dans la réalité. L’exemple d’Apple et de Nintendo est révélateur de ce décalage. Ces deux entreprises emblématiques de la high-tech figurent parmi les moins écoresponsables. C’est l’avis de Greenpeace qui publie tous les six mois un classement des entreprises de la high-tech par rapport à leur engagement écologique. Les critères retenus semblent sérieux puisqu’ils comprennent l’efficacité énergétique des produits, les substances chimiques dangereuses intégrées et la politique en matière de recyclage. Aujourd’hui adulées, ces entreprises pourront-elles cacher indéfiniment leur face noire ? Pas sûr.








