C’est confirmé. La tablette numérique iPAD, objet d’un battage médiatique sans précédent dans l’histoire des nouvelles technologies, arrive en France le 28 mai comme prévu. Les réservations sont ouvertes sur la boutique en ligne AppStore d’Apple. Au delà du succès annoncé (elle s’est déjà vendue à deux millions d’exemplaires, bien mieux que l’iPhone lors de son lancement), cet événement soulève une question : la technologie d’animation et de lecture vidéo Flash, qui domine aujourd’hui les pages Web, est-elle condamnée ? Cette technologie, développée par Macromedia et aujourd’hui dans la corbeille de la société Adobe, n’équipe pas en effet l’iPAD. Steve Jobs, le charismatique patron d’Apple, très critique vis à vis de la Flash, lui a préféré HTML 5, une extension du standard HTLM intégrant des fonctionnalités graphiques et vidéo.
Jusqu’ici, peu d’experts croyaient dans la maturité de HTML 5. Au mieux, ils prévoyaient son avènement dans le Web à l’horizon 2020. La technologie offre l’avantage d’être un standard. Mais son intégration nécessite un gros travail de développement informatique. Ce qui ne semble pas avoir rebuté les ingénieurs d’Apple.
La conséquence est immédiate. Tous les développeurs, jusqu’ici partisans inconditionnels de la Flash, sont en train de basculer sur HTML 5. Ils n’ont guère de choix s’ils veulent faire partie de l’éco-système d’Apple et mettre leurs applications à la portée de l’iPAD. Le mouvement, initié par la firme à la pomme, devrait s’amplifier avec le succès à venir de la tablette sur le marché.
De par sa puissance, Apple est en train d’imposer à l’ensemble de l’industrie ses choix technologiques, sans bataille de standard comme celles du magnétoscope, du DVD ou du disque vidéo à haute définition. C’est un fait rare dans l’histoire des technologies. De façon générale, Apple bouscule le Web. Steve Jobs considère que le Web actuel n’est pas adapté aux interfaces tactiles qui tendent à se généraliser sur les téléphones, les tablettes ou les microordinateurs. Il appelle de ses une révision de fond en comble de mode de création des pages Web. Sa solution ? Il ne la donne pas encore. Faut-il s’attendre au remplacement de l’Internet actuel par un Internet selon la seule vision d’Apple ? C’est à craindre.
Ridha Loukil
Rédacteur en chef







